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	<title>Actualité des outils &#38; services marketing - Blog promotion, publicité &#38; marketing &#187; paris</title>
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		<title>Les métiers de Paris sous l&#8217;ancien Régime</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Nov 2010 08:56:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les métiers de Paris sous l&#8217;ancien Régime : les Orfèvres « L&#8217;orfèvre a été à toute époque le premier ouvrier de Paris. Au XIIIe siècle, le Livre des Métiers, qui n&#8217;admet pas de hiérarchie parmi les communautés, laisse entrevoir, dans le style de leurs règlements, l&#8217;excellence unique de ce travail réservé aux princes et à l&#8217;Église. Au XVIIIe siècle, parmi les négociants des Six Corps, c&#8217;est le seul corps composé de fabricants. Type spécial, participant de l&#8217;artiste, de l&#8217;ouvrier et du grand négociant, l&#8217;orfèvre a; toujours maintenu sa haute supériorité non pas autant par sa richesse que par la noblesse de son métier. On a lu les statuts des orfèvres dans le Livre des Métiers. Rédigés en douze articles très brefs, ils semblent destinés à complaire au prévôt de Paris plutôt qu&#8217;à fixer les règles de la communauté. Ils prescrivent la qualité d&#8217;or qui doit être à la touche de Paris, la première du monde entier, et le titre de l&#8217;argent qui est celui du sterling. Les privilèges les plus étendus leur sont accordés. La confrérie de Saint-Eloi, déjà prospère, consacre une partie de ses fonds à donner des repas aux pauvres et aux malades. Le roi Jean, en 1355, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Les métiers de Paris sous l&#8217;ancien Régime : les Orfèvres</h2>
<p>« L&#8217;orfèvre a été à toute époque le premier ouvrier de Paris. Au XIIIe siècle, le Livre des Métiers, qui n&#8217;admet pas de hiérarchie parmi les communautés, laisse entrevoir, dans le style de leurs règlements, l&#8217;excellence unique de ce travail réservé aux princes et à l&#8217;Église. Au XVIIIe siècle, parmi les négociants des Six Corps, c&#8217;est le seul corps composé de fabricants. Type spécial, participant de l&#8217;artiste, de l&#8217;ouvrier et du grand négociant, l&#8217;orfèvre a; toujours maintenu sa haute supériorité non pas autant par sa richesse que par la noblesse de son métier.</p>
<p>On a lu les statuts des orfèvres dans le Livre des Métiers. Rédigés en douze articles très brefs,<br />
ils semblent destinés à complaire au prévôt de Paris plutôt qu&#8217;à fixer les règles de la communauté. Ils prescrivent la qualité d&#8217;or qui doit être à la touche de Paris, la première du monde entier, et le titre de l&#8217;argent qui est celui du sterling. Les privilèges les plus étendus leur sont accordés. La confrérie de Saint-Eloi, déjà prospère, consacre une partie de ses fonds à donner des repas aux pauvres et aux malades.</p>
<p>Le roi Jean, en 1355, et Charles V, en 1379, leur donnèrent un nouveau texte de règlements. Jusque-là on ne les cite que pour des mesures d&#8217;ordre public, interdiction de faire le change dans leurs comptoirs du Grand Pont, défense de fabriquer de la vaisselle d&#8217;or et d&#8217;argent pendant un an, prescriptions souvent illusoires que motivait la rareté des métaux précieux dans les circonstances critiques. Les statuts de 1355 et de 1879 sont un même texte. On y retrouve les formules d&#8217;Etienne Boileau avec plusieurs règlements nouveaux et plus précis concernant l&#8217;emploi de l&#8217;or et le sertissage des pierres, mais dans les citations de ces objets, quelques expressions restent encore obscures et incertaines.</p>
<p>L&#8217;administration de la communauté passa de trois à six jurés, nombre qui ne fut plus dépassé, même dans les temps modernes (1). La maîtrise était encore libre, à la condition d&#8217;avoir fait huit ans d&#8217;apprentissage, de subir une épreuve devant les maîtres et d&#8217;avoir un poinçon à contreseing, difficultés équivalant à peu près à l&#8217;exclusion pour tout autre que les fils de maître. La confrérie de Saint-Eloi, mieux définie pour l&#8217;époque, percevait la moitié du prix de maîtrise des étrangers et le cinquième des amendes pour le banquet annuel qu &#8216;elle donnait à l&#8217;Hôtel-Dieu.</p>
<p>L&#8217;or doit être à la touche de Paris. Le type de l&#8217;argent est appelé «argent le Roy &laquo;&nbsp;, à onze deniers douze grains le marc. Les rubis, grenats, émeraudes, améthystes, sont sertis sans feuille dans le fond; les perles d&#8217;Orient ne sauraient être mélangées avec les perles d&#8217;Ecosse, plus communes. Pour les pierres comme pour le titre de l&#8217;or, on admet une tolérance ou, comme on disait alors, &nbsp;&raquo; un remède », au sujet des joyaux d&#8217;église qui atteignent souvent de grandes dimensions.</p>
<p>Ces côtés techniques du métier, que nous indiquons seulement, sont décrits avec assez de détails dans les statuts; ils ont d&#8217;ailleurs peu varié, le travail de l&#8217;orfèvre ayant atteint son perfectionnement dès l&#8217;origine et ne permettant pas par lui-même plusieurs manières de procéder.</p>
<p>L&#8217;usage fréquent des objets d&#8217;or pour la toilette et la coiffure, principale spécialité des merciers, avait obligé les orfèvres à les reconnaître comme marchands d&#8217;orfèvrerie. Les merciers étaient définitivement établis en communauté depuis les statuts de 1324. On leur permet la vente des objets en or plein, mais non des objets dorés, l&#8217;application de la dorure étant plus susceptible de fraude. Une discussion éclata entre eux et aboutit, en 1429, à un procès qui fixa les parties. Il s&#8217;agissait de ceintures d&#8217;or et d&#8217;argent saisies chez les merciers pour faute d&#8217;aloi. Le Parlement, dans l&#8217;arrêt qu&#8217;il rendit, leur imposa des règlements plus précis et surtout plus rigoureux. Les merciers, déjà très influents, se maintinrent désormais dans le commerce des matières d&#8217;or que les orfèvres ne réussirent pas à leur enlever.</p>
<p>La valeur de l&#8217;or exigeant d&#8217;infinies précautions, les statuts particuliers ne suffisaient plus, et l&#8217;intervention directe de l&#8217;autorité fut reconnue nécessaire pour l&#8217;observation des lois. Déjà en 1421, nous voyons les orfèvres soumis à l&#8217;inspection des maîtres généraux des monnaies; puis l&#8217;arrêt de 1429 maintient la même décision en l&#8217;accompagnant de règlements. Toutes les pièces devront être marquées du poinçon particulier de chaque orfèvre, une fleur de lis couronnée avec ses initiales, puis contremarquées du poinçon de la communauté M. Les maîtres généraux des monnaies seront chargés de présider à la réception à la maîtrise, de prendre de chaque nouveau maître une caution de dix marcs d&#8217;argent, de faire la visite des ouvrages d&#8217;orfèvrerie. On y voit encore la division des orfèvres en « grossier et mennuyer », selon leurs spécialités et la première mention précise d&#8217;un chef-d&#8217;oeuvre.</p>
<p>L&#8217;administration royale n&#8217;imposa les statuts aux métiers, comme règle générale, que dans la seconde moitié du XVIe siècle, après les grands édits. Il y a lieu d&#8217;observer que les orfèvres ont précédé les autres de plus d&#8217;un siècle, en,raison de la valeur exceptionnelle et de l&#8217;emploi surveillé des matières d&#8217;or ; dès 1421, la juridiction de la Cour des monnaies leur fut prescrite. Ils gardèrent seulement l&#8217;élection de leurs jurés à faire au Châtelet ; les élus allaient ensuite prêter serment à la Monnaie. De nombreux arrêts, jusqu&#8217;au milieu du XVIIIe siècle, tous rendus dans le même sens, leur permirent de conserver ce privilège, dernier vestige de leur ancienne indépendance ouvrière.</p>
<p>Après quelques sentences relatives à la fabrication, vint une ordonnance de Louis XII, en 1504, prescrivant l&#8217;inscription sur un registre des objets vendus, avec mention à part du prix du métal et du prix de la façon. Cette sage mesure, énoncée pour la première fois, fut appliquée pendant longtemps.</p>
<p>François Ier confirme, en 1534 , les.statuts donnés par le roi Jean et, quelques années après, en 1543, sur les remontrances faites aux maîtres, généraux des monnaies, il promulgue un nouveau texte de règlements pour l&#8217;orfèvrerie, à Paris et dans le royaume. Cette ordonnance, en forme de statuts, vise tous les points du travail et de l&#8217;organisation intérieure de la communauté, mais au lieu de revêtir le caractère d&#8217;une délibération particulière des maîtres orfèvres, simplement sanctionnée par le pouvoir, elle prend la forme impérative des édits, terminant chaque article par les termes consacrés « statuons et ordonnons ». C&#8217;est le signe encore plus marqué de l&#8217;ingérence directe de l&#8217;administration dans les affaires privées des communautés. Les statuts requis par les ouvriers ne sont plus simplement revêtus de l&#8217;homologation, ils sont réglés et commandés sans apparence de discussion.</p>
<p>L&#8217;or, à 22 carats, sera vendu de 149 à 163 livres le marc, en comptant la façon en sus. Tout or inférieur à 21 carats sera cassé. L&#8217;argent sera à 11 deniers 12 grains le marc, titre de Paris. L&#8217;essai de l&#8217;aloi aura lieu à la pierre de touche et au besoin à l&#8217;eau-forte. Si l&#8217;acheteur fournit son or, il ne donnera jamais à fondre des pièces de monnaie. Tous les marchands d&#8217;objets d&#8217;or, merciers ou autres, devront les faire fabriquer par les orfèvres. Les maîtres orfèvres continueront à émailler leurs ouvrages de toutes sortes d&#8217;émaux, à leur entière convenance, comme ils pouvaient déjà tailler les pierres précieuses, absorbant à leur gré ces deux métiers : celui d&#8217;émailleur, non établi, et celui de lapidaire, aussi ancien qu&#8217;eux. L&#8217;apprentissage reste fixé à huit ans, et pour les maîtres étrangers on exige en outre un travail de trois années avant de pouvoir obtenir la maîtrise de Paris. Enfin, pour la délicate question des visites, le Roi ordonne qu&#8217;elles seront encore faites par les gardes naturels de la communauté, mais à la condition d&#8217;être contrôlées par les maîtres généraux des monnaies.</p>
<p>L&#8217;ordonnance de Henri II, de 1550, sur la monnaie, renouvela les prescriptions qui précèdent; elle insista surtout sur l&#8217;inscription des noms de l&#8217;acheteur, titre de l&#8217;or, .prix et qualité, pour permettre de suivre la trace des objets. Les orfèvres, inquiets des conséquences de cet acte qui étendait encore les attributions de la Cour des monnaies en lui soumettant tous les métiers de l&#8217;or, obtinrent en 1552 un arrêt qui maintenait le serment de leurs jurés au Châtelet.<br />
Cette ordonnance, générale pour la France, reçut une application directe aux orfèvres de Paris, par lettres de, Henri II, du 22 mai 1555. Ce sont de véritables statuts, se rapportant à ceux de 1543, en adoucissant toutefois la rigueur de certains points. On n&#8217;exigera plus l&#8217;inscription des noms des acheteurs, mais seulement la mention des objets vendus..Les aspirants devront savoir lire et écrire, sauf exception motivée. Les orfèvres pourront plaider personnellement leurs, causes devant la Cour des monnaies, sans avocat ni procureur. Le nombre des maîtres restera fixé comme actuellement (ce devait être trois cents), et il sera procédé au remplacement par extinction, sauf création de six maîtres par an choisis de préférence parmi les fils de maître; toutes lettres de don cesseront d&#8217;être valables.</p>
<p>Les lettres de 1555 sont une sorte de satisfaction donnée aux orfèvres(1); l&#8217;administration de Henri II cherchait à concilier l&#8217;indépendance privée d&#8217;une communauté aussi honorable avec les exigences de la Sûreté publique qui réclamait une répression sévère contre la fraude sur les métaux précieux.</p>
