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Métiers sous l’ancien Régime : épicier
L’épicier du moyen-Age à la Renaissance
« L’épicier proprement dit fut primitivement chez nous le marchand de gros, l’épicier grossier (les Anglais désignent encore leur épicerie sous le nom de grocery). Il recevait de première main les drogues et les épices, et les vendait soit au détaillant, soit directement au consommateur.Le détaillant n’appartenait pas au corps de l’épicerie son nom officiel était regrattier il débitait, non seulement de l’épicerie, mais du pain, du sel, du fromage, des œufs, du poisson de mer, de la volaille, du gibier. Il pouvait être établi en boutique, mais le plus souvent il était marchand ambulant et, depuis le matin jusqu’au couvre-feu, il allait par les rues joignant sa mélopée aux autres crieries de Paris. L’acheteur qui se respectait faisait ses emplettes chez l’épicier. Mais à petite bourse petit marchand le menu peuple accordait ses préférences à l’éventaire du regrattier; il le trouvait à sa portée et répondait à l’appel.
Le regrattier ne put forcer les cadres de l’épicerie aussi longtemps que les monopoles subsistèrent; mais, après la Révolution, le premier venu, pourvu qu’il payât patente, eut les mêmes droits que les anciens maîtres, put prendre le même titre qu’eux, et les intrus, les parvenus de l’épicerie, se multipliant dans toute la ville, en relations de chaque jour avec leurs voisins, sans cesse sous leurs yeux, il devinrent pour ainsi dire le type consacré de l’épicier aussi s ont-ils fait déchoir l’épicerie dans l’opinion il n’est pas de t mot auquel s’attache moins de prestige qu’au mot épicier, et beaucoup d’épiciers même ont la faiblesse de désavouer leur état, de s’appeler négociants en denrées coloniales, et d’ériger leur boutique en maison d’approvisionnement.
(…)Il faut ici voir l’épicerie sous ses différentes formes, et tenir à la fois compte du gros et du et petit négoce. L’épicier grossier, pour qui sans doute le commerce du gros n’excluait pas le détail, est le prédécesseur e direct des marchands qui continuent encore le même commerce dans le quartier adopté par l’épicerie dès le moyen âge. Fixée définitivement dans la rue des Lombards et aux environs, elle y a assez fidèlement gardé sa physionomie première. Le magasin n’a pas fait de concession au luxe la nécessité ne s’en imposait pas les caisses, les fûts, les ballots ne laissent d’ailleurs aucun mur libre pour le décorateur. Sans doute, le local a dû être élargi pour répondre à l’importance des affaires et à la multiplicité croissante des opérations l’étroite façade du moyen âge avec sa fenêtre unique, dont le bord recevait l’étalage et l’auvent sous lequel le marchand traitait avec l’acheteur, a dû disparaître mais la maison a gardé ses titres de noblesse commerciale représentés par des enseignes séculaires. Le Centaure, la Barbe d’Or, le Bras d’Or, le Soleil d’Or, l’Image de Notre-Dame rappellent l’époque où. les maisons ne portaient pas encore de numéros le Mortier d’Or date au moins du XVe siècle. Villon, dans son Petit Testament, lui réserve un legs. Dans ces parages, se sont de tout temps réalisées de grosses fortunes. En 1470, Louis XI ne trouve rien de mieux pour son hôte, Alphonse V, roi de Portugal, que de l’installer dans le logis de l’épicier Laurent Herbelot, rue des Prouvaires.
L’épicier fut, jusqu’au XVe siècle, épicier-apothicaire, et put cumuler sans réclamations ni inconvénients tant que la pharmacopée, tout empirique, se réduisit à une sorte de routine, l’apprentissage tenait lieu d’études théoriques. (…) Certains apprêts, certaines boissons mentionnées dans les menus gothiques relèvent-ils de la médecine ou de l’art culinaire? Il est telle recette formulée par le codex dont on ne saurait dire si elle est à l’intention du malade ou du gourmet. Platon récrimine contre trois arts, selon lui pernicieux et criminels au premier chef, et chacun, par malheur, est le faux frère d’un art bienfaisant et honnête. La sophistique corruptrice a un air de famille avec la saine philosophie; la parfumerie, à l’aide de ses artifices, fait concurrence à la beauté mâle, saine, sincère, fille de la gymnastique; la cuisine, avec ses raffinements meurtriers, est aussi malfaisante pour le corps que la médecine lui est secourable. Mais le moyen âge s’écoula avant qu’on établit un cordon sanitaire entre la gastronomie et la thérapeutique. Le laboratoire fut aussi cuisine la même main puisa à peu près dans les mêmes tiroirs et les mêmes bocaux poison et contrepoison. Voici les liqueurs présentées au moment des épices avec ses dragées et ses confitures, le praticien apportait son vin herbe, parfumé aux infusions de plantes. S y y avait ajouté les aromates d’Asie, la liqueur était dite piment, ou nectar les piments les plus renommés, le clairet et l’hypocras, en vogue même au XVIIe siècle, étaient parfumés à grand renfort d’épices. Comme les convives de jadis, tout gros mangeurs qu’ils fussent, faiblissaient à la fin des repas démesurés, il leur fallait attiser le feu nécessaire à la « concoction », en prenant certaines mixtures où entraient, par exemple, la sauge, le gingembre, la cardamone, la cannelle, le safran pulvérisés. D’autres conseillaient aux estomacs délabrés le fenouil combiné avec jus de citron, coriandre, conserve de roses, mastic, cannelle. Plus tard, l’eau-de-vie, d’abord vénérée comme une panacée universelle, passera de la fiole aux potions dans le flacon du gourmet; mais ce sera toujours sous le couvert de l’apothicaire.
