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Feu d’artifice et politique à Paris au XVIIIe siècle
LE XVIIIe SIÈCLE : LE FEU D’ARTIFICE DU 30 AOUT 1739
Le feu d’artifice tiré par la Ville de Paris, à l’occasion du mariage de Mme Louise-Elisabeth et de l’Infant d’Espagne, le 30 août 1739.
Ce feu est resté un des plus célèbres de l’histoire de la pyrotechnie. Il est un des mieux connus grâce à de nombreux témoignages, descriptions et gravures de factures très diverses. Ainsi, pouvons-nous, grâce à ces documents, en donner un récit circonstancié qui offre un exemple précis d’organisation d’un feu au XVIIIe siècle.
« Le champ de la fête se donnait du Pont Neuf au Pont Royal. Le terre-plein central du Pont Neuf était entièrement occupé par un bâtiment destiné au feu d’artifice : une sorte de temple à la grecque, formé par quatre rangs de colonnes d’ordre dorique, l’entablement supportait une balustrade ornée de vingt statues représentant des divinités. Toute l’architecture était peinte en marbre blanc. Le jour du feu, on suspendit des festons des lauriers dorés et des lustres. La décoration du Pont Neuf consistait en une série de pyramides unies par des consoles. Cette décoration était due à Jacques Gabriel, architecte du Roi, et le temple à Servandoni. Au milieu de la rivière, avait été construit sur deux bateaux, un salon octogone « aussi singulier que magnifique » : aux huit arcades pendaient de grosses lanternes de toile transparente et colorée. Au milieu du salon était une colonne isolée, sur laquelle s’élevait un grand drapeau blanc fleurdelisé. 180 musiciens pouvaient tenir dans ce salon conçu par Servandoni..
Huit monstres marins flottaient autour de cette pièce d’architecture. Tout autour du fleuve, étaient disposés des gradins où prirent place cinq cent mille, personnes environ, au dire des organisateurs.
Le roi était présent, dans une loge du pavillon central du Louvre, juste en face du salon de musique. La nuit venue, furent allumés des lustres de cristal, des girandoles, et une ceinture de terrines projetant vers l’estrade royale un flux de lumière. A six heures, le Roi parut dans un habit de brocart d’or et d’argent constellé d’innombrables diamants. Il portait, accroché à son chapeau, le fameux « Régent ». La soirée commença par un concert et des joutes nautiques. A la nuit, furent illuminés le temple, le salon de musique, les quais de la Seine, où l’on avait placé 140 lustres.
De dessous les arches du pont, sortirent 60 bateaux, illuminés de onze mille lanternes de verre, de «forme chinoise et bizarre ». Cette illumination flottante tirait un nouvel avantage du verre qui en augmentait le brillant ainsi que du reflet de l’eau qui doublait le nombre de lumières.
Le Roi donna lui-même le signal du feu d’artifice, suivi par une décharge des canons de la ville à laquelle répondit l’artillerie des Invalides. Le feu se déroula « avec une précision féerique ». En voici le programme :
1- 1300 fusées d’honneur tirées 8 par 8 dans toute l’étendue du Pont-Neuf ; puis 200 caisses de fusées tirées 4 par 4,
2- les chiffres d’artifice en feux blancs, lesquels durent plus d’un quart d’heure ; c’étaient ceux de l’Infant,
3- un combat de monstres marins qui crachaient du feu par la gueule, 4″ filet de gerbes tout le long du pont,
5- nappes de feu rouge dans les trois arcades situées sous le temple de l’hymen,
6- feu d’eau – toutes sortes d’artifices (gerbes, grenouilleries, dauphins, roues) jetés dans l’eau depuis huit bateaux,
7- le chiffre de pierreries, formé par des lettres de cristal taillé à facettes dans les entre-colonnes du temple,
8- le berceau d’étoiles sur deux petits ponts à fleur d’eau, chargés de 160 mortiers de carton lançant des milliers d’étoiles très brillantes, qui montaient aussi haut que le temple, en formant une voûte éblouissante,
9- le soleil dont le centre était placé à la hauteur de l’entablement du temple,
10- les cascades de feu (fontaines), au nombre de 32, allumées à la fois de chaque côté de la rivière ; depuis le Pont-Neuf jusqu’au Pont Royal. Leur sommet se terminait par de grosses gerbes qui paraissaient fournir le feu de trois nappes, lesquelles retombaient par degrés dans l’eau même, qui en répétait l’image,
11- la grande girandole et les deux petites : celle-ci de 5 000, celles-là de 300 fusées volantes chacune, tirées d’un seul coup sur le Pont-Neuf, à droite et à gauche du temple.