<p>Après divers arrêts d&#8217;un intérêt secondaire, les orfèvres voient leur communauté atteinte par les grands édits sur les maîtrises, qui débutèrent par celui de décembre 1581. Principalement destinés à procurer des ressources au Trésor sous forme dé prix de maîtrise, ces édits bouleversèrent l&#8217;ordre établi pour les réceptions; les jurés furent impuissants,contre l&#8217;abus des lettres données en dehors d&#8217;eux par le pouvoir. Cependant les orfèvres parèrent à l&#8217;avilissement de leur métier avec les lettres patentes de 1584 et 1697, qui chacune arrêtaient l&#8217;effet des édits, en déclarant nulles et non avenues toutes maîtrises de lettres non agréées par l&#8217;assemblée de la communauté.</p>
<p>Les luttes extérieures ne faisaient pas oublier les règlements d&#8217;ordre privé. En 1699, des lettres de Henri IV approuvent une modification dans les statuts: l&#8217;apprentissage ne commencera ni avant dix ans ni après seize ans; il durera huit années entières, sans compensation aucune, contrairement aux anciens statuts qui accordaient un bénéfice à l&#8217;apprenti capable de faire gagner cent sols par an à son maître, tous frais payés (2). C&#8217;était toujours dans un but d&#8217;élimination des étrangers. On renouvelle la défense de prêter le poinçon et de vendre des pierres fausses, prescriptions dirigées contre leurs puissants rivaux les marchands merciers. »</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2010/11/armoiries-orfevres.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1894" title="armoiries-orfevres" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2010/11/armoiries-orfevres.jpg" alt="armoiries orfevres Les métiers de Paris sous lancien Régime" width="550" height="742" /></a></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-</p>
<p>Source :</p>
<p><strong>Titre : </strong>Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIVe-XVIIIe siècles. Ordonnances générales, métiers de l&#8217;alimentation / par René de Lespinasse,&#8230;</p>
<p><strong>Auteur : </strong>Lespinasse, René de (1843-1922)</p>
<p><strong>Éditeur : </strong>Imprimerie nationale (Paris)</p>
<p><strong>Date d&#8217;édition : </strong>1886-1897</p>
<p><strong>Contributeur : </strong>Bonnardot, François. Directeur de publication</p>
<p><strong>Sujet : </strong>Métiers &#8212; France &#8212; Paris (France)</p>
<p><strong>Sujet : </strong>Corporations &#8212; France &#8212; Paris (France)</p>
<p><strong>Type : </strong>monographie imprimée</p>
<p><strong>Langue : </strong>Français</p>
<p><strong>Format : </strong>3 vol. : fig. et planche ; in-fol.</p>
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		<title>Métiers sous l&#8217;ancien Régime : épicier</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Apr 2010 08:48:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;épicier du moyen-Age à la Renaissance « L&#8217;épicier proprement dit fut primitivement chez nous le marchand de gros, l&#8217;épicier grossier (les Anglais désignent encore leur épicerie sous le nom de grocery). Il recevait de première main les drogues et les épices, et les vendait soit au détaillant, soit directement au consommateur.Le détaillant n&#8217;appartenait pas au corps de l&#8217;épicerie son nom officiel était regrattier il débitait, non seulement de l&#8217;épicerie, mais du pain, du sel, du fromage, des œufs, du poisson de mer, de la volaille, du gibier. Il pouvait être établi en boutique, mais le plus souvent il était marchand ambulant et, depuis le matin jusqu&#8217;au couvre-feu, il allait par les rues joignant sa mélopée aux autres crieries de Paris. L&#8217;acheteur qui se respectait faisait ses emplettes chez l&#8217;épicier. Mais à petite bourse petit marchand le menu peuple accordait ses préférences à l&#8217;éventaire du regrattier; il le trouvait à sa portée et répondait à l&#8217;appel. Le regrattier ne put forcer les cadres de l&#8217;épicerie aussi longtemps que les monopoles subsistèrent; mais, après la Révolution, le premier venu, pourvu qu&#8217;il payât patente, eut les mêmes droits que les anciens maîtres, put prendre le même titre qu&#8217;eux, et les intrus, les parvenus de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>L&#8217;épicier du moyen-Age à la Renaissance</h2>
<p>« L&#8217;épicier proprement dit fut primitivement chez nous le marchand de gros, l&#8217;épicier grossier (les Anglais désignent encore leur épicerie sous le nom de grocery). Il recevait de première main les drogues et les épices, et les vendait soit au détaillant, soit directement au consommateur.Le détaillant n&#8217;appartenait pas au corps de l&#8217;épicerie son nom officiel était regrattier il débitait, non seulement de l&#8217;épicerie, mais du pain, du sel, du fromage, des œufs, du poisson de mer, de la volaille, du gibier. Il pouvait être établi en boutique, mais le plus souvent il était marchand ambulant et, depuis le matin jusqu&#8217;au couvre-feu, il allait par les rues joignant sa mélopée aux autres crieries de Paris. L&#8217;acheteur qui se respectait faisait ses emplettes chez l&#8217;épicier. Mais à petite bourse petit marchand le menu peuple accordait ses préférences à l&#8217;éventaire du regrattier;  il le trouvait à sa portée et répondait à l&#8217;appel.</p>
<p>Le regrattier ne put forcer les cadres de l&#8217;épicerie aussi longtemps que les monopoles subsistèrent; mais, après la Révolution, le premier venu, pourvu qu&#8217;il payât patente, eut les mêmes droits que les anciens maîtres, put prendre le même titre qu&#8217;eux, et les intrus, les parvenus de l&#8217;épicerie, se multipliant dans toute la ville, en relations de chaque jour avec leurs voisins, sans cesse sous leurs yeux, il devinrent pour ainsi dire le type consacré de l&#8217;épicier aussi s ont-ils fait déchoir l&#8217;épicerie dans l&#8217;opinion il n&#8217;est pas de t mot auquel s&#8217;attache moins de prestige qu&#8217;au mot épicier, et beaucoup d&#8217;épiciers même ont la faiblesse de désavouer leur état, de s&#8217;appeler négociants en denrées    coloniales, et d&#8217;ériger leur boutique en maison d&#8217;approvisionnement.</p>
<p>(&#8230;)Il faut ici voir l&#8217;épicerie sous ses  différentes formes, et tenir à la fois compte du gros et du et petit négoce. L&#8217;épicier grossier, pour qui sans doute le commerce du gros n&#8217;excluait pas le détail, est le prédécesseur e direct des marchands qui continuent encore le même commerce dans le quartier adopté par l&#8217;épicerie dès le moyen âge. Fixée définitivement dans la rue des Lombards et aux environs, elle y a assez fidèlement gardé sa physionomie première. Le magasin n&#8217;a pas fait de concession au luxe la nécessité ne s&#8217;en imposait pas les caisses, les fûts, les ballots ne laissent d&#8217;ailleurs aucun mur libre pour le décorateur. Sans doute, le local a dû être élargi pour répondre à l&#8217;importance des affaires et à la multiplicité croissante des opérations l&#8217;étroite façade du moyen âge avec sa fenêtre unique, dont le bord recevait l&#8217;étalage et l&#8217;auvent sous lequel le marchand traitait avec l&#8217;acheteur, a dû disparaître mais la maison a gardé ses titres de noblesse commerciale  représentés par des enseignes séculaires. Le Centaure, la Barbe d&#8217;Or, le Bras d&#8217;Or, le Soleil d&#8217;Or, l&#8217;Image de Notre-Dame rappellent l&#8217;époque où. les maisons ne portaient pas encore de numéros le Mortier d&#8217;Or date au moins du XVe siècle. Villon, dans son Petit Testament, lui réserve un legs. Dans ces parages, se sont de tout temps réalisées de grosses fortunes. En 1470, Louis XI ne trouve rien de mieux pour son hôte, Alphonse V, roi de Portugal, que de l&#8217;installer dans le logis de l&#8217;épicier Laurent Herbelot, rue des Prouvaires.</p>
<p>L&#8217;épicier fut, jusqu&#8217;au XVe siècle, épicier-apothicaire, et put cumuler sans réclamations ni inconvénients tant que la pharmacopée, tout empirique, se réduisit à une sorte de routine, l&#8217;apprentissage tenait lieu d&#8217;études théoriques. (&#8230;) Certains apprêts, certaines boissons mentionnées dans les menus gothiques relèvent-ils de la médecine ou de l&#8217;art culinaire? Il est telle recette formulée par le codex dont on ne saurait dire si elle est à l&#8217;intention du malade ou du gourmet. Platon récrimine contre trois arts, selon lui pernicieux et criminels au premier chef, et chacun, par malheur, est le faux frère d&#8217;un art bienfaisant et honnête. La sophistique corruptrice a un air de famille avec la saine philosophie; la parfumerie, à l&#8217;aide de ses artifices, fait concurrence à la beauté mâle, saine, sincère, fille de la gymnastique; la cuisine, avec ses raffinements meurtriers, est aussi malfaisante pour le corps que la médecine lui est secourable. Mais le moyen âge s&#8217;écoula avant qu&#8217;on établit un cordon sanitaire entre la gastronomie et la thérapeutique. Le laboratoire fut aussi cuisine la même main puisa à peu près dans les mêmes tiroirs et les mêmes bocaux poison et contrepoison. Voici les liqueurs présentées au moment des épices avec ses dragées et ses confitures, le praticien apportait son vin herbe, parfumé aux infusions de plantes. S y y avait ajouté les aromates d&#8217;Asie, la liqueur était dite piment, ou nectar les piments les plus renommés, le clairet et l&#8217;hypocras, en vogue même au XVIIe siècle, étaient parfumés à grand renfort d&#8217;épices. Comme les convives de jadis, tout gros mangeurs qu&#8217;ils fussent, faiblissaient à la fin des repas démesurés, il leur fallait attiser le feu nécessaire à la « concoction », en prenant certaines mixtures où entraient, par exemple, la sauge, le gingembre, la cardamone, la cannelle, le safran pulvérisés. D&#8217;autres conseillaient aux estomacs délabrés le fenouil combiné avec jus de citron, coriandre, conserve de roses, mastic, cannelle. Plus tard, l&#8217;eau-de-vie, d&#8217;abord vénérée comme une panacée universelle, passera de la fiole aux potions dans le flacon du gourmet; mais ce sera toujours sous le couvert de l&#8217;apothicaire.</p>
<p>Dès le XVe siècle, la chimie médicale avait fait assez de progrès pour que le divorce de la pharmacie et de l&#8217;épicerie s&#8217;imposât s&#8217;il ne fut définitivement prononcé qu&#8217;en 1777, lorsque le Collège de pharmacie s&#8217;ouvrit rue de l&#8217;Arbalète, il avait déjà été précédé d&#8217;une séparation légale. La difficulté était de régler les droits de chaque partie; mais, à partir du règne de Charles VIII, épiciers-droguistes et apothicaires sont bien distincts. La tendance de plus en plus prononcée est de réduire l&#8217;épicerie au commerce des moyen matières premières ou drogues simples, sans le droit de et aux procéder aux pesées médicales, au dosage ou à la confection  des médicaments.  A partir de 1777, les pharmaciens forment enfin un corps absolument séparé. Leur monopole s survécut à l&#8217;ancien régime, et il fut le seul; le nouveau code lui donna une nouvelle consécration.</p>
<p>Mais les épiciers, battus en brèche du côté de la pharmacie, n&#8217;avaient pas attendu la Révolution pour s&#8217;indemniser d&#8217;un autre côté ils transformèrent peu à peu leur négoce en spéculant, dès le XVIIe siècle, sur la commodité que trouve l&#8217;acheteur à faire ses emplettes dans un même magasin. Dès 1620, ils vendirent du fer ouvré et non ouvré, du charbon de terre, même. Cependant, pour chacun de leurs empiétements, ils durent se soumettre à des conditions protectrices des droits et des intérêts respectifs en 1731, ils sont autorisés à vendre ratafias, eaux de senteur, fruits à l&#8217;eau-de-vie mais ils les livrent par bouteilles pour ne pas faire tort aux limonadiers ; de même, ils doivent fournir le café non brûlé, le thé en feuilles et non en infusion, mais ils conquièrent le droit de faire boire de l&#8217;eau-de-vie et des liqueurs même à leur comptoir. En 1740,ils tiennent les légumes secs en gros et en détail, mais avec obligation d&#8217;en porter un tiers aux halles et interdiction de les tirer d&#8217;un rayon moindre de vingt lieues autour de Paris. Avec des restrictions analogues, ils continuèrent d&#8217;annexer les commerces les plus divers; tandis que les jambons et autres viandes de porc en provenance de Bordeaux, Bayonne, Mayence ou ailleurs ne devront pas sortir de leurs magasins autrement que par tonnes, le papier, au contraire, ne s&#8217;y écoulera qu&#8217;au cahier ou à la main, et non à la rame. La provision de vinaigre ne dépassera pas trente pintes et sera débitée pinte par pinte. Pour être libres de vendre les couleurs broyées et non plus brutes, plusieurs épiciers se firent recevoir peintres. La Révolution les affranchit de toutes ces  gênes ils ne furent plus tenus de respecter que les droits du pharmacien et ceux de l&#8217;herboriste. Les règlements du 21 germinal an XI assurèrent définitivement au seul pharmacien la vente des médicaments préparés et des substances vénéneuses, au seul herboriste celle des herbes et substances médicinales inoffensives, et l&#8217;épicier n&#8217;obtint de tolérance que pour les farines de graine de lin et de moutarde, la gomme et les sirops où elle entre, ces substances étant à double fin et pouvant être réclamées pour l&#8217;usage domestique. Corporations des épiciers-apothicaires. Avant d&#8217;en venir à l&#8217;épicerie contemporaine, il est nécessaire de jeter un coup d&#8217;œil rétrospectif sur l&#8217;ancienne organisation de l&#8217;épicerie considérée comme corps de métier.</p>
