La neige artificielle : puissance d’évocation

La neige : appel de l’imaginaire

La neige a toujours fait appel à notre mémoire profonde, à des temps plus sereins ou tempétueux mais hors du temps où l’élément prime. La virginité du support lorsqu’on la découvre le matin, immaculée, laisse une impression de manque par rapport au monde.

La neige artificielle est un support publicitaire, un décor pour les fêtes, un cadre pour un évènementiel qui vous apportera une touche esthétique et émotionnelle qu’aucun autre média (le feu d’artifice excepté peut-être, mais n’est il pas le feu ?) ne vous apportera. Toute la gamme des machines à neige pour flocage et enneigement, tomber de neige, tous les articles permettant de décorer des vitrines vous permettront de créer l’univers de l’hiver de toujours.

Je termine sur ce très bel extrait de Marcel Arland sur la neige, au début du XXeme siècle en haute Marne.

« On s’enfonçait dans l’hiver. Prendrait-il jamais fin ? C’était la neige, le ciel bas sur les toits, le vent qui grandissait à l’approche du soir; et c’était un village coupé du monde, n’importe, un monde à lui seul, où l’on marchait à pas prudents, où les voix sonnaient bizarrement, un monde où de nouveau il fallait apprendre à vivre.

Nous courions au saut du lit jusqu’à la fenêtre de la cuisine. La neige était encore là, un peu bleuie par le matin, si dense que dès l’angélus le triangle d’un traîneau devait ouvrir un pas­sage dans la rue. Nous partions quand sonnait la demie de sept heures, emmitouflés dans nos passe-montagnes, le capuchon de notre pèlerine rabattu sur le nez. On marche et l’on n’entend point le bruit des. pas on se sent marcher. On suit un long couloir; le nez brûle, les doigts se recroquevillent dans les mitaines. On cogne de la tête dans une jupe qui ne sent plus l’étable ni la sueur. »

Chemin blanc au couchant
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