C’est par ce feu prodigieux dont le ciel parut tout à coup embrasé, tandis que l’air était ébranlé par une nouvelle décharge d’artillerie rapidement servie, que finit le feu d’artifice. L’éclat dissipé laissa voir plus tranquillement l’illumination qui dura tout la nuit ».
La lumière extraordinaire, « des illuminations qui persistent toute la nuit, éclairent les ténèbres, et semblent en chasser les cauchemars ».
Pourtant, nous voulons montrer que cette longue description tirée des comptes rendus officiels n’est pas exempte de mensonges volontaires, destinés à ne pas ternir le souvenir idéal de la fête.
Une description sommaire de la fête, annotée par son propriétaire, commente certains détails : «fusées d’honneur au nombre de 300 ». Il ajoute à la main : «je doute qu’il y en ait eu autant. En tout cas, cette espèce d’artifice a langui ». Au sujet de trois nappes de feu rouge qui dans cette description deviennent cinq : « la fumée m’en a dérobé une partie ».
Mais, plus signifiante encore est la fin de la description publiée cher Mercier en 1740. On y lit : «Le Roy et la Reine parurent contents de la singularité et de la noblesse de ce spectacle ». Pourtant, si l’on compulse les dossiers de la série K 006, aux Archives Nationales, on apprend que le feu fut tiré par les artificiers Dodemant Père et Fils et Testard ainsi qu’un artificier saxon (pas d’italiens comme cela est généralement annoncé), qu’à de nombreuses reprises, l’entente ne fut pas excellente (c’est-à-dire que les français s’attachèrent à faire échouer les tirs du saxon) et que « le Roi fut mécontent du manque de respect de ses gens …
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Source :
Patrick BRACCO – Melle LEBOVICI – Catalogue de l’exposition : Les feux d’artifice à Paris du XVIIe au Xxe siècle. Paris, 1981
Notre épisode : l’exposition Universelle de 1889 à Paris
Les résultats du Concours d’Organisation de l’Exposition universelle de 1889
Le concours prévu par la Commission d’études eut lieu au mois de mai 1886; il donna naissance à de nombreux et remarquables projets.
Le Jury chargé du jugement décerna les prix de la manière suivante (les concurrents étant classés ex-oequo pour chaque catégorie de récompenses par ordre alphabétique) :
Trois primes de 4000 fr. à MM. Dutert, Eiffel et Sauvestre, Formigé; trois primes de 2000 francs à MM. Cassien-Bernard et Nachon, de Perthes, Raulin; six primes de 1 000 francs à MM. Ballu, Fouquiau, Jochereau et Girault, Paulin, Pierron, Vaudoyer;
Six mentions honorables à MM. Blondel, Claris et Morel, Roux, Gaston Hénard, Simil, Walwein et Bertsch-Proust.
Les premiers prix du Concours
M. Dutert avait tenu avant tout à assurer la gaîté de l’ensemble. Près des deux tiers de la surface totale de son Exposition étaient occupés par des jardins où se dressaient ça et là des constructions légères. Un immense hall destiné aux machines, matières premières et objets fabriqués, s’étendait de l’avenue de Sufiren à l’avenue de La Bourdonnais, faisant face à l’Ecole militaire. Deux séries de galeries parallèles descendaient de ses extrémités vers la Seine et se terminaient par de grands pavillons réservés aux Beaux-Arts français et étrangers. Au centre de la partie du parc qui les séparait se dressait la Tour de 300 mètres.
Tout autre était l’impression produite par le projet de MM. Eiffel et Sauvestre. La Tour de 300 mètres devenait avec eux la porte gigantesque de l’Exposition et l’un de ses principaux objets de curiosité. C’était le triomphe de l’art de l’ingénieur : les bâtiments étaient construits presque uniquement en fer, affectant la forme d’un immense fer à cheval. Le rez-de-chaussée devait abriter les machines, et 1e premier étage les groupes divers. A l’intérieur, de gracieux parterres tempéraient la sévérité de cette ceinture métallique. Au fond, un très joli pavillon, dit de l’Electricité, venait également adoucir la rudesse de l’ensemble.
Chez M. Formigô, on sentait le désir de faire constater sa réputation de dessinateur hors pair. Aucun de ses concurrents n’offrait de façade aussi étudiée, réunissant au même degré des qualités d’élégance et de grandeur. Dans les détails, une certaine analogie avec les plans de M. Dutert : môme emplacement choisi pour la Tour, les Beaux-Arts; mêmes dispositions des lignes générales et des surfaces réservées aux plantations. A côté de ces ressemblances, des différences notables dans les divisions des surfaces consacrées aux exposants. La grande galerie parallèle à l’Ecole Militaire était uniquement réservée aux Machines. Les produits français étaient nettement séparés de ceux de l’étranger, en deux séries qui fermaient les sections diverses.