<p>Les épiciers-apothicaires, parmi lesquels étaient compris également les droguistes, les confiseurs-confituriers, les ciriers-ciergiers, formaient la seconde des six grandes corporations marchandes, sorte d&#8217;aristocratie industrielle reconnue par la municipalité. Depuis 1484,  ils avaient la garde des poids et mesures ils conservaient dans la maison de la rue des Lombards dite le Poids du Roi l&#8217;étalon royal qui, tous les six ans, se vérifiait à la Monnaie sur les matrices originales. Celles-ci étaient gardées sous quatre clefs; elles étaient en cuivre très fin, d&#8217;un travail estimé, et l&#8217;on aimait à croire qu&#8217;elles dataient de Charlemagne. Le bureau de l&#8217;épicerie était au cloître Sainte-Opportune. Voici, d&#8217;après l&#8217;armorial de 1696, la description des armes qu&#8217;elle avait été autorisée à prendre « D&#8217;azur à un dextrochère (main droite) d&#8217;argent mouvant d&#8217;une nuée de même, et tenant des balances d&#8217;or, à deux navires de gueules équipés d&#8217;azur semé de fleurs de lis d&#8217;or, posés l&#8217;un contre l&#8217;autre, flottant sur une mer de sinople et accompagnés de deux étoiles à cinq rais de gueules. » La devise Lances et posera servant (ils gardent les balances et les poids) surmontait l&#8217;écu. Le nombre des navires indiquait le rang parmi les métiers ainsi, les drapiers, le premier des cinq corps, n&#8217;en avaient qu&#8217;un. La communauté était régie par six jurés, moitié épiciers, moitié apothicaires, chargés de veiller à l&#8217;observation des statuts. Pour être admis à la maîtrise, il fallait avoir été trois ans apprenti, trois ans serviteur ou garçon; la corporation était une garantie d&#8217;aptitude, de probité, une association d&#8217;assistance mutuelle, une protection pour l&#8217;apprenti et le garçon qui devaient être paternellement surveillés, paternellement traités. Par malheur pour les épiciers, à dater du jour où l&#8217;apothicairerie trouva mal assortie l&#8217;union des deux métiers en un seul corps, ils cessèrent d&#8217;y être traités sur un pied d&#8217;égalité, et, à chaque conflit, subirent un échec dans les réunions communes, la prépondérance fut assurée à leurs rivaux ceux-ci refusaient la participation du juré épicier à l&#8217;examen du chef-d&#8217;œuvre que leurs candidats à la maîtrise élaboraient sous les yeux des experts; pareille épreuve n&#8217;existant pas pour les épiciers, on les trouvait disqualifiés pour siéger dans une commission d&#8217;examen. D&#8217;autre part, les gardes apothicaires furent investis du droit de visiter b droguerie chez leurs adversaires et ils exercèrent ce droit avec rigueur, n&#8217;hésitant pas à prononcer, contre toute infraction aux règlements, l&#8217;amende et la suspension de six mois Sous l&#8217;ancien régime, l&#8217;association commerciale se doublait presque toujours d&#8217;une association religieuse dite confrérie. La confrérie des épiciers-apothicaires avait son siège aux Augustins, où se tenait en outre l&#8217;assemblée générale de la corporation. Elle s&#8217;était donné pour patron un saint qui avait obtenu ses grandes lettres de naturalisation parisienne depuis qu&#8217;un aventurier normand avait, par un rapt pieux, enlevé ses reliques à une église d&#8217;Orient, sain Nicolas. L&#8217;épicerie, dont les plus précieuses denrées étaient de provenance orientale, comme les restes vénérés, ni pouvait mieux faire que de se placer sous la sauvegarde de saint Nicolas, déjà protecteur de la batellerie. L&#8217;orthodoxie du corps exigeait de tous ses affiliés, outre la qualité de Français ou naturalisé tel, une profession de foi catholique. Parmi eux, le calvinisme ne dut pas recruter de nombreux prosélytes. Un riche marchand de la rue Saint-Denis, Gastine, tint bien dans son logis une assemblé de huguenots, mais rien ne prouve qu&#8217;il fût épicier, et le quartier vit avec transports brûler l&#8217;hérétique et raser sa maison. Avec la majorité de la bourgeoisie, les épiciers épousent la cause de la Ligue mais ils ne tardent pas à se refroidir, et il en est plus d&#8217;un et qui prononce un « date pacem » en soupirant (Satir Ménippée).. »</p>
<p style="text-align: center;"><a title="Montréal, janvier 1976. Rue Villeneuve angle De Bullion." href="http://www.flickr.com/photos/45172261@N05/4386585816/" target="_blank"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2726/4386585816_fd126c4464.jpg" border="0" alt="4386585816 fd126c4464 Métiers sous lancien Régime : épicier"  title="Métiers sous lancien Régime : épicier" /></a><br />
<small><a title="Attribution License" href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="_blank"><img src="http://www.promos-pub.com/wp-content/plugins/photo-dropper/images/cc.png" border="0" alt="cc Métiers sous lancien Régime : épicier" width="16" height="16" align="absmiddle" title="Métiers sous lancien Régime : épicier" /></a> <a href="http://www.photodropper.com/photos/" target="_blank">photo</a> credit: <a title="DubyDub2009" href="http://www.flickr.com/photos/45172261@N05/4386585816/" target="_blank">DubyDub2009</a></small></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Source : Grande Encyclopédie</p>
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		<title>Feu d&#8217;artifice et politique à Paris au XVIIIe siècle</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jan 2010 11:13:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[LE XVIIIe SIÈCLE : LE FEU D&#8217;ARTIFICE DU 30 AOUT 1739 Le feu d&#8217;artifice tiré par la Ville de Paris, à l&#8217;occasion du mariage de Mme Louise-Elisabeth et de l&#8217;Infant d&#8217;Espagne, le 30 août 1739. Ce feu est resté un des plus célèbres de l&#8217;histoire de la pyrotechnie. Il est un des mieux connus grâce à de nombreux témoignages, descriptions et gravures de factures très diverses. Ainsi, pouvons-nous, grâce à ces documents, en donner un récit circonstancié qui offre un exemple précis d&#8217;organisation d&#8217;un feu au XVIIIe siècle. « Le champ de la fête se donnait du Pont Neuf au Pont Royal. Le terre-plein central du Pont Neuf était entièrement occupé par un bâtiment destiné au feu d&#8217;artifice : une sorte de temple à la grecque, formé par quatre rangs de colonnes d&#8217;ordre dorique, l&#8217;entablement supportait une balustrade ornée de vingt statues représentant des divinités. Toute l&#8217;architecture était peinte en marbre blanc. Le jour du feu, on suspendit des festons des lauriers dorés et des lustres. La décoration du Pont Neuf consistait en une série de pyramides unies par des consoles. Cette décoration était due à Jacques Gabriel, architecte du Roi, et le temple à Servandoni. Au milieu de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<h2 style="margin-bottom: 0cm;">LE XVIIIe SIÈCLE :  LE FEU D&#8217;ARTIFICE DU 30 AOUT 1739</h2>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Le feu d&#8217;artifice tiré par la Ville de Paris, à l&#8217;occasion du mariage de Mme Louise-Elisabeth et de l&#8217;Infant d&#8217;Espagne, le 30 août 1739.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;"><a href="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2010/01/fa1.jpg"><img class="size-full wp-image-1295  aligncenter" title="Feu d'artifice à Paris au XVIIIe" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2010/01/fa1.jpg" alt="fa1 Feu dartifice et politique à Paris au XVIIIe siècle" width="550" height="336" /></a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Ce feu est resté un des plus célèbres de l&#8217;histoire de la pyrotechnie. Il est un des mieux connus grâce à de nombreux témoignages, descriptions et gravures de factures très diverses. Ainsi, pouvons-nous, grâce à ces documents, en donner un récit circonstancié qui offre un exemple précis d&#8217;organisation d&#8217;un feu au XVIIIe siècle.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">« Le champ de la fête se donnait du Pont Neuf au Pont Royal. Le terre-plein central du Pont Neuf était entièrement occupé par un bâtiment destiné au feu d&#8217;artifice : une sorte de temple à la grecque, formé par quatre rangs de colonnes d&#8217;ordre dorique, l&#8217;entablement supportait une balustrade ornée de vingt statues représentant des divinités. Toute l&#8217;architecture était peinte en marbre blanc. Le jour du feu, on suspendit des festons des lauriers dorés et des lustres. La décoration du Pont Neuf consistait en une série de pyramides unies par des consoles. Cette décoration était due à Jacques Gabriel, architecte du Roi, et le temple à Servandoni. Au milieu de la rivière, avait été construit sur deux bateaux, un salon octogone « aussi singulier que magnifique » : aux huit arcades pendaient de grosses lanternes de toile transparente et colorée. Au milieu du salon était une colonne isolée, sur laquelle s&#8217;élevait un grand drapeau blanc fleurdelisé. 180 musiciens pouvaient tenir dans ce salon conçu par Servandoni..</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Huit monstres marins flottaient autour de cette pièce d&#8217;architecture. Tout autour du fleuve, étaient disposés des gradins où prirent place cinq cent mille, personnes environ, au dire des organisateurs.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Le roi était présent, dans une loge du pavillon central du Louvre, juste en face du salon de musique. La nuit venue, furent allumés des lustres de cristal, des girandoles, et une ceinture de terrines projetant vers l&#8217;estrade royale un flux de lumière. A six heures, le Roi parut dans un habit de brocart d&#8217;or et d&#8217;argent constellé d&#8217;innombrables diamants. Il portait, accroché à son chapeau, le fameux « Régent ». La soirée commença par un concert et des joutes nautiques. A la nuit, furent illuminés le temple, le salon de musique, les quais de la Seine, où l&#8217;on avait placé 140 lustres.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">De dessous les arches du pont, sortirent 60 bateaux, illuminés de onze mille lanternes de verre, de «forme chinoise et bizarre ». Cette illumination flottante tirait un nouvel avantage du verre qui en augmentait le brillant ainsi que du reflet de l&#8217;eau qui doublait le nombre de lumières.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Le Roi donna lui-même le signal du feu d&#8217;artifice, suivi par une décharge des canons de la ville à laquelle répondit l&#8217;artillerie des Invalides. Le feu se déroula « avec une précision féerique ». En voici le programme :</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>1- 1300 fusées d&#8217;honneur tirées 8 par 8 dans toute l&#8217;étendue du Pont-Neuf ; puis 200 caisses de fusées tirées 4 par 4,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>2- les chiffres d&#8217;artifice en feux blancs, lesquels durent plus d&#8217;un quart d&#8217;heure ; c&#8217;étaient ceux de l&#8217;Infant,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>3- un combat de monstres marins qui crachaient du feu par la gueule, 4&#8243; filet de gerbes tout le long du pont,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>5-  nappes de feu rouge dans les trois arcades situées sous le temple de l&#8217;hymen,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>6-  feu d&#8217;eau &#8211; toutes sortes d&#8217;artifices (gerbes, grenouilleries, dauphins, roues) jetés dans l&#8217;eau depuis huit bateaux,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>7-  le chiffre de pierreries, formé par des lettres de cristal taillé à facettes dans les entre-colonnes du temple,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>8- le berceau d&#8217;étoiles sur deux petits ponts à fleur d&#8217;eau, chargés de 160 mortiers de carton lançant des milliers d&#8217;étoiles très brillantes, qui montaient aussi haut que le temple, en formant une voûte éblouissante,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>9-  le soleil dont le centre était placé à la hauteur de l&#8217;entablement du temple,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>10-  les cascades de feu (fontaines), au nombre de 32, allumées à la fois de chaque côté de la rivière ; depuis le Pont-Neuf jusqu&#8217;au Pont Royal. Leur sommet se terminait par de grosses gerbes qui paraissaient fournir le feu de trois nappes, lesquelles retombaient par degrés dans l&#8217;eau même, qui en répétait l&#8217;image,</em></p>