Dès le XVe siècle, la chimie médicale avait fait assez de progrès pour que le divorce de la pharmacie et de l’épicerie s’imposât s’il ne fut définitivement prononcé qu’en 1777, lorsque le Collège de pharmacie s’ouvrit rue de l’Arbalète, il avait déjà été précédé d’une séparation légale. La difficulté était de régler les droits de chaque partie; mais, à partir du règne de Charles VIII, épiciers-droguistes et apothicaires sont bien distincts. La tendance de plus en plus prononcée est de réduire l’épicerie au commerce des moyen matières premières ou drogues simples, sans le droit de et aux procéder aux pesées médicales, au dosage ou à la confection des médicaments. A partir de 1777, les pharmaciens forment enfin un corps absolument séparé. Leur monopole s survécut à l’ancien régime, et il fut le seul; le nouveau code lui donna une nouvelle consécration.
Mais les épiciers, battus en brèche du côté de la pharmacie, n’avaient pas attendu la Révolution pour s’indemniser d’un autre côté ils transformèrent peu à peu leur négoce en spéculant, dès le XVIIe siècle, sur la commodité que trouve l’acheteur à faire ses emplettes dans un même magasin. Dès 1620, ils vendirent du fer ouvré et non ouvré, du charbon de terre, même. Cependant, pour chacun de leurs empiétements, ils durent se soumettre à des conditions protectrices des droits et des intérêts respectifs en 1731, ils sont autorisés à vendre ratafias, eaux de senteur, fruits à l’eau-de-vie mais ils les livrent par bouteilles pour ne pas faire tort aux limonadiers ; de même, ils doivent fournir le café non brûlé, le thé en feuilles et non en infusion, mais ils conquièrent le droit de faire boire de l’eau-de-vie et des liqueurs même à leur comptoir. En 1740,ils tiennent les légumes secs en gros et en détail, mais avec obligation d’en porter un tiers aux halles et interdiction de les tirer d’un rayon moindre de vingt lieues autour de Paris. Avec des restrictions analogues, ils continuèrent d’annexer les commerces les plus divers; tandis que les jambons et autres viandes de porc en provenance de Bordeaux, Bayonne, Mayence ou ailleurs ne devront pas sortir de leurs magasins autrement que par tonnes, le papier, au contraire, ne s’y écoulera qu’au cahier ou à la main, et non à la rame. La provision de vinaigre ne dépassera pas trente pintes et sera débitée pinte par pinte. Pour être libres de vendre les couleurs broyées et non plus brutes, plusieurs épiciers se firent recevoir peintres. La Révolution les affranchit de toutes ces gênes ils ne furent plus tenus de respecter que les droits du pharmacien et ceux de l’herboriste. Les règlements du 21 germinal an XI assurèrent définitivement au seul pharmacien la vente des médicaments préparés et des substances vénéneuses, au seul herboriste celle des herbes et substances médicinales inoffensives, et l’épicier n’obtint de tolérance que pour les farines de graine de lin et de moutarde, la gomme et les sirops où elle entre, ces substances étant à double fin et pouvant être réclamées pour l’usage domestique. Corporations des épiciers-apothicaires. Avant d’en venir à l’épicerie contemporaine, il est nécessaire de jeter un coup d’œil rétrospectif sur l’ancienne organisation de l’épicerie considérée comme corps de métier.