Le trait commun à ces trois projets était l’affectation d’un espace plus ou moins grand aux fleurs et à la verdure.
Les second prix du Concours
Les esquisses classées en seconde ligne n’avaient, au contraire, en vue que de conserver aux exposants le plus de terrain possible.
MM. Cassien-Bernard et Nachon donnaient à leur construction la forme rectangulaire. Dans ce projet, les galeries longeant les avenues de La Bourdonnais et de Suffren devaient renfermer les Machines; le dernier côté du quadrilatère appartenait à l’exposition du Travail. A l’intérieur et* au centre, le pavillon de la « Ville de Pains, précédé et suivi de salons fermés. Enfin, comme disposition particulièrement originale, mais peu pratique, les auteurs du projet plaçaient la Tour de 300 mètres à cheval sur la Seine, en face le Palais de l’Industrie, ce palais faisant partie intégrante de l’Exposition.
M. de Perthes avait des souvenirs du plan adopté en 1878 : son projet était complet et distribuait d’une façon pratique la superficie concédée. Les Machines occupaient le même emplacement que chez MM. Cassien-Bernard et Nachon; les groupes divers venaient ensuite et s’étendaient à droite et à gauche des Beaux- Arts. La Tour se profilait à l’extrémité de l’Exposition.
M. Raulin présentait un ensemble qui se rapprochait sur certains points de celui de MM. Eiffel et Sauvestre. Le Palais du Champ de Mars, chez lui aussi, avait la forme d’un fer à chevalla Tour de 300 mètres occupait également la place d’honneur. Ce qui en faisait l’originalité, c’étaient les proportions gigantesques de la conception. La façade côté du quai comprenait deux lignes de cintres très décorés, dominant des portiques à niveau du sol qui se détachaient des flancs de la Tour; les Beaux-Arts et les Arts décoratifs étaient installés à droite et à gauche de l’entrée. Les différents produits se rangeaient par nature dans l’ordre suivant, pour former autant d’expositions circulaires et concentriques : Produits alimentaires, Matières premières, Vêtement, Mobilier; les Machines prenaient place au centre, dans l’axe delà Tour. Ce projet avait en outre utilisé d’une manière très remarquable la berge de la Seine pour la construction d’une série de pavillons destinés aux colonies, dont l’aspect vu des quais devait être très pittoresque.
Les troisième prix du Concours
Les projets classés en troisième ligne se rapprochaient de ceux qui précèdent, soit par la forme générale, soit par des détails, et réduisaient le travail de la Commission des travaux â l’étude de ceux qui ont été décrits plus haut, et parmi lesquels la Commission avait dès lors chance de trouver le plan définitif.
Présentation iconographique des diférents projets
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Source :
Titre : Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,… avec le concours de M. Georges Berger,… Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,… accompagnée d’un atlas de 219 planches. Tome 1
Auteur : Berger, Georges (1834-1910)
Auteur : Alphand, Adolphe (1817-1891)
Éditeur : J. Rothschild (Paris)
Date d’édition : 1892-1895
Contributeur : Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique
Sujet : Paris, Exposition, 1889
Type : monographie imprimée
Langue : Français
L’exposition universelle de Paris 1889
Première partie : le choix du lieu de l’exposition universelle de Paris 1889
Six ans se seront bientôt écoulés depuis que l’Exposition universelle internationale de 1889 a fermé ses portes. Cependant les mémorables assises du Centenaire de la Révolution française semblent dater d’hier. Le souvenir en est resté aussi vivace, L’admiration aussi ardente.

Projet exposition universelle de 1889 à Paris
C’est qu’il eut été impossible de rêver un cadre plus merveilleux, une organisation plus habile, un succès plus éclatant.
Parmi les hommes éminents, parmi les patriotes qui ont ainsi ajouté une page glorieuse à l’histoire du pays, l’illustre Alphand se détache au premier plan.
Directeur des travaux de Paris, il avait consacré tout son génie à l’embellissement et à l’assainissement de la capitale, devenue sous sa main puissante la plus jolie ville du monde. Sa réputation d’ingénieur et d’administrateur était indiscutée par delà les frontières comme en France.
La Direction générale des travaux de l’Exposition, en donnant une consécration définitive à ses talents, l’a fait entrer dans l’immortalité.

Autre projet pour l'exposition universelle de 1889
Dès 1889, Alphand avait commencé une monographie de son oeuvre du Centenaire. Mais la maladie vint le surprendre et le terrasser à l’heure même où il pouvait compter sur quelques loisirs pour achever cette monographie.