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-left: 1.25cm; margin-bottom: 0cm;"><em>11- la grande girandole et les deux petites : celle-ci de 5 000, celles-là de 300 fusées volantes chacune, tirées d&#8217;un seul coup sur le Pont-Neuf, à droite et à gauche du temple.</em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">C&#8217;est par ce feu prodigieux dont le ciel parut tout à coup embrasé, tandis que l&#8217;air était ébranlé par une nouvelle décharge d&#8217;artillerie rapidement servie, que finit le feu d&#8217;artifice. L&#8217;éclat dissipé laissa voir plus tranquillement l&#8217;illumination qui dura tout la nuit ».</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">La lumière extraordinaire, « des illuminations qui persistent toute la nuit, éclairent les ténèbres, et semblent en chasser les cauchemars ».</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Pourtant, nous voulons montrer que cette longue description tirée des comptes rendus officiels n&#8217;est pas exempte de mensonges volontaires, destinés à ne pas ternir le souvenir idéal de la fête.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Une description sommaire de la fête, annotée par son propriétaire, commente certains détails : «fusées d&#8217;honneur au nombre de 300 ». Il ajoute à la main : «je doute qu&#8217;il y en ait eu autant. En tout cas, cette espèce d&#8217;artifice a langui ». Au sujet de trois nappes de feu rouge qui dans cette description deviennent cinq : « la fumée m&#8217;en a dérobé une partie ».</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Mais, plus signifiante encore est la fin de la description publiée cher Mercier en 1740. On y lit : «Le Roy et la Reine parurent contents de la singularité et de la noblesse de ce spectacle ». Pourtant, si l&#8217;on compulse les dossiers de la série K 006, aux Archives Nationales, on apprend que le feu fut tiré par les artificiers Dodemant Père et Fils et Testard ainsi qu&#8217;un artificier saxon (pas d&#8217;italiens comme cela est généralement annoncé), qu&#8217;à de nombreuses reprises, l&#8217;entente ne fut pas excellente (c&#8217;est-à-dire que les français s&#8217;attachèrent à faire échouer les tirs du saxon) et que « le Roi fut mécontent du manque de respect de ses gens &#8230;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;"><a title="長岡花火2009" href="http://www.flickr.com/photos/29002012@N00/3784794566/" target="_blank"><img src="http://farm3.static.flickr.com/2502/3784794566_0c4dce87ac.jpg" border="0" alt="3784794566 0c4dce87ac Feu dartifice et politique à Paris au XVIIIe siècle"  title="Feu dartifice et politique à Paris au XVIIIe siècle" /></a><br />
<small><a title="Attribution License" href="http://creativecommons.org/licenses/by/2.0/" target="_blank"><img src="http://www.promos-pub.com/wp-content/plugins/photo-dropper/images/cc.png" border="0" alt="cc Feu dartifice et politique à Paris au XVIIIe siècle" width="16" height="16" align="absmiddle" title="Feu dartifice et politique à Paris au XVIIIe siècle" /></a> <a href="http://www.photodropper.com/photos/" target="_blank">photo</a> credit: <a title="cinz" href="http://www.flickr.com/photos/29002012@N00/3784794566/" target="_blank">cinz</a></small></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Source :</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Patrick BRACCO – Melle LEBOVICI – Catalogue de l&#8217;exposition : Les feux d&#8217;artifice à Paris du XVIIe au Xxe siècle. Paris, 1981</p>
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		<title>Notre épisode : l&#8217;exposition Universelle de 1889 à Paris</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 08:35:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1889]]></category>
		<category><![CDATA[eiffel]]></category>
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		<category><![CDATA[tour eiffel]]></category>

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		<description><![CDATA[Les résultats du Concours d&#8217;Organisation de l&#8217;Exposition universelle de 1889 Le concours prévu par la Commission d&#8217;études eut lieu au mois de mai 1886; il donna naissance à de nombreux et remarquables projets. Le Jury chargé du jugement décerna les prix de la manière suivante (les concurrents étant classés ex-oequo pour chaque catégorie de récompenses par ordre alphabétique) : Trois primes de 4000 fr. à MM. Dutert, Eiffel et Sauvestre, Formigé; trois primes de 2000 francs à MM. Cassien-Bernard et Nachon, de Perthes, Raulin; six primes de 1 000 francs à MM. Ballu, Fouquiau, Jochereau et Girault, Paulin, Pierron, Vaudoyer; Six mentions honorables à MM. Blondel, Claris et Morel, Roux, Gaston Hénard, Simil, Walwein et Bertsch-Proust. Les premiers prix du Concours M. Dutert avait tenu avant tout à assurer la gaîté de l&#8217;ensemble. Près des deux tiers de la surface totale de son Exposition étaient occupés par des jardins où se dressaient ça et là des constructions légères. Un immense hall destiné aux machines, matières premières et objets fabriqués, s&#8217;étendait de l&#8217;avenue de Sufiren à l&#8217;avenue de La Bourdonnais, faisant face à l&#8217;Ecole militaire. Deux séries de galeries parallèles descendaient de ses extrémités vers la Seine et se terminaient par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Les résultats du Concours d&#8217;Organisation de l&#8217;Exposition universelle de 1889</h2>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Le concours prévu par la Commission d&#8217;études eut lieu au mois de mai 1886; il donna naissance à de nombreux et remarquables projets.</p>
<p>Le Jury chargé du jugement décerna les prix de la manière suivante (les concurrents étant classés ex-oequo pour chaque catégorie de récompenses par ordre alphabétique) :</p>
<p>Trois primes de 4000 fr. à MM. Dutert, Eiffel et Sauvestre, Formigé; trois primes de 2000 francs à MM. Cassien-Bernard et Nachon, de Perthes, Raulin; six primes de 1 000 francs à MM. Ballu, Fouquiau, Jochereau et Girault, Paulin, Pierron, Vaudoyer;</p>
<p>Six mentions honorables à MM. Blondel, Claris et Morel, Roux, Gaston Hénard, Simil, Walwein et Bertsch-Proust.</p>
<h2>Les premiers prix du Concours</h2>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p>M. Dutert avait tenu avant tout à assurer la gaîté de l&#8217;ensemble. Près des deux tiers de la surface totale de son Exposition étaient occupés par des jardins où se dressaient ça et là des constructions  légères. Un immense hall destiné aux machines, matières premières et objets fabriqués, s&#8217;étendait de l&#8217;avenue de Sufiren à l&#8217;avenue de La Bourdonnais, faisant face à l&#8217;Ecole militaire. Deux séries de  galeries parallèles descendaient de ses extrémités vers la Seine et se terminaient par de grands pavillons réservés aux Beaux-Arts français et étrangers. Au centre de la partie du parc qui les séparait se dressait la Tour de 300 mètres.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tout autre était l&#8217;impression produite par le projet de MM. Eiffel et Sauvestre. La Tour de 300 mètres devenait avec eux la porte gigantesque de l&#8217;Exposition et l&#8217;un de ses principaux objets de curiosité. C&#8217;était le triomphe de l&#8217;art de l&#8217;ingénieur : les bâtiments étaient construits presque uniquement en fer, affectant la forme d&#8217;un immense fer à cheval. Le rez-de-chaussée devait abriter les machines, et 1e premier étage les groupes divers. A l&#8217;intérieur, de gracieux parterres tempéraient  la sévérité de cette ceinture métallique. Au fond, un très joli pavillon, dit de l&#8217;Electricité, venait également adoucir la rudesse de l&#8217;ensemble.</p>
<p>Chez M. Formigô,  on sentait le désir de faire constater sa réputation de dessinateur hors pair. Aucun de ses concurrents n&#8217;offrait de façade aussi étudiée, réunissant au même degré des  qualités d&#8217;élégance et de grandeur. Dans les détails, une certaine analogie avec les plans de M. Dutert : môme emplacement choisi pour la Tour, les Beaux-Arts; mêmes dispositions des lignes générales et des surfaces réservées aux plantations. A côté de ces ressemblances, des différences notables dans les divisions des surfaces consacrées aux exposants. La grande galerie parallèle à l&#8217;Ecole Militaire était uniquement réservée aux Machines. Les produits français étaient  nettement séparés de ceux de l&#8217;étranger, en deux séries qui fermaient les sections diverses.</p>
<p>Le trait commun à ces trois projets était l&#8217;affectation d&#8217;un espace plus ou moins grand aux fleurs et à la verdure.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<h2>Les second prix du Concours</h2>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Les esquisses classées en seconde ligne n&#8217;avaient, au contraire, en vue que de conserver aux exposants le plus de terrain possible.</p>
<p>MM. Cassien-Bernard et Nachon donnaient à leur construction la forme rectangulaire. Dans ce projet, les galeries longeant les avenues de La Bourdonnais et de Suffren devaient renfermer les Machines; le dernier côté du quadrilatère appartenait à l&#8217;exposition du Travail. A l&#8217;intérieur et* au centre, le pavillon de la &laquo;&nbsp;Ville de Pains, précédé et suivi de salons fermés. Enfin, comme  disposition particulièrement originale, mais peu pratique, les auteurs du projet plaçaient la Tour de 300 mètres à cheval sur la Seine, en face le Palais de l&#8217;Industrie, ce palais faisant partie  intégrante de l&#8217;Exposition.</p>
<p>M. de Perthes  avait des souvenirs du plan adopté en 1878 : son projet était complet et distribuait d&#8217;une façon pratique la superficie concédée. Les Machines occupaient le même emplacement que chez MM. Cassien-Bernard et Nachon; les groupes divers venaient ensuite et s&#8217;étendaient à droite et à gauche des Beaux- Arts. La Tour se profilait à l&#8217;extrémité de l&#8217;Exposition.</p>
<p>M. Raulin présentait un ensemble qui se rapprochait sur certains points de celui de MM. Eiffel et Sauvestre. Le Palais du Champ de Mars, chez lui aussi, avait la forme d&#8217;un fer à chevalla Tour de 300 mètres occupait également la place d&#8217;honneur. Ce qui en faisait l&#8217;originalité, c&#8217;étaient les proportions gigantesques de la conception. La façade côté du quai comprenait deux lignes de  cintres très décorés, dominant des portiques à niveau du sol qui se détachaient des flancs de la Tour; les Beaux-Arts et les Arts décoratifs étaient installés à droite et à gauche de l&#8217;entrée. Les différents  produits se rangeaient par nature dans l&#8217;ordre suivant, pour former autant d&#8217;expositions circulaires et concentriques : Produits alimentaires, Matières premières, Vêtement, Mobilier; les Machines prenaient place au centre, dans l&#8217;axe delà Tour. Ce projet avait en outre utilisé d&#8217;une manière très remarquable la berge de la Seine pour la construction d&#8217;une série de pavillons destinés aux colonies, dont l&#8217;aspect vu des quais devait être très pittoresque.</p>