Les épiciers-apothicaires, parmi lesquels étaient compris également les droguistes, les confiseurs-confituriers, les ciriers-ciergiers, formaient la seconde des six grandes corporations marchandes, sorte d’aristocratie industrielle reconnue par la municipalité. Depuis 1484, ils avaient la garde des poids et mesures ils conservaient dans la maison de la rue des Lombards dite le Poids du Roi l’étalon royal qui, tous les six ans, se vérifiait à la Monnaie sur les matrices originales. Celles-ci étaient gardées sous quatre clefs; elles étaient en cuivre très fin, d’un travail estimé, et l’on aimait à croire qu’elles dataient de Charlemagne. Le bureau de l’épicerie était au cloître Sainte-Opportune. Voici, d’après l’armorial de 1696, la description des armes qu’elle avait été autorisée à prendre « D’azur à un dextrochère (main droite) d’argent mouvant d’une nuée de même, et tenant des balances d’or, à deux navires de gueules équipés d’azur semé de fleurs de lis d’or, posés l’un contre l’autre, flottant sur une mer de sinople et accompagnés de deux étoiles à cinq rais de gueules. » La devise Lances et posera servant (ils gardent les balances et les poids) surmontait l’écu. Le nombre des navires indiquait le rang parmi les métiers ainsi, les drapiers, le premier des cinq corps, n’en avaient qu’un. La communauté était régie par six jurés, moitié épiciers, moitié apothicaires, chargés de veiller à l’observation des statuts. Pour être admis à la maîtrise, il fallait avoir été trois ans apprenti, trois ans serviteur ou garçon; la corporation était une garantie d’aptitude, de probité, une association d’assistance mutuelle, une protection pour l’apprenti et le garçon qui devaient être paternellement surveillés, paternellement traités. Par malheur pour les épiciers, à dater du jour où l’apothicairerie trouva mal assortie l’union des deux métiers en un seul corps, ils cessèrent d’y être traités sur un pied d’égalité, et, à chaque conflit, subirent un échec dans les réunions communes, la prépondérance fut assurée à leurs rivaux ceux-ci refusaient la participation du juré épicier à l’examen du chef-d’œuvre que leurs candidats à la maîtrise élaboraient sous les yeux des experts; pareille épreuve n’existant pas pour les épiciers, on les trouvait disqualifiés pour siéger dans une commission d’examen. D’autre part, les gardes apothicaires furent investis du droit de visiter b droguerie chez leurs adversaires et ils exercèrent ce droit avec rigueur, n’hésitant pas à prononcer, contre toute infraction aux règlements, l’amende et la suspension de six mois Sous l’ancien régime, l’association commerciale se doublait presque toujours d’une association religieuse dite confrérie. La confrérie des épiciers-apothicaires avait son siège aux Augustins, où se tenait en outre l’assemblée générale de la corporation. Elle s’était donné pour patron un saint qui avait obtenu ses grandes lettres de naturalisation parisienne depuis qu’un aventurier normand avait, par un rapt pieux, enlevé ses reliques à une église d’Orient, sain Nicolas. L’épicerie, dont les plus précieuses denrées étaient de provenance orientale, comme les restes vénérés, ni pouvait mieux faire que de se placer sous la sauvegarde de saint Nicolas, déjà protecteur de la batellerie. L’orthodoxie du corps exigeait de tous ses affiliés, outre la qualité de Français ou naturalisé tel, une profession de foi catholique. Parmi eux, le calvinisme ne dut pas recruter de nombreux prosélytes. Un riche marchand de la rue Saint-Denis, Gastine, tint bien dans son logis une assemblé de huguenots, mais rien ne prouve qu’il fût épicier, et le quartier vit avec transports brûler l’hérétique et raser sa maison. Avec la majorité de la bourgeoisie, les épiciers épousent la cause de la Ligue mais ils ne tardent pas à se refroidir, et il en est plus d’un et qui prononce un « date pacem » en soupirant (Satir Ménippée).. »

photo credit: DubyDub2009
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Source : Grande Encyclopédie
Feu d’artifice et politique à Paris au XVIIIe siècle
LE XVIIIe SIÈCLE : LE FEU D’ARTIFICE DU 30 AOUT 1739
Le feu d’artifice tiré par la Ville de Paris, à l’occasion du mariage de Mme Louise-Elisabeth et de l’Infant d’Espagne, le 30 août 1739.
Ce feu est resté un des plus célèbres de l’histoire de la pyrotechnie. Il est un des mieux connus grâce à de nombreux témoignages, descriptions et gravures de factures très diverses. Ainsi, pouvons-nous, grâce à ces documents, en donner un récit circonstancié qui offre un exemple précis d’organisation d’un feu au XVIIIe siècle.
« Le champ de la fête se donnait du Pont Neuf au Pont Royal. Le terre-plein central du Pont Neuf était entièrement occupé par un bâtiment destiné au feu d’artifice : une sorte de temple à la grecque, formé par quatre rangs de colonnes d’ordre dorique, l’entablement supportait une balustrade ornée de vingt statues représentant des divinités. Toute l’architecture était peinte en marbre blanc. Le jour du feu, on suspendit des festons des lauriers dorés et des lustres. La décoration du Pont Neuf consistait en une série de pyramides unies par des consoles. Cette décoration était due à Jacques Gabriel, architecte du Roi, et le temple à Servandoni. Au milieu de la rivière, avait été construit sur deux bateaux, un salon octogone « aussi singulier que magnifique » : aux huit arcades pendaient de grosses lanternes de toile transparente et colorée. Au milieu du salon était une colonne isolée, sur laquelle s’élevait un grand drapeau blanc fleurdelisé. 180 musiciens pouvaient tenir dans ce salon conçu par Servandoni..
Huit monstres marins flottaient autour de cette pièce d’architecture. Tout autour du fleuve, étaient disposés des gradins où prirent place cinq cent mille, personnes environ, au dire des organisateurs.