M. Jules Roche, alors Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Colonies, désireux de rendre un suprême hommage au grand citoyen disparu, décida la continuation de l’ouvrage entrepris par ses soins et demanda au Rapporteur général de l’Exposition d’assumer cette tâche. Il y avait là un
devoir pieux à remplir; toute hésitation de ma part eût été impardonnable. Mon rôle, fort modeste, a été de recueillir les notes et les dessins préparés par les collaborateurs d’Alphand et réunis par son adjoint dévoué, M. Délions, puis de les compléter et d’en assurer la publication. J’y ai pourvu avec le concours intelligent et assidu de 31. Eugène Hénard, architecte diplômé par le Gouvernement.
Bien que les travaux proprement dits constituent le fond même de ce livre et de l’album auquel il sert de commentaire, une place a été néanmoins réservée aux installations, qui relevaient de M. Georges Berger, Directeur général de l’exploitation, et notamment aux installations mécaniques.
Sauf de légères retouches et une mise au point, le texte n’est autre que celui des rapports fournis par les ingénieurs et architectes.
Malgré les soins de M. Hénard et les miens, la publication n’est sans doute pas ce que l’eût faite l’auteur des magnifiques palais du Champ de Mars. Elle donnera, du moins, des renseignements utiles pour l’avenir ; elle sera aussi un monument élevé à la mémoire de celui qui a jeté tant de
lustre sur la patrie française.

Autre projet pour l'exposition universelle de Paris 1889
PÉRIODE D’ORGANISATION
CHAPITRE PREMIER
PRÉLIMINAIRES DE L’EXPOSITION
L — Considérations générales
L appartenait au Gouvernement de la République Française de célébrer d’une façon grandiose le Centenaire de 1789, et de proportionner l’éclat des fêtes à la gloire des souvenirs qu’elles devaient évoquer.
L’organisation d’une Exposition universelle se présentait en première ligne comme la solennité la plus capable de s imposer à l’attention de tous et de servir d’appui aux autres fêtes ayant un caractère politique. C’était le moyen le plus efficace d appeler toutes les nations du monde à se réunir dans un esprit de concorde, de tolérance mutuelle et de sympathie réciproque; Par les soins de ce dernier, les points les plus importants du programme avaient été déterminés et n’attendaient plus que
l’approbation des pouvoirs publics.
Ce programme comportait essentiellement :
1° Le choix d’un emplacement;
2.° L’étude des dispositions à adopter et la rédaction d’un avant-projet devant servir de base au concours à ouvrir ultérieurement pour les constructions;
3° L’examen de l’opportunité de la constitution d’un capital de garantie et de l’importance qu’il convenait de réserver, dans cette entreprise, à l’action gouvernementale et à l’action privée.
Ce sont ces points que nous allons maintenant examiner.
II — Choix d’un emplacement. —
La Commission d’études s’était à cet égard trouvée en présence d’une série de propositions
complexes.
La liste dressée par le ministère du Commerce comprenait douze emplacements principaux offrant chacun des avantages différents : 1° Courbevoie; 2° Vincennes; 3° Saint-Ouen; 4° Levallois-
Perret; 5° Aubervilliers ; 6° Bagatelle; 7° Pré-Catelan; 8° La Muette; 9° Champ de Mars et Grenelle; 10° Palais de l’Industrie et Champ de Mars; 11° Jardin des Tuileries; 12° Issy.
Mais le choix put être immédiatement circonscrit par suite de La question préalable qui fut posée au début des délibérations de la Commission : L’Exposition de 1889 devra-t-elle être placée clans
l’enceinte ou hors de Paris?
Au point de vue de la population parisienne, il n’y avait pas d’hésitation possible.
Organiser une exposition hors Paris, disait Viollet-le-Duc en 1878, c’est rendre la visite de ce qu’elle renferme longue et onéreuse, c’est priver une partie de la population des visites fréquentes qu’elle pourrait y faire. Nous ne devons pas oublier, ajoutait l’éminent rapporteur delà Commission de 1878, que si les Expositions universelles attirent un grand nombre d’oisifs, de curieux, d’étrangers riches et qui peuvent disposer de leur temps, elles sont chez nous très populaires, deviennent un précieux sujet d’études; que nos artisans, nos ouvriers doivent pouvoir les visiter longuement et fréquemment, sans perdre un temps utile en longues courses, et sans être obligés de dépenser beaucoup.
PRÉLIMINAIRES DE L’EXPOSITION.
A Paris, une Exposition produit à ce point de vue un changement sensible clans l’existence des travailleurs. Le mal eût été infiniment plus grave dans une population d’importance relative-
ment faible.