<h2>Les troisième prix du Concours</h2>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Les projets classés en troisième ligne se rapprochaient de ceux qui précèdent, soit par la forme générale, soit par des détails, et réduisaient le travail de la Commission des travaux â l&#8217;étude de  ceux qui ont été décrits plus haut, et parmi lesquels la Commission avait dès lors chance de trouver le plan définitif.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Présentation iconographique des diférents projets</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<div id="attachment_1202" class="wp-caption alignleft" style="width: 375px"><a rel="attachment wp-att-1202" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-formige"><img class="size-full wp-image-1202" title="projet-formige" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-formige.jpg" alt="projet formige Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="365" height="165" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Formigé</p></div>
<div id="attachment_1203" class="wp-caption alignleft" style="width: 211px"><a rel="attachment wp-att-1203" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-formige-2"><img class="size-full wp-image-1203" title="projet-formige-2" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-formige-2.jpg" alt="projet formige 2 Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="201" height="364" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Formigé plan de masse</p></div>
<div id="attachment_1208" class="wp-caption alignleft" style="width: 382px"><a rel="attachment wp-att-1208" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-perthes"><img class="size-full wp-image-1208" title="projet-perthes" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-perthes.jpg" alt="projet perthes Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="372" height="265" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Perthes-Eiffel</p></div>
<div id="attachment_1209" class="wp-caption alignleft" style="width: 241px"><a rel="attachment wp-att-1209" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-perthes-2"><img class="size-full wp-image-1209" title="projet-perthes-2" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-perthes-2.jpg" alt="projet perthes 2 Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="231" height="386" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Perthes Eiffel plan de masse</p></div>
<div id="attachment_1212" class="wp-caption alignleft" style="width: 387px"><a rel="attachment wp-att-1212" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-cassien-bernard"><img class="size-full wp-image-1212" title="projet-cassien-bernard" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-cassien-bernard.jpg" alt="projet cassien bernard Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="377" height="265" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Cassien-Bernard</p></div>
<div id="attachment_1213" class="wp-caption alignleft" style="width: 295px"><a rel="attachment wp-att-1213" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-cassien-bernard-2"><img class="size-full wp-image-1213" title="projet-cassien-bernard-2" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-cassien-bernard-2.jpg" alt="projet cassien bernard 2 Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="285" height="196" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Cassien-Bernard plan de masse</p></div>
<div id="attachment_1214" class="wp-caption aligncenter" style="width: 382px"><a rel="attachment wp-att-1214" href="http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/10/12/notre-episode-l-exposition-universelle-de-1889-a-paris/attachment/projet-raullin"><img class="size-full wp-image-1214" title="projet-raullin" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/10/projet-raullin.jpg" alt="projet raullin Notre épisode : lexposition Universelle de 1889 à Paris" width="372" height="271" /></a><p class="wp-caption-text">Concours Exposition universelle 1889 : projet Raullin</p></div>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p>Source :</p>
<p><strong>Titre : </strong>Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,… avec le concours de M. Georges Berger,… Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,… accompagnée d’un atlas de 219 planches. Tome 1</p>
<p><strong>Auteur : </strong>Berger, Georges (1834-1910)</p>
<p><strong>Auteur : </strong>Alphand, Adolphe (1817-1891)</p>
<p><strong>Éditeur : </strong>J. Rothschild (Paris)</p>
<p><strong>Date d’édition : </strong>1892-1895</p>
<p><strong>Contributeur : </strong>Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique</p>
<p><strong>Sujet : </strong>Paris, Exposition, 1889</p>
<p><strong>Type : </strong>monographie imprimée</p>
<p><strong>Langue : </strong>Français</p>
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		<title>L&#8217;exposition universelle de Paris 1889</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Sep 2009 08:47:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[textes et sources]]></category>
		<category><![CDATA[1889]]></category>
		<category><![CDATA[exposition universelle]]></category>
		<category><![CDATA[paris]]></category>

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		<description><![CDATA[Première partie : le choix du lieu de l&#8217;exposition universelle de Paris 1889 Six ans se seront bientôt écoulés depuis que l&#8217;Exposition universelle internationale de 1889 a fermé ses portes. Cependant les mémorables assises du Centenaire de la Révolution française semblent dater d&#8217;hier. Le souvenir en est resté aussi vivace, L&#8217;admiration aussi ardente. C&#8217;est qu&#8217;il eut été impossible de rêver un cadre plus merveilleux, une organisation plus habile, un succès plus éclatant. Parmi les hommes éminents, parmi les patriotes qui ont ainsi ajouté une page glorieuse à l&#8217;histoire du pays, l&#8217;illustre Alphand se détache au premier plan. Directeur des travaux de Paris, il avait consacré tout son génie à l&#8217;embellissement et à l&#8217;assainissement de la capitale, devenue sous sa main puissante la plus jolie ville du monde. Sa réputation d&#8217;ingénieur et d&#8217;administrateur était indiscutée par delà les frontières comme en France. La Direction générale des travaux de l&#8217;Exposition, en donnant une consécration définitive à ses talents, l&#8217;a fait entrer dans l&#8217;immortalité. Dès 1889, Alphand avait commencé une monographie de son oeuvre du Centenaire. Mais la maladie vint le surprendre et le terrasser à l&#8217;heure même où il pouvait compter sur quelques loisirs pour achever cette monographie. M. Jules Roche, alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Première partie : le choix du lieu de l&#8217;exposition universelle de Paris 1889</h2>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">Six ans se seront bientôt écoulés depuis que l&#8217;Exposition universelle internationale de 1889 a fermé ses portes. Cependant les mémorables assises du Centenaire de la Révolution française semblent dater d&#8217;hier. Le souvenir en est resté aussi vivace, L&#8217;admiration aussi ardente.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;">
<div id="attachment_1038" class="wp-caption aligncenter" style="width: 367px"><img class="size-full wp-image-1038 " title="exposition universelle 1889" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/09/exposition-universelle-1889.jpg" alt="exposition universelle 1889 Lexposition universelle de Paris 1889" width="357" height="273" /><p class="wp-caption-text">Projet exposition universelle de 1889 à Paris</p></div>
<p>C&#8217;est qu&#8217;il eut été impossible de rêver un cadre plus merveilleux, une organisation plus habile, un succès plus éclatant.</p>
<p>Parmi les hommes éminents, parmi les patriotes qui ont ainsi ajouté une page glorieuse à l&#8217;histoire du pays, l&#8217;illustre Alphand se détache au premier plan.</p>
<p>Directeur des travaux de Paris, il avait consacré tout son génie à l&#8217;embellissement et à l&#8217;assainissement de la capitale, devenue sous sa main puissante la plus jolie ville du monde. Sa réputation d&#8217;ingénieur et d&#8217;administrateur était indiscutée par delà les frontières comme en France.</p>
<p>La Direction générale des travaux de l&#8217;Exposition, en donnant une consécration définitive à ses talents, l&#8217;a fait entrer dans l&#8217;immortalité.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_1039" class="wp-caption aligncenter" style="width: 379px"><img class="size-full wp-image-1039 " title="exposition universelle 1889-2" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/09/exposition-universelle-1889-2.jpg" alt="exposition universelle 1889 2 Lexposition universelle de Paris 1889" width="369" height="221" /><p class="wp-caption-text">Autre projet pour l&#39;exposition universelle de 1889</p></div>
<p>Dès 1889, Alphand avait commencé une monographie de son oeuvre du Centenaire. Mais la maladie vint le surprendre et le terrasser à l&#8217;heure même où il pouvait compter sur quelques loisirs pour achever cette monographie.</p>
<p>M. Jules Roche, alors Ministre du Commerce, de l&#8217;Industrie et des Colonies, désireux de rendre un suprême hommage au grand citoyen disparu, décida la continuation de l&#8217;ouvrage entrepris par ses soins et demanda au Rapporteur général de l&#8217;Exposition d&#8217;assumer cette tâche. Il y avait là un</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">devoir pieux à remplir; toute hésitation de ma part eût été impardonnable. Mon rôle, fort modeste, a été de recueillir les notes et les dessins préparés par les collaborateurs d&#8217;Alphand et réunis par son adjoint dévoué, M. Délions, puis de les compléter et d&#8217;en assurer la publication. J&#8217;y ai pourvu avec le concours intelligent et assidu de 31. Eugène Hénard, architecte diplômé par le Gouvernement.</p>
<p>Bien que les travaux proprement dits constituent le fond même de ce livre et de l&#8217;album auquel il sert de commentaire, une place a été néanmoins réservée aux installations, qui relevaient de M. Georges Berger, Directeur général de l&#8217;exploitation, et notamment aux installations mécaniques.</p>
<p>Sauf de légères retouches et une mise au point, le texte n&#8217;est autre que celui des rapports fournis par les ingénieurs et architectes.</p>
<p>Malgré les soins de M. Hénard et les miens, la publication n&#8217;est sans doute pas ce que l&#8217;eût faite l&#8217;auteur des magnifiques palais du Champ de Mars. Elle donnera, du moins, des renseignements utiles pour l&#8217;avenir ; elle sera aussi un monument élevé à la mémoire de celui qui a jeté tant de<br />
lustre sur la patrie française.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_1042" class="wp-caption aligncenter" style="width: 381px"><img class="size-full wp-image-1042 " title="exposition universelle 1889-3" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/09/exposition-universelle-1889-3.jpg" alt="exposition universelle 1889 3 Lexposition universelle de Paris 1889" width="371" height="162" /><p class="wp-caption-text">Autre projet pour l&#39;exposition universelle de Paris 1889</p></div>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">PÉRIODE D&#8217;ORGANISATION</p>
<p>CHAPITRE PREMIER</p>
<p>PRÉLIMINAIRES DE L&#8217;EXPOSITION</p>
<p>L — Considérations générales</p>
<p>L appartenait au Gouvernement de la République Française de célébrer d&#8217;une façon grandiose le Centenaire de 1789, et de proportionner l&#8217;éclat des fêtes à la gloire des souvenirs qu&#8217;elles devaient évoquer.<br />
L&#8217;organisation d&#8217;une Exposition universelle se présentait en première ligne comme la solennité la plus capable de s imposer à l&#8217;attention de tous et de servir d&#8217;appui aux autres fêtes ayant un caractère politique. C&#8217;était le moyen le plus efficace d appeler toutes les nations du monde à se réunir dans un esprit de concorde, de tolérance mutuelle et de sympathie réciproque; Par les soins de ce dernier, les points les plus importants du programme avaient été déterminés et n&#8217;attendaient plus que<br />
l&#8217;approbation des pouvoirs publics.</p>
<p>Ce programme comportait essentiellement :<br />
1° Le choix d&#8217;un emplacement;</p>