Le roi était présent, dans une loge du pavillon central du Louvre, juste en face du salon de musique. La nuit venue, furent allumés des lustres de cristal, des girandoles, et une ceinture de terrines projetant vers l’estrade royale un flux de lumière. A six heures, le Roi parut dans un habit de brocart d’or et d’argent constellé d’innombrables diamants. Il portait, accroché à son chapeau, le fameux « Régent ». La soirée commença par un concert et des joutes nautiques. A la nuit, furent illuminés le temple, le salon de musique, les quais de la Seine, où l’on avait placé 140 lustres.
De dessous les arches du pont, sortirent 60 bateaux, illuminés de onze mille lanternes de verre, de «forme chinoise et bizarre ». Cette illumination flottante tirait un nouvel avantage du verre qui en augmentait le brillant ainsi que du reflet de l’eau qui doublait le nombre de lumières.
Le Roi donna lui-même le signal du feu d’artifice, suivi par une décharge des canons de la ville à laquelle répondit l’artillerie des Invalides. Le feu se déroula « avec une précision féerique ». En voici le programme :
1- 1300 fusées d’honneur tirées 8 par 8 dans toute l’étendue du Pont-Neuf ; puis 200 caisses de fusées tirées 4 par 4,
2- les chiffres d’artifice en feux blancs, lesquels durent plus d’un quart d’heure ; c’étaient ceux de l’Infant,
3- un combat de monstres marins qui crachaient du feu par la gueule, 4″ filet de gerbes tout le long du pont,
5- nappes de feu rouge dans les trois arcades situées sous le temple de l’hymen,
6- feu d’eau – toutes sortes d’artifices (gerbes, grenouilleries, dauphins, roues) jetés dans l’eau depuis huit bateaux,
7- le chiffre de pierreries, formé par des lettres de cristal taillé à facettes dans les entre-colonnes du temple,
8- le berceau d’étoiles sur deux petits ponts à fleur d’eau, chargés de 160 mortiers de carton lançant des milliers d’étoiles très brillantes, qui montaient aussi haut que le temple, en formant une voûte éblouissante,
9- le soleil dont le centre était placé à la hauteur de l’entablement du temple,
10- les cascades de feu (fontaines), au nombre de 32, allumées à la fois de chaque côté de la rivière ; depuis le Pont-Neuf jusqu’au Pont Royal. Leur sommet se terminait par de grosses gerbes qui paraissaient fournir le feu de trois nappes, lesquelles retombaient par degrés dans l’eau même, qui en répétait l’image,
11- la grande girandole et les deux petites : celle-ci de 5 000, celles-là de 300 fusées volantes chacune, tirées d’un seul coup sur le Pont-Neuf, à droite et à gauche du temple.
C’est par ce feu prodigieux dont le ciel parut tout à coup embrasé, tandis que l’air était ébranlé par une nouvelle décharge d’artillerie rapidement servie, que finit le feu d’artifice. L’éclat dissipé laissa voir plus tranquillement l’illumination qui dura tout la nuit ».
La lumière extraordinaire, « des illuminations qui persistent toute la nuit, éclairent les ténèbres, et semblent en chasser les cauchemars ».
Pourtant, nous voulons montrer que cette longue description tirée des comptes rendus officiels n’est pas exempte de mensonges volontaires, destinés à ne pas ternir le souvenir idéal de la fête.
Une description sommaire de la fête, annotée par son propriétaire, commente certains détails : «fusées d’honneur au nombre de 300 ». Il ajoute à la main : «je doute qu’il y en ait eu autant. En tout cas, cette espèce d’artifice a langui ». Au sujet de trois nappes de feu rouge qui dans cette description deviennent cinq : « la fumée m’en a dérobé une partie ».
Mais, plus signifiante encore est la fin de la description publiée cher Mercier en 1740. On y lit : «Le Roy et la Reine parurent contents de la singularité et de la noblesse de ce spectacle ». Pourtant, si l’on compulse les dossiers de la série K 006, aux Archives Nationales, on apprend que le feu fut tiré par les artificiers Dodemant Père et Fils et Testard ainsi qu’un artificier saxon (pas d’italiens comme cela est généralement annoncé), qu’à de nombreuses reprises, l’entente ne fut pas excellente (c’est-à-dire que les français s’attachèrent à faire échouer les tirs du saxon) et que « le Roi fut mécontent du manque de respect de ses gens …
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Source :
Patrick BRACCO – Melle LEBOVICI – Catalogue de l’exposition : Les feux d’artifice à Paris du XVIIe au Xxe siècle. Paris, 1981
Notre épisode : l’exposition Universelle de 1889 à Paris
Les résultats du Concours d’Organisation de l’Exposition universelle de 1889
Le concours prévu par la Commission d’études eut lieu au mois de mai 1886; il donna naissance à de nombreux et remarquables projets.