Ces raisons déterminèrent la Commission. Malgré le caractère séduisant de certains projets, et notamment de celui de Courbevoie, qui terminait la belle perspective de l’avenue de la Grande-Armée par un monument dédié à la Paix, il fut décidé que, comme en 1878 l’Exposition aurait lieu dans l’intérieur de Paris.
Cette première résolution en amenait presque nécessairement une seconde, la désignation du Champ de Mars, avec des annexes plus ou moins considérables. En effet, le jardin des Tuileries manquait d’étendue; quant à l’emplacement de Grenelle, il supposait l’expropriation de toute la zone comprise entre le quai de Grenelle, le boulevard de Grenelle et l’avenue de La Motte-Piquét.
Restait donc le Champ de Mars, c’est-à-dire : 1° Sur la rive gauche, le Champ de Mars proprement dit, le quai d’Orsay et les bas ports entre l’avenue de La Bourdonnais et le ministère des Affaires étrangères, y compris l’esplanade des Invalides; 2° Sur la rive droite, le Trocadéro relié par le pont d’Iéna, les Champs-Elysées depuis l’avenue d’An tin jusqu’à l’avenue qui limite le Palais de l’Industrie du côté de la place de la Concorde, y compris le Palais de l’Industrie. Ces dernières surfaces devaient se rattacher à la rive gauche par un pont doublant celui des Invalides.
Dans la pensée de la Commission, et ainsi que l’avait demandé le Conseil municipal, les concours et expériences agricoles exigeant un grand développement devaient avoir lieu à Yincennes.
La surface utilisable, pour la partie seule désignée à l’intérieur de Paris, était beaucoup plus
importante que celle qui avait été affectée aux Expositions de 1867 et de 1878. L’Exposition de 1889 occupait donc une surface supérieure de 270737 mètres, soit de 39 % à celle de 1867, et de 213037 mètres, soit de 28%, à celle de 1878.
IV. — Conditions auxquelles le Champ de Mars a été mis à la disposition de l’Exposition.
Les décisions de la Commission consultative devaient, en ce qui concernait le choix d’un emplacement, être ratifiées par le ministre du Commerce, et recevoir plus tard une exécution presque complète.
L autorité militaire avait consenti à l’occupation du Champ de Mars, mais à la condition qu’un champ de manoeuvres pour la cavalerie lui serait attribué. Elle songea tout naturellement à demander le champ d’entraînement de Bagatelle, qui lui avait déjà été prêté en 1878. Un accord intervint à ce sujet avec la Yille de Paris, et l’emplacement fut accordé sous les réserves suivantes :
1° Pendant toute la durée de l’occupation, l’État paierait à la Yille de Paris, pour les dégradations résultant du passage des troupes sur les routes du Bois de Boulogne, une indemnité de 8 000 francs par semestre (l’Exposition paya de ce chef 48 000 francs à la Yille de Paris).
2° Lorsque l’occupation aurait pris fin, les frais de remise en état du champ d’entraînement seraient supportés par l’Etat.
A ces conditions, imposées par la Ville de Paris, vint s’en ajouter une autre réclamée par le ministère de la Guerre au ministère du Commerce, à savoir que les installations provisoires nécessaires pour compléter l’organisation du champ de manoeuvres seraient exécutées aux frais de l’Exposition.

Projet et tour pour l'exposition universelle de Paris 1889
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Source :
Titre : Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,… avec le concours de M. Georges Berger,… Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,… accompagnée d’un atlas de 219 planches. Tome 1
Auteur : Berger, Georges (1834-1910)
Auteur : Alphand, Adolphe (1817-1891)
Éditeur : J. Rothschild (Paris)
Date d’édition : 1892-1895
Contributeur : Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique
Sujet : Paris, Exposition, 1889
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : 2 tomes en 1 vol. gr. in-8°
Exposition universelle de Paris, 1878
Présentation de l’Exposition universelle de Paris (1878) en chanson
L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878
Par BALLANDE-FOUGEDOIRE.
Thiers, mars 1877
AIR : Toute l’Europe est sous les armes.
La France vient d’être éprouvée
Vendue par ses meilleurs amis,
Son industrie est approuvée
Même par ses plus ennemis.
Malgré ces terribles épreuves
Rien n’appauvrit sa position.
Nous allons en donner des preuves
Dans notre grande exposition, (bis).
REFRAIN
Paris la grande capitale.
Riche berceau de l’industrie,
Tu fais l’espoir de la Patrie,
Ecoute-moi bien, je l’en prie,
Paris, la cité sans rivale
Le monde en convient aujourd’hui, oui.
Nous allons voir l’année prochaine,
Ces couplets sont faits à propos,
Transformer les bords de la Seine,
En des immenses entrepôts ;
C’est une Exposition nouvelle
Le paysan, l’artiste, l’ouvrier,
Dans cette occasion solennelle.