<p>2.° L&#8217;étude des dispositions à adopter et la rédaction d&#8217;un avant-projet devant servir de base au concours à ouvrir ultérieurement pour les constructions;</p>
<p>3° L&#8217;examen de l&#8217;opportunité de la constitution d&#8217;un capital de garantie et de l&#8217;importance qu&#8217;il convenait de réserver, dans cette entreprise, à l&#8217;action gouvernementale et à l&#8217;action privée.<br />
Ce sont ces points que nous allons maintenant examiner.</p>
<p>II — Choix d&#8217;un emplacement. —</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">La Commission d&#8217;études s&#8217;était à cet égard trouvée en présence d&#8217;une série de propositions<br />
complexes.</p>
<p>La liste dressée par le ministère du Commerce comprenait douze emplacements principaux offrant chacun des avantages différents : 1° Courbevoie; 2° Vincennes; 3° Saint-Ouen; 4° Levallois-<br />
Perret; 5° Aubervilliers ; 6° Bagatelle; 7° Pré-Catelan; 8° La Muette; 9° Champ de Mars et Grenelle; 10° Palais de l&#8217;Industrie et Champ de Mars; 11° Jardin des Tuileries; 12° Issy.</p>
<p>Mais le choix put être immédiatement circonscrit par suite de La question préalable qui fut posée au début des délibérations de la Commission : L&#8217;Exposition de 1889 devra-t-elle être placée clans<br />
l&#8217;enceinte ou hors de Paris?</p>
<p>Au point de vue de la population parisienne, il n&#8217;y avait pas d&#8217;hésitation possible.</p>
<p>Organiser une exposition hors Paris, disait Viollet-le-Duc en 1878, c&#8217;est rendre la visite de ce qu&#8217;elle renferme longue et onéreuse, c&#8217;est priver une partie de la population des visites fréquentes qu&#8217;elle pourrait y faire. Nous ne devons pas oublier, ajoutait l&#8217;éminent rapporteur delà Commission de 1878, que si les Expositions universelles attirent un grand nombre d&#8217;oisifs, de curieux, d&#8217;étrangers riches et qui peuvent disposer de leur temps, elles sont chez nous très populaires, deviennent un précieux sujet d&#8217;études; que nos artisans, nos ouvriers doivent pouvoir les visiter longuement et fréquemment, sans perdre un temps utile en longues courses, et sans être obligés de dépenser beaucoup.</p>
<p>PRÉLIMINAIRES DE L&#8217;EXPOSITION.</p>
<p>A Paris, une Exposition produit à ce point de vue un changement sensible clans l&#8217;existence des travailleurs. Le mal eût été infiniment plus grave dans une population d&#8217;importance relative-<br />
ment faible.</p>
<p>Ces raisons déterminèrent la Commission. Malgré le caractère séduisant de certains projets, et notamment de celui de Courbevoie, qui terminait la belle perspective de l&#8217;avenue de la Grande-Armée par un monument dédié à la Paix, il fut décidé que, comme en 1878 l&#8217;Exposition aurait lieu dans l&#8217;intérieur de Paris.</p>
<p>Cette première résolution en amenait presque nécessairement une seconde, la désignation du Champ de Mars, avec des annexes plus ou moins considérables. En effet, le jardin des Tuileries manquait d&#8217;étendue; quant à l&#8217;emplacement de Grenelle, il supposait l&#8217;expropriation de toute la zone comprise entre le quai de Grenelle, le boulevard de Grenelle et l&#8217;avenue de La Motte-Piquét.</p>
<p>Restait donc le Champ de Mars, c&#8217;est-à-dire : 1° Sur la rive gauche, le Champ de Mars proprement dit, le quai d&#8217;Orsay et les bas ports entre l&#8217;avenue de La Bourdonnais et le ministère des Affaires étrangères, y compris l&#8217;esplanade des Invalides; 2° Sur la rive droite, le Trocadéro relié par le pont d&#8217;Iéna, les Champs-Elysées depuis l&#8217;avenue d&#8217;An tin jusqu&#8217;à l&#8217;avenue qui limite le Palais de l&#8217;Industrie du côté de la place de la Concorde, y compris le Palais de l&#8217;Industrie. Ces dernières surfaces devaient se rattacher à la rive gauche par un pont doublant celui des Invalides.</p>
<p>Dans la pensée de la Commission, et ainsi que l&#8217;avait demandé le Conseil municipal, les concours et expériences agricoles exigeant un grand développement devaient avoir lieu à Yincennes.
</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">La surface utilisable, pour la partie seule désignée à l&#8217;intérieur de Paris, était beaucoup plus<br />
importante que celle qui avait été affectée aux Expositions de 1867 et de 1878. L&#8217;Exposition de 1889 occupait donc une surface supérieure de 270737 mètres, soit de 39 % à celle de 1867, et de 213037 mètres, soit de 28%, à celle de 1878.</p>
<p>IV. — Conditions auxquelles le Champ de Mars a été mis à la disposition de l&#8217;Exposition.
</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">Les décisions de la Commission consultative devaient, en ce qui concernait le choix d&#8217;un emplacement, être ratifiées par le ministre du Commerce, et recevoir plus tard une exécution presque complète.</p>
<p>L autorité militaire avait consenti à l&#8217;occupation du Champ de Mars, mais à la condition qu&#8217;un champ de manoeuvres pour la cavalerie lui serait attribué. Elle songea tout naturellement à demander le champ d&#8217;entraînement de Bagatelle, qui lui avait déjà été prêté en 1878. Un accord intervint à ce sujet avec la Yille de Paris, et l&#8217;emplacement fut accordé sous les réserves suivantes :</p>
<p>1° Pendant toute la durée de l&#8217;occupation, l&#8217;État paierait à la Yille de Paris, pour les dégradations résultant du passage des troupes sur les routes du Bois de Boulogne, une indemnité de 8 000 francs par semestre (l&#8217;Exposition paya de ce chef 48 000 francs à la Yille de Paris).</p>
<p>2° Lorsque l&#8217;occupation aurait pris fin, les frais de remise en état du champ d&#8217;entraînement seraient supportés par l&#8217;Etat.</p>
<p>A ces conditions, imposées par la Ville de Paris, vint s&#8217;en ajouter une autre réclamée par le ministère de la Guerre au ministère du Commerce, à savoir que les installations provisoires nécessaires pour compléter l&#8217;organisation du champ de manoeuvres seraient exécutées aux frais de l&#8217;Exposition.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_1043" class="wp-caption aligncenter" style="width: 395px"><img class="size-full wp-image-1043 " title="exposition universelle 1889-4" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/09/exposition-universelle-1889-4.jpg" alt="exposition universelle 1889 4 Lexposition universelle de Paris 1889" width="385" height="260" /><p class="wp-caption-text">Projet et tour pour l&#39;exposition universelle de Paris 1889</p></div>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;" align="LEFT">Source :</p>
<p><strong>Titre : </strong>Exposition universelle internationale de 1889 à Paris. Monographie. Palais, jardins, constructions diverses, installations générales, par A. Alphand,&#8230; avec le concours de M. Georges Berger,&#8230; Publication achevée sous la direction de M. Alfred Picard,&#8230; accompagnée d&#8217;un atlas de 219 planches. Tome 1</p>
<p><strong>Auteur  : </strong>Berger, Georges (1834-1910)</p>
<p><strong>Auteur  : </strong>Alphand, Adolphe (1817-1891)</p>
<p><strong>Éditeur  : </strong>J. Rothschild (Paris)</p>
<p><strong>Date d&#8217;édition : </strong>1892-1895</p>
<p><strong>Contributeur  : </strong>Exposition internationale (1889 ; Paris). Éditeur scientifique</p>
<p><strong>Sujet  : </strong>Paris, Exposition, 1889</p>
<p><strong>Type  : </strong>monographie imprimée</p>
<p><strong>Langue  : </strong> Français</p>
<p><strong>Format  : </strong>2 tomes en 1 vol. gr. in-8°</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Exposition universelle de Paris, 1878</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Sep 2009 09:17:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1878]]></category>
		<category><![CDATA[exposition universelle]]></category>
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		<description><![CDATA[Présentation de l&#8217;Exposition universelle de Paris (1878) en chanson L&#8217;EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878 Par BALLANDE-FOUGEDOIRE. Thiers, mars 1877 AIR : Toute l&#8217;Europe est sous les armes. La France vient d&#8217;être éprouvée Vendue par ses meilleurs amis, Son industrie est approuvée Même par ses plus ennemis. Malgré ces terribles épreuves Rien n&#8217;appauvrit sa position. Nous allons en donner des preuves Dans notre grande exposition, (bis). REFRAIN Paris la grande capitale. Riche berceau de l&#8217;industrie, Tu fais l&#8217;espoir de la Patrie, Ecoute-moi bien, je l&#8217;en prie, Paris, la cité sans rivale Le monde en convient aujourd&#8217;hui, oui. Nous allons voir l&#8217;année prochaine, Ces couplets sont faits à propos, Transformer les bords de la Seine, En des immenses entrepôts ; C&#8217;est une Exposition nouvelle Le paysan, l&#8217;artiste, l&#8217;ouvrier, Dans cette occasion solennelle. Chacun veut passer le premier (bis) Paris, etc.. Toutes les grandes industries Préparent leurs échantillons, La France avec ses colonies Vient de voter deux cents millions ; On ne parle plus politique. Dans tous les meilleurs ateliers Chaque directeur de fabrique À l&#8217;oeil ouvert sur ses ouvriers, (bis) Paris, etc.. De toutes les parties du monde Tous les peuples les plus actifs, Depuis Arcangel à Golconde, Chacun fait ses préparatifs, Pour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Présentation de l&#8217;Exposition universelle de Paris (1878) en chanson</h2>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<h3 style="text-align: center;">L&#8217;EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1878<br />
Par BALLANDE-FOUGEDOIRE.</h3>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;">
<p style="margin-bottom: 0cm;">Thiers, mars 1877</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>AIR : Toute l&#8217;Europe est sous les armes. </strong></p>
<p>La France vient d&#8217;être éprouvée<br />
Vendue par ses meilleurs amis,<br />
Son industrie est approuvée<br />
Même par ses plus ennemis.<br />
Malgré ces terribles épreuves<br />
Rien n&#8217;appauvrit sa position.<br />
Nous allons en donner des preuves<br />
Dans notre grande exposition, (bis).</p>
<p><em>REFRAIN </em></p>
<p><em>Paris la grande capitale.<br />
Riche berceau de l&#8217;industrie,<br />
Tu fais l&#8217;espoir de la Patrie,<br />
Ecoute-moi bien, je l&#8217;en prie,<br />
Paris, la cité sans rivale<br />
Le monde en convient aujourd&#8217;hui, oui. </em></p>
<p>Nous allons voir l&#8217;année prochaine,<br />
Ces couplets sont faits à propos,<br />
Transformer les bords de la Seine,<br />
En des immenses entrepôts ;<br />
C&#8217;est une Exposition nouvelle<br />
Le paysan, l&#8217;artiste, l&#8217;ouvrier,<br />
Dans cette occasion solennelle.<br />
Chacun veut passer le premier (bis)</p>
<p><em>Paris, etc.. </em></p>
<p>Toutes les grandes industries<br />
Préparent leurs échantillons,<br />
La France avec ses colonies<br />
Vient de voter deux cents millions ;<br />
On ne parle plus politique.<br />
Dans tous les meilleurs ateliers<br />
Chaque directeur de fabrique<br />
À l&#8217;oeil ouvert sur ses ouvriers, (bis)</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc.. </em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">De toutes les parties du monde<br />
Tous les peuples les plus actifs,<br />
Depuis Arcangel à Golconde,<br />
Chacun fait ses préparatifs,<br />
Pour visiter la Capitale.<br />
Partout ça n&#8217;est qu&#8217;un parti pris,<br />
L&#8217;un fait son sac, l&#8217;autre sa malle<br />
Et prend le chemin de Paris, (bis)
</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc.. </em></p>
<p>Rien loin de se faire la guerre,<br />
Chacun donne preuve d&#8217;esprit,<br />
Tous les fabricants de la terre<br />
Tournent leurs regards sur Paris.<br />
Chacun en comprend l&#8217;importance,<br />
Tout le monde sans exception<br />
Se prépare à venir en France,<br />
Prendre part â l&#8217;exposition. (bis).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc.. </em></p>
<p>Nous savons que l&#8217;industrie gagne<br />
Dans toutes les expositions ;<br />
Nous ignorons si l&#8217;Allemagne<br />
Partagera nos intentions,<br />
Qu&#8217;ils viennent donc avec confiance,<br />
Du reste ils s&#8217;en sont aperçut,<br />
Ils savent que chez nous, en France,<br />
Les étrangers sont bien reçus, (bis).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc.. </em></p>