Le Jury chargé du jugement décerna les prix de la manière suivante (les concurrents étant classés ex-oequo pour chaque catégorie de récompenses par ordre alphabétique) :
Trois primes de 4000 fr. à MM. Dutert, Eiffel et Sauvestre, Formigé; trois primes de 2000 francs à MM. Cassien-Bernard et Nachon, de Perthes, Raulin; six primes de 1 000 francs à MM. Ballu, Fouquiau, Jochereau et Girault, Paulin, Pierron, Vaudoyer;
Six mentions honorables à MM. Blondel, Claris et Morel, Roux, Gaston Hénard, Simil, Walwein et Bertsch-Proust.
Les premiers prix du Concours
M. Dutert avait tenu avant tout à assurer la gaîté de l’ensemble. Près des deux tiers de la surface totale de son Exposition étaient occupés par des jardins où se dressaient ça et là des constructions légères. Un immense hall destiné aux machines, matières premières et objets fabriqués, s’étendait de l’avenue de Sufiren à l’avenue de La Bourdonnais, faisant face à l’Ecole militaire. Deux séries de galeries parallèles descendaient de ses extrémités vers la Seine et se terminaient par de grands pavillons réservés aux Beaux-Arts français et étrangers. Au centre de la partie du parc qui les séparait se dressait la Tour de 300 mètres.
Tout autre était l’impression produite par le projet de MM. Eiffel et Sauvestre. La Tour de 300 mètres devenait avec eux la porte gigantesque de l’Exposition et l’un de ses principaux objets de curiosité. C’était le triomphe de l’art de l’ingénieur : les bâtiments étaient construits presque uniquement en fer, affectant la forme d’un immense fer à cheval. Le rez-de-chaussée devait abriter les machines, et 1e premier étage les groupes divers. A l’intérieur, de gracieux parterres tempéraient la sévérité de cette ceinture métallique. Au fond, un très joli pavillon, dit de l’Electricité, venait également adoucir la rudesse de l’ensemble.
Chez M. Formigô, on sentait le désir de faire constater sa réputation de dessinateur hors pair. Aucun de ses concurrents n’offrait de façade aussi étudiée, réunissant au même degré des qualités d’élégance et de grandeur. Dans les détails, une certaine analogie avec les plans de M. Dutert : môme emplacement choisi pour la Tour, les Beaux-Arts; mêmes dispositions des lignes générales et des surfaces réservées aux plantations. A côté de ces ressemblances, des différences notables dans les divisions des surfaces consacrées aux exposants. La grande galerie parallèle à l’Ecole Militaire était uniquement réservée aux Machines. Les produits français étaient nettement séparés de ceux de l’étranger, en deux séries qui fermaient les sections diverses.
Le trait commun à ces trois projets était l’affectation d’un espace plus ou moins grand aux fleurs et à la verdure.
Les second prix du Concours
Les esquisses classées en seconde ligne n’avaient, au contraire, en vue que de conserver aux exposants le plus de terrain possible.
MM. Cassien-Bernard et Nachon donnaient à leur construction la forme rectangulaire. Dans ce projet, les galeries longeant les avenues de La Bourdonnais et de Suffren devaient renfermer les Machines; le dernier côté du quadrilatère appartenait à l’exposition du Travail. A l’intérieur et* au centre, le pavillon de la « Ville de Pains, précédé et suivi de salons fermés. Enfin, comme disposition particulièrement originale, mais peu pratique, les auteurs du projet plaçaient la Tour de 300 mètres à cheval sur la Seine, en face le Palais de l’Industrie, ce palais faisant partie intégrante de l’Exposition.
M. de Perthes avait des souvenirs du plan adopté en 1878 : son projet était complet et distribuait d’une façon pratique la superficie concédée. Les Machines occupaient le même emplacement que chez MM. Cassien-Bernard et Nachon; les groupes divers venaient ensuite et s’étendaient à droite et à gauche des Beaux- Arts. La Tour se profilait à l’extrémité de l’Exposition.
M. Raulin présentait un ensemble qui se rapprochait sur certains points de celui de MM. Eiffel et Sauvestre. Le Palais du Champ de Mars, chez lui aussi, avait la forme d’un fer à chevalla Tour de 300 mètres occupait également la place d’honneur. Ce qui en faisait l’originalité, c’étaient les proportions gigantesques de la conception. La façade côté du quai comprenait deux lignes de cintres très décorés, dominant des portiques à niveau du sol qui se détachaient des flancs de la Tour; les Beaux-Arts et les Arts décoratifs étaient installés à droite et à gauche de l’entrée. Les différents produits se rangeaient par nature dans l’ordre suivant, pour former autant d’expositions circulaires et concentriques : Produits alimentaires, Matières premières, Vêtement, Mobilier; les Machines prenaient place au centre, dans l’axe delà Tour. Ce projet avait en outre utilisé d’une manière très remarquable la berge de la Seine pour la construction d’une série de pavillons destinés aux colonies, dont l’aspect vu des quais devait être très pittoresque.