Chacun veut passer le premier (bis)
Paris, etc..
Toutes les grandes industries
Préparent leurs échantillons,
La France avec ses colonies
Vient de voter deux cents millions ;
On ne parle plus politique.
Dans tous les meilleurs ateliers
Chaque directeur de fabrique
À l’oeil ouvert sur ses ouvriers, (bis)
Paris, etc..
De toutes les parties du monde
Tous les peuples les plus actifs,
Depuis Arcangel à Golconde,
Chacun fait ses préparatifs,
Pour visiter la Capitale.
Partout ça n’est qu’un parti pris,
L’un fait son sac, l’autre sa malle
Et prend le chemin de Paris, (bis)
Paris, etc..
Rien loin de se faire la guerre,
Chacun donne preuve d’esprit,
Tous les fabricants de la terre
Tournent leurs regards sur Paris.
Chacun en comprend l’importance,
Tout le monde sans exception
Se prépare à venir en France,
Prendre part â l’exposition. (bis).
Paris, etc..
Nous savons que l’industrie gagne
Dans toutes les expositions ;
Nous ignorons si l’Allemagne
Partagera nos intentions,
Qu’ils viennent donc avec confiance,
Du reste ils s’en sont aperçut,
Ils savent que chez nous, en France,
Les étrangers sont bien reçus, (bis).
Paris, etc..
Tous leurs produits comme les autres,
Seront sous notre protection.
Ils seront à cota des nôtres,
Nous leurs porterons attention ;
Nous n’aurons pas la platitude
De mettre leurs biens en danger,
Nous aurons comme d’habitude
Tout égard pour les étrangers, (bis):
Paris, etc.
Les peuples n’ont plus besoins d’armes,
Les hommes n’ont qu’un seul parti.
Vous avez fait verser des larmes,
Tyrans, vôtre règne est fini
On vous le dit, sauvez vous vite,
Vous êtes de mauvaise foi ;
Nous voulons respecter ensuite,
Ceux qui représentent la loi. (bis)
Paris, etc…
Ne fabriquons plus de mitraille,
Travaillons tous pour l’industrie
Mais ne livrons plus de bataille,
Supprimons cette barbarie,
N’ayons plus l’esprit de conquêtes,
Ça donne des mauvais renoms,
Ne forgeons plus de baïonnettes
Et ne fondons plus de canons, (bis).
Paris, etc.
Sauvez-vous, rendez-vous bien compte,
Je vous le répète aujourd’hui,
Vous mangez, vous n’avez pas honte,
Vous n’avez jamais rien produit.
Vous le savez, j’aime la France,
Je ne pense pas comme vous ;
Si la vérité vous offense,
Allez vivre à cent lieues de nous, (bis)
Paris, etc.
Suivons les lois de la nature,
Dieu nous créa pour être heureux,
Travaillons pour l’agriculture,
Nous ne serons pas malheureux ,
Travaillons pour les Républiques
Tout le monde nous aimera.
Faisons du drap des mécaniques
Et le bon Dieu nous bénira (bis).
Paris, etc.

photo credit: phonogalerie.com
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Source :
Titre : L’Exposition universelle de 1878, par Ballande-Fougedoire
Auteur : Ballande-Fougedoire, Pierre
Éditeur : impr. de Grandsaigne (Thiers)
Date d’édition : 1877
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : In-fol. plano
BNF
L’exposition universelle de Paris, 1855 présentée par le prince Napoléon
Exposition Universelle de Paris, 1855
RAPPORT
sur
L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855,
INTRODUCTION,
Sire,
Je viens mettre sous vos yeux le Rapport général sur L’exposition universelle de 1855, et compléter ainsi la mission que vous m’avez donnée.
Les détails dans lesquels je vais entrer sont arides, mais ils ont leur utilité; j’ai cru d’ailleurs qu’il ne m’était permis de rien omettre dans l’exposé des travaux de la Commission impériale.
Votre Majesté reconnaîtra qu’il a fallu surmonter bien des difficultés pour que cette œuvre, entreprise et réalisée au milieu des préoccupations les plus graves, prît rang parmi les faits mémorables de notre époque. Mon premier devoir est de remercier les hommes de talent qui m’ont secondé avec tant de dévouement. Je me suis appliqué à rassembler dans ce Rapport les enseignements qu’on peut puiser dans les expositions passées, et que j’ai considérés comme les plus propres à indiquer la marche à suivre dans les expositions futures.