<p>Tous leurs produits comme les autres,<br />
Seront sous notre protection.<br />
Ils seront à cota des nôtres,<br />
Nous leurs porterons attention ;<br />
Nous n&#8217;aurons pas la platitude<br />
De mettre leurs biens en danger,<br />
Nous aurons comme d&#8217;habitude<br />
Tout égard pour les étrangers, (bis):</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc. </em></p>
<p>Les peuples n&#8217;ont plus besoins d&#8217;armes,<br />
Les hommes n&#8217;ont qu&#8217;un seul parti.<br />
Vous avez fait verser des larmes,<br />
Tyrans, vôtre règne est fini<br />
On vous le dit, sauvez vous vite,<br />
Vous êtes de mauvaise foi ;<br />
Nous voulons respecter ensuite,<br />
Ceux qui représentent la loi. (bis)</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc&#8230; </em></p>
<p>Ne fabriquons plus de mitraille,<br />
Travaillons tous pour l&#8217;industrie<br />
Mais ne livrons plus de bataille,<br />
Supprimons cette barbarie,<br />
N&#8217;ayons plus l&#8217;esprit de conquêtes,<br />
Ça donne des mauvais renoms,<br />
Ne forgeons plus de baïonnettes<br />
Et ne fondons plus de canons, (bis).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc. </em></p>
<p>Sauvez-vous, rendez-vous bien compte,<br />
Je vous le répète aujourd&#8217;hui,<br />
Vous mangez, vous n&#8217;avez pas honte,<br />
Vous n&#8217;avez jamais rien produit.<br />
Vous le savez, j&#8217;aime la France,<br />
Je ne pense pas comme vous ;<br />
Si la vérité vous offense,<br />
Allez vivre à cent lieues de nous, (bis)</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>Paris, etc. </em></p>
<p>Suivons les lois de la nature,<br />
Dieu nous créa pour être heureux,<br />
Travaillons pour l&#8217;agriculture,<br />
Nous ne serons pas malheureux ,<br />
Travaillons pour les Républiques<br />
Tout le monde nous aimera.<br />
Faisons du drap des mécaniques<br />
Et le bon Dieu nous bénira (bis).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em><br />
Paris, etc. </em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;"><em><a title="phono cylindre - 007" href="http://www.flickr.com/photos/39468302@N00/358106070/" target="_blank"><img src="http://farm1.static.flickr.com/141/358106070_c8d53d5791.jpg" border="0" alt="358106070 c8d53d5791 Exposition universelle de Paris, 1878"  title="Exposition universelle de Paris, 1878" /></a><br />
<small><a title="Attribution-ShareAlike License" href="http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/" target="_blank"><img src="http://www.promos-pub.com/wp-content/plugins/photo-dropper/images/cc.png" border="0" alt="cc Exposition universelle de Paris, 1878" width="16" height="16" align="absmiddle" title="Exposition universelle de Paris, 1878" /></a> <a href="http://www.photodropper.com/photos/" target="_blank">photo</a> credit: <a title="phonogalerie.com" href="http://www.flickr.com/photos/39468302@N00/358106070/" target="_blank">phonogalerie.com</a></small></em></p>
<p><em> </em></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;
</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Source :</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p><strong>Titre : </strong>L&#8217;Exposition universelle de 1878, par Ballande-Fougedoire</p>
<p><strong>Auteur : </strong>Ballande-Fougedoire, Pierre</p>
<p><strong>Éditeur : </strong>impr. de Grandsaigne (Thiers)</p>
<p><strong>Date d&#8217;édition : </strong>1877</p>
<p><strong>Type : </strong>monographie imprimée</p>
<p><strong>Langue : </strong>Français</p>
<p><strong>Format : </strong>In-fol. plano</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">BNF</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;exposition universelle de Paris, 1855 présentée par le prince Napoléon</title>
		<link>http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/08/31/l-exposition-universelle-de-paris-1855-presentee-par-le-prince-napoleon</link>
		<comments>http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/08/31/l-exposition-universelle-de-paris-1855-presentee-par-le-prince-napoleon#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 08:53:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[textes et sources]]></category>
		<category><![CDATA[1855]]></category>
		<category><![CDATA[exposition universelle]]></category>
		<category><![CDATA[napoléon III]]></category>
		<category><![CDATA[paris]]></category>

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		<description><![CDATA[Exposition Universelle de Paris, 1855 RAPPORT sur L&#8217;EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855, INTRODUCTION, Sire, Je viens mettre sous vos yeux le Rapport général sur L&#8217;exposition universelle de 1855, et compléter ainsi la mission que vous m&#8217;avez donnée. Les détails dans lesquels je vais entrer sont arides, mais ils ont leur utilité; j&#8217;ai cru d&#8217;ailleurs qu&#8217;il ne m&#8217;était permis de rien omettre dans l&#8217;exposé des travaux de la Commission impériale. Votre Majesté reconnaîtra qu&#8217;il a fallu surmonter bien des difficultés pour que cette œuvre, entreprise et réalisée au milieu des préoccupations les plus graves, prît rang parmi les faits mémorables de notre époque. Mon premier devoir est de remercier les hommes de talent qui m&#8217;ont secondé avec tant de dévouement. Je me suis appliqué à rassembler dans ce Rapport les enseignements qu&#8217;on peut puiser dans les expositions passées, et que j&#8217;ai considérés comme les plus propres à indiquer la marche à suivre dans les expositions futures. Les expositions universelles sont une nécessité de notre temps. Sans porter atteinte aux nationalités, éléments essentiels de l&#8217;organisation humaine, elles fortifient les généreuses influences qui convient tous les peuples à l&#8217;harmonie des sentiments et des intérêts. L&#8217;observation qui m&#8217;a frappé tout d&#8217;abord, c&#8217;est que de ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Exposition Universelle de Paris, 1855</h2>
<p style="text-align: center;"><strong>RAPPORT</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>sur</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1855,</strong></p>
<p><strong>INTRODUCTION,</strong></p>
<p>Sire,</p>
<p>Je viens mettre sous vos yeux le Rapport général sur L&#8217;exposition universelle de 1855, et compléter ainsi la mission que vous m&#8217;avez donnée.</p>
<p>Les détails dans lesquels je vais entrer sont arides, mais ils ont leur utilité; j&#8217;ai cru d&#8217;ailleurs qu&#8217;il ne m&#8217;était permis de rien omettre dans l&#8217;exposé des travaux de la Commission impériale.</p>
<p>Votre Majesté reconnaîtra qu&#8217;il a fallu surmonter bien des difficultés pour que cette œuvre, entreprise et réalisée au milieu des préoccupations les plus graves, prît rang parmi les faits mémorables de notre époque. Mon premier devoir est de remercier les hommes de talent qui m&#8217;ont secondé avec tant de dévouement. Je me suis appliqué à rassembler dans ce Rapport les enseignements qu&#8217;on peut puiser dans les expositions passées, et que j&#8217;ai considérés comme les plus propres à indiquer la marche à suivre dans les expositions futures.</p>
<p>Les expositions universelles sont une nécessité de notre temps. Sans porter atteinte aux nationalités, éléments essentiels de l&#8217;organisation humaine, elles fortifient les généreuses influences qui convient tous les peuples à l&#8217;harmonie des sentiments et des intérêts. L&#8217;observation qui m&#8217;a frappé tout d&#8217;abord, c&#8217;est que de ces grands concours jaillit une fois de plus la preuve que les sociétés modernes doivent marcher vers la liberté. En examinant la provenance et l&#8217;origine des richesses étalées sous nos yeux, j&#8217;ai pu constater que la supériorité industrielle d&#8217;une nation dépend par-dessus tout de sa moralité et de son esprit d&#8217;initiative individuel.</p>
<p style="text-align: center;">
<div id="attachment_917" class="wp-caption aligncenter" style="width: 606px"><img class="size-full wp-image-917" title="eu-1855" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/08/eu-1855.jpg" alt="eu 1855 Lexposition universelle de Paris, 1855 présentée par le prince Napoléon" width="596" height="344" /><p class="wp-caption-text">Vue du Palais de l&#39;Exposition universelle de 1855</p></div>
<p>Je tiens à revendiquer pour la France la première idée d&#8217;une Exposition universelle. Dès 1849, la proposition en avait été faite dans nos assemblées législatives. Si l&#8217;Angleterre nous a précédés dans l&#8217;application, il faut l&#8217;attribuer aux événements politiques, à certains intérêts trop faciles à effrayer, et aussi à la différence du génie des deux nations, l&#8217;une plus prompte à concevoir, l&#8217;autre à réaliser. Mais le succès de l&#8217;Exposition universelle de Londres excita notre émulation. A peine les portes du Palais de Cristal étaient-elles closes que de toutes parts on se mit à réclamer pour Paris l&#8217;honneur d&#8217;un semblable concours.</p>
<p>Votre Majesté voulut satisfaire à ce vœu de l&#8217;opinion publique.</p>
<p>Le 8 mars 1853, une Exposition universelle des produits de l&#8217;Industrie fut décrétée; elle devait s&#8217;ouvrir le Ier mai et se fermer le 3o septembre 1855.</p>
<p>Si la France se laisse trop souvent devancer dans la réalisation des idées que son génie fait éclore, elle leur donne, quand elle les applique, un caractère particulier qui les élève et les grandit. C&#8217;est ce que Votre Majesté a prouvé, quand, à l&#8217;Exposition universelle des produits industriels, Elle a joint une Exposition universelle des Beaux-Arts. Le décret qui institue cette Exposition est du 22 juin 1853. Il est précédé de considérants remarquables qui en font ressortir l&#8217;esprit,</p>
<p>La direction des expositions nationales est confiée habituellement à l&#8217;administration de l&#8217;agriculture et du commerce, et à celle des Beaux-Arts. Dans une circonstance aussi importante, et en présence des questions nouvelles qui allaient se présenter, Votre Majesté crut devoir, ainsi que cela avait eu lieu à Londres, nommer une Commission spéciale, que je fus appelé à l&#8217;honneur de présider.</p>
<p>Le décret qui institue la Commission impériale est daté du 2 h décembre 18 5 3 ; il la divise en deux sections : la section des Beaux-Arts et la section de l&#8217;Agriculture et de l&#8217;Industrie.</p>
<p>Sont nommés membres de la section des Beaux-Arts :</p>
<ul>
<li>MM. Baroche, président du Conseil d&#8217;état;</li>
<li>E. Delacroix, peintre, membre de la Commission municipale et départementale de la Seine;</li>
<li>Henriquel-Dupont, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Ingres, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Mérimée, sénateur, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Comte de Morny, député au Corps législatif, membre du conseil supérieur du commerce, de l&#8217;agriculture et de l&#8217;industrie;</li>
<li>Prince de la Moskowa, sénateur;</li>
<li>Duc de Mouchy, sénateur, membre du conseil supérieur du commerce, de l&#8217;agriculture et de l&#8217;industrie;</li>
<li>Marquis de Pastoret, sénateur, membre de l&#8217;Institut ;</li>
<li>MM. De Saulcy, membre de l&#8217;Institut, conservateur du Musée d&#8217;artillerie; Sïmart, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Visconti, membre de l&#8217;Institut, architecte de l&#8217;Empereur.</li>
</ul>
<p>Sont nommés membres de la section de l&#8217;Agriculture et de l&#8217;Industrie :</p>
<ul>
<li>MM. Elie de Beaumont, sénateur, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Billault, président du Corps législatif;</li>
<li>Blanqui, membre de l&#8217;Institut, directeur de l&#8217;École supérieure du commerce;</li>
<li>Michel Chevalier, conseiller d&#8217;Etat, membre de l&#8217;Ins­titut ;</li>
<li>J. Dollfus, manufacturier;</li>
<li>Arlès-Dufour, membre de la chambre de commerce de Lyon;</li>
<li>Dumas, sénateur, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Baron Charles Dupin, sénateur, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Comte de Gasparin, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Gréteriis, conseiller d&#8217;Etat, directeur général des douanes et des contributions indirectes;</li>