Les troisième prix du Concours
Les projets classés en troisième ligne se rapprochaient de ceux qui précèdent, soit par la forme générale, soit par des détails, et réduisaient le travail de la Commission des travaux â l’étude de ceux qui ont été décrits plus haut, et parmi lesquels la Commission avait dès lors chance de trouver le plan définitif.
Présentation iconographique des diférents projets
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Source :
Titre : Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,… avec le concours de M. Georges Berger,… Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,… accompagnée d’un atlas de 219 planches. Tome 1
Auteur : Berger, Georges (1834-1910)
Auteur : Alphand, Adolphe (1817-1891)
Éditeur : J. Rothschild (Paris)
Date d’édition : 1892-1895
Contributeur : Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique
Sujet : Paris, Exposition, 1889
Type : monographie imprimée
Langue : Français
L’exposition universelle de Paris 1889
Première partie : le choix du lieu de l’exposition universelle de Paris 1889
Six ans se seront bientôt écoulés depuis que l’Exposition universelle internationale de 1889 a fermé ses portes. Cependant les mémorables assises du Centenaire de la Révolution française semblent dater d’hier. Le souvenir en est resté aussi vivace, L’admiration aussi ardente.

Projet exposition universelle de 1889 à Paris
C’est qu’il eut été impossible de rêver un cadre plus merveilleux, une organisation plus habile, un succès plus éclatant.
Parmi les hommes éminents, parmi les patriotes qui ont ainsi ajouté une page glorieuse à l’histoire du pays, l’illustre Alphand se détache au premier plan.
Directeur des travaux de Paris, il avait consacré tout son génie à l’embellissement et à l’assainissement de la capitale, devenue sous sa main puissante la plus jolie ville du monde. Sa réputation d’ingénieur et d’administrateur était indiscutée par delà les frontières comme en France.
La Direction générale des travaux de l’Exposition, en donnant une consécration définitive à ses talents, l’a fait entrer dans l’immortalité.

Autre projet pour l'exposition universelle de 1889
Dès 1889, Alphand avait commencé une monographie de son oeuvre du Centenaire. Mais la maladie vint le surprendre et le terrasser à l’heure même où il pouvait compter sur quelques loisirs pour achever cette monographie.
M. Jules Roche, alors Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Colonies, désireux de rendre un suprême hommage au grand citoyen disparu, décida la continuation de l’ouvrage entrepris par ses soins et demanda au Rapporteur général de l’Exposition d’assumer cette tâche. Il y avait là un
devoir pieux à remplir; toute hésitation de ma part eût été impardonnable. Mon rôle, fort modeste, a été de recueillir les notes et les dessins préparés par les collaborateurs d’Alphand et réunis par son adjoint dévoué, M. Délions, puis de les compléter et d’en assurer la publication. J’y ai pourvu avec le concours intelligent et assidu de 31. Eugène Hénard, architecte diplômé par le Gouvernement.
Bien que les travaux proprement dits constituent le fond même de ce livre et de l’album auquel il sert de commentaire, une place a été néanmoins réservée aux installations, qui relevaient de M. Georges Berger, Directeur général de l’exploitation, et notamment aux installations mécaniques.
Sauf de légères retouches et une mise au point, le texte n’est autre que celui des rapports fournis par les ingénieurs et architectes.
Malgré les soins de M. Hénard et les miens, la publication n’est sans doute pas ce que l’eût faite l’auteur des magnifiques palais du Champ de Mars. Elle donnera, du moins, des renseignements utiles pour l’avenir ; elle sera aussi un monument élevé à la mémoire de celui qui a jeté tant de
lustre sur la patrie française.

Autre projet pour l'exposition universelle de Paris 1889
PÉRIODE D’ORGANISATION
CHAPITRE PREMIER
PRÉLIMINAIRES DE L’EXPOSITION
L — Considérations générales
L appartenait au Gouvernement de la République Française de célébrer d’une façon grandiose le Centenaire de 1789, et de proportionner l’éclat des fêtes à la gloire des souvenirs qu’elles devaient évoquer.
L’organisation d’une Exposition universelle se présentait en première ligne comme la solennité la plus capable de s imposer à l’attention de tous et de servir d’appui aux autres fêtes ayant un caractère politique. C’était le moyen le plus efficace d appeler toutes les nations du monde à se réunir dans un esprit de concorde, de tolérance mutuelle et de sympathie réciproque; Par les soins de ce dernier, les points les plus importants du programme avaient été déterminés et n’attendaient plus que
l’approbation des pouvoirs publics.
Ce programme comportait essentiellement :
1° Le choix d’un emplacement;
2.° L’étude des dispositions à adopter et la rédaction d’un avant-projet devant servir de base au concours à ouvrir ultérieurement pour les constructions;
3° L’examen de l’opportunité de la constitution d’un capital de garantie et de l’importance qu’il convenait de réserver, dans cette entreprise, à l’action gouvernementale et à l’action privée.
Ce sont ces points que nous allons maintenant examiner.
II — Choix d’un emplacement. —
La Commission d’études s’était à cet égard trouvée en présence d’une série de propositions
complexes.