Les expositions universelles sont une nécessité de notre temps. Sans porter atteinte aux nationalités, éléments essentiels de l’organisation humaine, elles fortifient les généreuses influences qui convient tous les peuples à l’harmonie des sentiments et des intérêts. L’observation qui m’a frappé tout d’abord, c’est que de ces grands concours jaillit une fois de plus la preuve que les sociétés modernes doivent marcher vers la liberté. En examinant la provenance et l’origine des richesses étalées sous nos yeux, j’ai pu constater que la supériorité industrielle d’une nation dépend par-dessus tout de sa moralité et de son esprit d’initiative individuel.

Vue du Palais de l'Exposition universelle de 1855
Je tiens à revendiquer pour la France la première idée d’une Exposition universelle. Dès 1849, la proposition en avait été faite dans nos assemblées législatives. Si l’Angleterre nous a précédés dans l’application, il faut l’attribuer aux événements politiques, à certains intérêts trop faciles à effrayer, et aussi à la différence du génie des deux nations, l’une plus prompte à concevoir, l’autre à réaliser. Mais le succès de l’Exposition universelle de Londres excita notre émulation. A peine les portes du Palais de Cristal étaient-elles closes que de toutes parts on se mit à réclamer pour Paris l’honneur d’un semblable concours.
Votre Majesté voulut satisfaire à ce vœu de l’opinion publique.
Le 8 mars 1853, une Exposition universelle des produits de l’Industrie fut décrétée; elle devait s’ouvrir le Ier mai et se fermer le 3o septembre 1855.
Si la France se laisse trop souvent devancer dans la réalisation des idées que son génie fait éclore, elle leur donne, quand elle les applique, un caractère particulier qui les élève et les grandit. C’est ce que Votre Majesté a prouvé, quand, à l’Exposition universelle des produits industriels, Elle a joint une Exposition universelle des Beaux-Arts. Le décret qui institue cette Exposition est du 22 juin 1853. Il est précédé de considérants remarquables qui en font ressortir l’esprit,
La direction des expositions nationales est confiée habituellement à l’administration de l’agriculture et du commerce, et à celle des Beaux-Arts. Dans une circonstance aussi importante, et en présence des questions nouvelles qui allaient se présenter, Votre Majesté crut devoir, ainsi que cela avait eu lieu à Londres, nommer une Commission spéciale, que je fus appelé à l’honneur de présider.
Le décret qui institue la Commission impériale est daté du 2 h décembre 18 5 3 ; il la divise en deux sections : la section des Beaux-Arts et la section de l’Agriculture et de l’Industrie.
Sont nommés membres de la section des Beaux-Arts :
- MM. Baroche, président du Conseil d’état;
- E. Delacroix, peintre, membre de la Commission municipale et départementale de la Seine;
- Henriquel-Dupont, membre de l’Institut;
- Ingres, membre de l’Institut;
- Mérimée, sénateur, membre de l’Institut;
- Comte de Morny, député au Corps législatif, membre du conseil supérieur du commerce, de l’agriculture et de l’industrie;
- Prince de la Moskowa, sénateur;
- Duc de Mouchy, sénateur, membre du conseil supérieur du commerce, de l’agriculture et de l’industrie;
- Marquis de Pastoret, sénateur, membre de l’Institut ;
- MM. De Saulcy, membre de l’Institut, conservateur du Musée d’artillerie; Sïmart, membre de l’Institut;
- Visconti, membre de l’Institut, architecte de l’Empereur.
Sont nommés membres de la section de l’Agriculture et de l’Industrie :
- MM. Elie de Beaumont, sénateur, membre de l’Institut;
- Billault, président du Corps législatif;
- Blanqui, membre de l’Institut, directeur de l’École supérieure du commerce;
- Michel Chevalier, conseiller d’Etat, membre de l’Institut ;
- J. Dollfus, manufacturier;
- Arlès-Dufour, membre de la chambre de commerce de Lyon;
- Dumas, sénateur, membre de l’Institut;
- Baron Charles Dupin, sénateur, membre de l’Institut;
- Comte de Gasparin, membre de l’Institut;
- Gréteriis, conseiller d’Etat, directeur général des douanes et des contributions indirectes;
- Heurtier, conseiller d’Etat, directeur général de l’Agriculture et du Commerce ;
- Legeistil, président de la chambre de commerce de Paris ;
- MM. Le Play, ingénieur en chef des mines;
- Comte de Lesseps, directeur des consulats et des affaires commerciales au ministère des affaires étrangères ;
- Mimerel, sénateur;
- Général Morin, membre de l’Institut, directeur du Conservatoire impérial des arts et métiers;
- Emile PEreire, président du conseil d’administration du chemin de fer du Midi;
- Général Poncelet, membre de l’Institut;
- Regnault, membre de l’Institut, administrateur de la Manufacture impériale de Sèvres;
- SAllandrouzi:, manufacturier, député au Corps législatif;
- Schneider, vice-président du Corps législatif, membre du conseil supérieur du commerce, de l’agriculture et de l’industrie;
- Baron Achille Seillière; Seydoux, député au Corps législatif; Troplong, président du Sénat, premier président de la Cour de cassation, membre de l’Institut; Maréchal comte Vaillant, grand maréchal du Palais, sénateur, membre de l’Institut.
En cas d’absence de ma part, la Commission générale devait être présidée par le ministre d’État ou par le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics.
En cas de réunion distincte des sections, celle de l’Industrie devait être présidée par le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics; celle des Beaux-Arts, par le ministre d’Etat.
Par un décret du 6 avril 1854, l’ambassadeur d’Angleterre fut nommé membre de la Commission impériale, comme notre représentant à Londres l’avait été de la commission anglaise en 1851.
La tâche dévolue à la Commission impériale était considérable : il fallait pourvoir à ce que l’appel de la France rencontrât partout un écho sympathique ; terminer, approprier et compléter les bâtiments nécessaires à l’Exposition ; faciliter aux artistes et aux industriels les moyens de nous faire parvenir leurs œuvres ou leurs produits; simplifier une foule de difficultés soulevées par notre législation et nos règlements administratifs ; tracer pour un fait exceptionnel tout un ensemble de règles exceptionnelles; organiser de vastes services dont les premiers éléments n’existaient pas; choisir un personnel pour une administration nouvelle , sans traditions ou avec des précédents qu’il était essentiel de modifier; veiller aux travaux et aux opérations du jury; distribuer les récompenses de façon à honorer tous les mérites et à ne froisser aucune juste susceptibilité; faire enfin grandement les honneurs de la France à tous les peuples du globe, dont Paris serait pendant six mois le rendez-vous.
L’ensemble des travaux de la Commission impériale embrasse une période de plus de deux années. Ma présidence effective n’a duré que quatre mois en 1854 et les dix derniers mois de 18 5 5. Votre Majesté m’ayant appelé à l’honneur de servir la France, en commandant une division de l’armée d’Orient, j’ai été absent du Ier avril 1854 au Ier février i 855. Ce qui a été fait dans cet intervalle échappe, par conséquent, à ma responsabilité. C’est pendant ce temps que surgissait la question si grave des bâtiments; je l’ai trouvée engagée à mon retour.
Je m’empresse de reconnaître que les plus louables efforts ont été faits par la Commission impériale pour tirer parti d’une situation difficile. Mais, en me plaçant à la tète de l’Exposition universelle, Votre Majesté na pas voulu seulement m’accorder une marque de confiance, Elle a prétendu me fournir la possibilité d’être utile à la France, et je tiens à marquer nettement dans quelles limites il m’a été donné de remplir mon mandat.
Le compte rendu que je présente à Votre Majesté doit être la représentation fidèle du développement de l’Exposition universelle; il doit la prendre à son origine, décrire toutes ses transformations, la suivre dans ses progrès successifs, pour la conduire jusqu’au moment où elle cesse, et indiquer enfin les conséquences qui en résultent et les enseignements qu’elle a laissés après elle. Ces considérations m’ont conduit à diviser ce travail en cinq parties correspondant aux périodes que je viens d’indiquer.
La première partie, que j’appelle de Constitution et d’Organisation, comprend la discussion des règlements, l’établissement de l’administration, l’organisation des comités français et étrangers et du jury international; en un mot, tout ce qui concerne la législation et la préparation de l’Exposition universelle.
La seconde partie, celle de l’installation, comprend les travaux relatifs à la question des bâtiments, à la répartition de l’espace, à l’installation et à l’arrangement des œuvres d’art et des produits, aux mesures d’ordre et de surveillance, en général à tout ce qui touche à l’aménagement.
La troisième partie comprend les travaux relatifs à f Appréciation et aux Récompenses, c’est-à-dire les opérations du Jury international, les expériences et études, les décisions relatives aux récompenses.
La quatrième partie, qui est la Liquidation, renferme tous les travaux destinés à clore l’Exposition universelle.
J’ai, enfin, complété mon travail par des observations que l’expérience m’a suggérées et qui peuvent servit’ d’enseignement pour les Expositions futures. Ce sont des considérations générales, dont quelques-unes touchent aux questions les plus délicates de l’économie des sociétés ; je les ai groupées dans la cinquième et dernière partie, qui forme la Conclusion de ce Rapport.
Veuillez agréer, Sire, l’hommage du profond et respectueux attachement avec lequel je suis,
De Votre Majesté,
Le très-dévoué cousin.
NAPOLÉON.
Souce CNAM










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