La liste dressée par le ministère du Commerce comprenait douze emplacements principaux offrant chacun des avantages différents : 1° Courbevoie; 2° Vincennes; 3° Saint-Ouen; 4° Levallois-
Perret; 5° Aubervilliers ; 6° Bagatelle; 7° Pré-Catelan; 8° La Muette; 9° Champ de Mars et Grenelle; 10° Palais de l’Industrie et Champ de Mars; 11° Jardin des Tuileries; 12° Issy.
Mais le choix put être immédiatement circonscrit par suite de La question préalable qui fut posée au début des délibérations de la Commission : L’Exposition de 1889 devra-t-elle être placée clans
l’enceinte ou hors de Paris?
Au point de vue de la population parisienne, il n’y avait pas d’hésitation possible.
Organiser une exposition hors Paris, disait Viollet-le-Duc en 1878, c’est rendre la visite de ce qu’elle renferme longue et onéreuse, c’est priver une partie de la population des visites fréquentes qu’elle pourrait y faire. Nous ne devons pas oublier, ajoutait l’éminent rapporteur delà Commission de 1878, que si les Expositions universelles attirent un grand nombre d’oisifs, de curieux, d’étrangers riches et qui peuvent disposer de leur temps, elles sont chez nous très populaires, deviennent un précieux sujet d’études; que nos artisans, nos ouvriers doivent pouvoir les visiter longuement et fréquemment, sans perdre un temps utile en longues courses, et sans être obligés de dépenser beaucoup.
PRÉLIMINAIRES DE L’EXPOSITION.
A Paris, une Exposition produit à ce point de vue un changement sensible clans l’existence des travailleurs. Le mal eût été infiniment plus grave dans une population d’importance relative-
ment faible.
Ces raisons déterminèrent la Commission. Malgré le caractère séduisant de certains projets, et notamment de celui de Courbevoie, qui terminait la belle perspective de l’avenue de la Grande-Armée par un monument dédié à la Paix, il fut décidé que, comme en 1878 l’Exposition aurait lieu dans l’intérieur de Paris.
Cette première résolution en amenait presque nécessairement une seconde, la désignation du Champ de Mars, avec des annexes plus ou moins considérables. En effet, le jardin des Tuileries manquait d’étendue; quant à l’emplacement de Grenelle, il supposait l’expropriation de toute la zone comprise entre le quai de Grenelle, le boulevard de Grenelle et l’avenue de La Motte-Piquét.
Restait donc le Champ de Mars, c’est-à-dire : 1° Sur la rive gauche, le Champ de Mars proprement dit, le quai d’Orsay et les bas ports entre l’avenue de La Bourdonnais et le ministère des Affaires étrangères, y compris l’esplanade des Invalides; 2° Sur la rive droite, le Trocadéro relié par le pont d’Iéna, les Champs-Elysées depuis l’avenue d’An tin jusqu’à l’avenue qui limite le Palais de l’Industrie du côté de la place de la Concorde, y compris le Palais de l’Industrie. Ces dernières surfaces devaient se rattacher à la rive gauche par un pont doublant celui des Invalides.
Dans la pensée de la Commission, et ainsi que l’avait demandé le Conseil municipal, les concours et expériences agricoles exigeant un grand développement devaient avoir lieu à Yincennes.
La surface utilisable, pour la partie seule désignée à l’intérieur de Paris, était beaucoup plus
importante que celle qui avait été affectée aux Expositions de 1867 et de 1878. L’Exposition de 1889 occupait donc une surface supérieure de 270737 mètres, soit de 39 % à celle de 1867, et de 213037 mètres, soit de 28%, à celle de 1878.
IV. — Conditions auxquelles le Champ de Mars a été mis à la disposition de l’Exposition.
Les décisions de la Commission consultative devaient, en ce qui concernait le choix d’un emplacement, être ratifiées par le ministre du Commerce, et recevoir plus tard une exécution presque complète.
L autorité militaire avait consenti à l’occupation du Champ de Mars, mais à la condition qu’un champ de manoeuvres pour la cavalerie lui serait attribué. Elle songea tout naturellement à demander le champ d’entraînement de Bagatelle, qui lui avait déjà été prêté en 1878. Un accord intervint à ce sujet avec la Yille de Paris, et l’emplacement fut accordé sous les réserves suivantes :
1° Pendant toute la durée de l’occupation, l’État paierait à la Yille de Paris, pour les dégradations résultant du passage des troupes sur les routes du Bois de Boulogne, une indemnité de 8 000 francs par semestre (l’Exposition paya de ce chef 48 000 francs à la Yille de Paris).
2° Lorsque l’occupation aurait pris fin, les frais de remise en état du champ d’entraînement seraient supportés par l’Etat.
A ces conditions, imposées par la Ville de Paris, vint s’en ajouter une autre réclamée par le ministère de la Guerre au ministère du Commerce, à savoir que les installations provisoires nécessaires pour compléter l’organisation du champ de manoeuvres seraient exécutées aux frais de l’Exposition.

Projet et tour pour l'exposition universelle de Paris 1889
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Source :
Titre : Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,… avec le concours de M. Georges Berger,… Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,… accompagnée d’un atlas de 219 planches. Tome 1
Auteur : Berger, Georges (1834-1910)
Auteur : Alphand, Adolphe (1817-1891)
Éditeur : J. Rothschild (Paris)
Date d’édition : 1892-1895
Contributeur : Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique
Sujet : Paris, Exposition, 1889
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 2 tomes en 1 vol. gr. in-8°
Exposition universelle de Paris, 1878
Présentation de l’Exposition universelle de Paris (1878) en chanson
L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
Par BALLANDE-FOUGEDOIRE.
Thiers, mars 1877
AIR : Toute l’Europe est sous les armes.
La France vient d’être éprouvée
Vendue par ses meilleurs amis,
Son industrie est approuvée
Même par ses plus ennemis.
Malgré ces terribles épreuves
Rien n’appauvrit sa position.
Nous allons en donner des preuves
Dans notre grande exposition, (bis).
REFRAIN
Paris la grande capitale.
Riche berceau de l’industrie,
Tu fais l’espoir de la Patrie,
Ecoute-moi bien, je l’en prie,
Paris, la cité sans rivale
Le monde en convient aujourd’hui, oui.
Nous allons voir l’année prochaine,
Ces couplets sont faits à propos,
Transformer les bords de la Seine,
En des immenses entrepôts ;
C’est une Exposition nouvelle
Le paysan, l’artiste, l’ouvrier,
Dans cette occasion solennelle.
Chacun veut passer le premier (bis)
Paris, etc..
Toutes les grandes industries
Préparent leurs échantillons,
La France avec ses colonies
Vient de voter deux cents millions ;
On ne parle plus politique.
Dans tous les meilleurs ateliers
Chaque directeur de fabrique
À l’oeil ouvert sur ses ouvriers, (bis)
Paris, etc..
De toutes les parties du monde
Tous les peuples les plus actifs,
Depuis Arcangel à Golconde,
Chacun fait ses préparatifs,
Pour visiter la Capitale.
Partout ça n’est qu’un parti pris,
L’un fait son sac, l’autre sa malle
Et prend le chemin de Paris, (bis)
Paris, etc..
Rien loin de se faire la guerre,
Chacun donne preuve d’esprit,
Tous les fabricants de la terre
Tournent leurs regards sur Paris.
Chacun en comprend l’importance,
Tout le monde sans exception
Se prépare à venir en France,
Prendre part â l’exposition. (bis).
Paris, etc..
Nous savons que l’industrie gagne
Dans toutes les expositions ;
Nous ignorons si l’Allemagne
Partagera nos intentions,
Qu’ils viennent donc avec confiance,
Du reste ils s’en sont aperçut,
Ils savent que chez nous, en France,
Les étrangers sont bien reçus, (bis).
Paris, etc..
Tous leurs produits comme les autres,
Seront sous notre protection.
Ils seront à cota des nôtres,
Nous leurs porterons attention ;
Nous n’aurons pas la platitude
De mettre leurs biens en danger,
Nous aurons comme d’habitude
Tout égard pour les étrangers, (bis):
Paris, etc.
Les peuples n’ont plus besoins d’armes,
Les hommes n’ont qu’un seul parti.
Vous avez fait verser des larmes,
Tyrans, vôtre règne est fini
On vous le dit, sauvez vous vite,
Vous êtes de mauvaise foi ;
Nous voulons respecter ensuite,
Ceux qui représentent la loi. (bis)
Paris, etc…
Ne fabriquons plus de mitraille,
Travaillons tous pour l’industrie
Mais ne livrons plus de bataille,
Supprimons cette barbarie,
N’ayons plus l’esprit de conquêtes,
Ça donne des mauvais renoms,
Ne forgeons plus de baïonnettes
Et ne fondons plus de canons, (bis).
Paris, etc.
Sauvez-vous, rendez-vous bien compte,
Je vous le répète aujourd’hui,
Vous mangez, vous n’avez pas honte,
Vous n’avez jamais rien produit.
Vous le savez, j’aime la France,
Je ne pense pas comme vous ;
Si la vérité vous offense,
Allez vivre à cent lieues de nous, (bis)
Paris, etc.
Suivons les lois de la nature,
Dieu nous créa pour être heureux,
Travaillons pour l’agriculture,
Nous ne serons pas malheureux ,
Travaillons pour les Républiques
Tout le monde nous aimera.
Faisons du drap des mécaniques
Et le bon Dieu nous bénira (bis).
Paris, etc.

photo credit: phonogalerie.com
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Source :
Titre : L’Exposition universelle de 1878, par Ballande-Fougedoire
Auteur : Ballande-Fougedoire, Pierre
Éditeur : impr. de Grandsaigne (Thiers)
Date d’édition : 1877
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-fol. plano
BNF









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