<li>Heurtier, conseiller  d&#8217;Etat, directeur  général de l&#8217;Agriculture et du Commerce ;</li>
<li>Legeistil, président de la chambre de commerce de Paris ;</li>
<li>MM. Le Play, ingénieur en chef des mines;</li>
<li>Comte de Lesseps, directeur des consulats et des affaires commerciales au ministère des affaires étrangères ;</li>
<li>Mimerel, sénateur;</li>
<li>Général Morin, membre de l&#8217;Institut, directeur du Conservatoire impérial des arts et métiers;</li>
<li>Emile PEreire, président du conseil d&#8217;administration du chemin de fer du Midi;</li>
<li>Général Poncelet, membre de l&#8217;Institut;</li>
<li>Regnault, membre de l&#8217;Institut, administrateur de la Manufacture impériale de Sèvres;</li>
<li>SAllandrouzi:, manufacturier, député au Corps légis­latif;</li>
<li>Schneider, vice-président du Corps législatif, membre du conseil supérieur du commerce, de l&#8217;agriculture et de l&#8217;industrie;</li>
<li>Baron Achille Seillière; Seydoux, député au Corps législatif; Troplong, président du Sénat, premier président de la Cour de cassation, membre de l&#8217;Institut; Maréchal comte Vaillant, grand maréchal du Palais, sénateur, membre de l&#8217;Institut.</li>
</ul>
<p>En cas d&#8217;absence de ma part, la Commission générale devait être présidée par le ministre d&#8217;État ou par le ministre de l&#8217;agriculture, du commerce et des travaux publics.</p>
<p>En cas de réunion distincte des sections, celle de l&#8217;Industrie devait être présidée par le ministre de l&#8217;agriculture, du commerce et des travaux publics; celle des Beaux-Arts, par le ministre d&#8217;Etat.</p>
<p>Par un décret du 6 avril 1854, l&#8217;ambassadeur d&#8217;Angleterre fut nommé membre de la Commission impériale, comme notre représentant à Londres l&#8217;avait été de la commission anglaise en 1851.</p>
<p>La tâche dévolue à la Commission impériale était  considérable : il fallait pourvoir à ce que l&#8217;appel de la  France rencontrât partout un écho sympathique ; terminer, approprier et compléter les bâtiments nécessaires à l&#8217;Exposition ; faciliter aux artistes et aux industriels les moyens de nous faire parvenir leurs œuvres ou leurs produits; simplifier une foule de difficultés soulevées par notre législation et nos règlements administratifs ; tracer pour un fait exceptionnel tout un ensemble de règles exceptionnelles; organiser de vastes services dont les premiers éléments n&#8217;existaient pas; choisir un personnel pour une administration nouvelle , sans traditions ou avec des précédents qu&#8217;il était essentiel de modifier; veiller aux travaux et aux opérations du jury; distribuer les récompenses de façon à honorer tous les mérites et à ne froisser aucune juste susceptibilité; faire enfin grandement les honneurs de la France à tous les peuples du globe, dont Paris serait pendant six mois le rendez-vous.</p>
<p>L&#8217;ensemble des travaux de la Commission impériale embrasse une période de plus de deux années. Ma présidence effective n&#8217;a duré que quatre mois en 1854 et les dix derniers mois de 18 5 5. Votre Majesté m&#8217;ayant appelé à l&#8217;honneur de servir la France, en commandant une division de l&#8217;armée d&#8217;Orient, j&#8217;ai été absent du Ier avril 1854 au Ier février i 855. Ce qui a été fait dans cet intervalle échappe, par conséquent, à ma responsabilité. C&#8217;est pendant ce temps que surgissait la question si grave des bâtiments; je l&#8217;ai trouvée engagée à mon retour.</p>
<p>Je m&#8217;empresse de reconnaître que les plus louables efforts ont été faits par la Commission impériale pour tirer parti d&#8217;une situation difficile. Mais, en me plaçant à la tète de l&#8217;Exposition universelle, Votre Majesté na pas voulu seulement m&#8217;accorder une marque de confiance, Elle a prétendu me fournir la possibilité d&#8217;être utile à la France, et je tiens à marquer nettement dans quelles limites il m&#8217;a été donné de remplir mon mandat.</p>
<p>Le compte rendu que je présente à Votre Majesté doit être la représentation fidèle du développement de l&#8217;Exposition universelle; il doit la prendre à son origine, décrire toutes ses transformations, la suivre dans ses progrès successifs, pour la conduire jusqu&#8217;au moment où elle cesse, et indiquer enfin les conséquences qui en résultent et les enseignements qu&#8217;elle a laissés après elle. Ces considérations m&#8217;ont conduit à diviser ce travail en cinq parties correspondant aux périodes que je viens d&#8217;indiquer.</p>
<p>La première partie, que j&#8217;appelle de Constitution et d&#8217;Organisation, comprend la discussion des règlements, l&#8217;établissement de l&#8217;administration, l&#8217;organisation des comités français et étrangers et du jury international; en un mot, tout ce qui concerne la législation et la préparation de l&#8217;Exposition universelle.</p>
<p>La seconde partie, celle de l&#8217;installation, comprend les travaux relatifs à la question des bâtiments, à la répartition de l&#8217;espace, à l&#8217;installation et à l&#8217;arrangement des œuvres d&#8217;art et des produits, aux mesures d&#8217;ordre et de surveillance, en général à tout ce qui touche à l&#8217;aménagement.</p>
<p>La troisième partie comprend les travaux relatifs à f Appréciation et aux Récompenses, c&#8217;est-à-dire les opérations du Jury international, les expériences et études, les décisions relatives aux récompenses.</p>
<p>La quatrième partie, qui est la Liquidation, renferme tous les travaux destinés à clore l&#8217;Exposition universelle.</p>
<p>J&#8217;ai, enfin, complété mon travail par des observations que l&#8217;expérience m&#8217;a suggérées et qui peuvent servit&#8217; d&#8217;enseignement pour les Expositions futures. Ce sont des considérations générales, dont quelques-unes touchent aux questions les plus délicates de l&#8217;économie des sociétés ; je les ai groupées dans la cinquième et dernière partie, qui forme la Conclusion de ce Rapport.</p>
<p>Veuillez agréer, Sire, l&#8217;hommage du profond et respectueux attachement avec lequel je suis,</p>
<p>De Votre Majesté,</p>
<p>Le très-dévoué cousin.</p>
<p>NAPOLÉON.</p>
<p>Souce CNAM</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Publicité pour une curieuse assurance durant le siège de Paris (1870-1871) !</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jul 2009 08:08:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[1870]]></category>
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		<category><![CDATA[assurance]]></category>
		<category><![CDATA[guerre]]></category>
		<category><![CDATA[paris]]></category>

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		<description><![CDATA[Une publicité pour une assurance lors du siège de Paris (1870-1871) Association Mutuelle DES RISQUES DU SIEGE DE PARIS AUTORISÉE PAR DÉCRET DU GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE En date du 15 Septembre 1870. Paris, le 7 Octobre 4870. MONSIEUR, Je crois de votre intérêt d&#8217;appeler votre attention sur les services que peut rendre l&#8217;Association Mutuelle des Risques du Siége de Paris, fondée en vertu d&#8217;un décret en date du 15 Septembre 1870. Les Compagnies d&#8217;assurances contre l&#8217;incendie ne remboursant pas les sinistres causés par les faits de guerre, c&#8217;est pour combler cette lacune que l&#8217;Association a été fondée. Dans la première zone comprise, en dedans des boulevards intérieurs, on paie comptant cinquante centimes pour une assurance de mille francs. Dans la deuxième zone (entre les boulevards intérieurs et les anciens boulevards extérieurs), on paie comptant un franc pour une assurance de mille francs. Dans la troisième zone (territoire annexé), on paie comptant un franc cinquante centimes pour une assurance de mille francs. Même en cas de graves sinistres, la cotisation ne peut jamais excéder 1 pour cent dans la première zone, 2 pour cent dans la deuxième zone, et 3 pour cent dans la troisième zone. Au cas où [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1 style="text-align: left;">Une publicité pour une assurance lors du siège de Paris (1870-1871)</h1>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">Association Mutuelle</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">DES</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">RISQUES DU SIEGE DE PARIS</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">AUTORISÉE PAR DÉCRET</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"> </span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">DU GOUVERNEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;">En date du 15 Septembre 1870.</span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"><img class="size-full wp-image-687  aligncenter" title="Une publicité curieuse pendant le siège de Paris (1870-1871)" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/07/publicite-siege-paris.jpg" alt="publicite siege paris Publicité pour une curieuse assurance durant le siège de Paris (1870 1871) !" width="527" height="697" /></span></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="font-size: medium;"><br />
</span></strong>
</p>
<p style="text-align: left;">Paris, le 7 Octobre 4870.</p>
<p style="text-align: left;">MONSIEUR,</p>
<p style="text-align: left;">Je crois de votre intérêt d&#8217;appeler votre attention sur les services que peut rendre l&#8217;Association Mutuelle des Risques du Siége de Paris, fondée en vertu d&#8217;un décret en date du 15 Septembre 1870.</p>
<p style="text-align: left;">Les Compagnies d&#8217;assurances contre l&#8217;incendie ne remboursant pas les sinistres causés par les faits de guerre, c&#8217;est pour combler cette lacune que l&#8217;Association a été fondée.</p>
<p style="text-align: left;">Dans la première zone comprise, en dedans des boulevards intérieurs, on paie comptant cinquante centimes pour une assurance de mille francs.</p>
<p style="text-align: left;">Dans la deuxième zone (entre les boulevards intérieurs et les anciens boulevards extérieurs), on paie comptant un franc pour une assurance de mille francs.</p>
<p style="text-align: left;">Dans la troisième zone (territoire annexé), on paie comptant un franc cinquante centimes pour une assurance de mille francs.</p>
<p style="text-align: left;">Même en cas de graves sinistres, la cotisation ne peut jamais excéder 1 pour cent dans la première zone, 2 pour cent dans la deuxième zone, et 3 pour cent dans la troisième zone.</p>
<p style="text-align: left;">Au cas où il n&#8217;y aurait pas de bombardement, l&#8217;Administration étant absolument gratuite, il n&#8217;y aurait à prélever que les frais déboursés, et la presque totalité du versement serait restituée.</p>
<p style="text-align: left;">L&#8217;Association garantit à ce jour (7 Octobre), 250 millions de valeurs divisées en 3,000 risques répartis presque également dans chacune des trois zones.</p>
<p style="text-align: left;">Les fonds versés sont déposés à la Banque de France, au Crédit Foncier et au Comptoir d&#8217;Escompte.</p>
<p style="text-align: left;">Veuillez agréer, Monsieur, l&#8217;assurance de mes sentiments distingués,</p>
<p style="text-align: left;">LE DIRECTEUR,</p>
<p style="text-align: left;">Amédée THOURET.</p>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La publicité sous la Restauration en France (1814-1830)</title>
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		<pubDate>Mon, 02 Mar 2009 17:19:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[parfumerie]]></category>
		<category><![CDATA[paris]]></category>
		<category><![CDATA[publicité et plv]]></category>
		<category><![CDATA[réclame]]></category>

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		<description><![CDATA[César Birotteau fait campagne publicitaire pour la&#160;&#187;DOUBLE PATE DES SULTANES ET EAU CARMINATIVE&#160;&#187; Poursuivant notre étude des textes des grands auteurs présentant tel ou tel aspect du commerce ou de la publicité il ne nous était pas possible d&#8217;ignorer BALZAC qui décrivit dans plusieurs de ses romans tel ou tel aspect de la France commerciale et industrielle de la première moitié du XIXe siècle. L&#8217;extrait qui suit provient du roman : HISTOIRE DE LA GRANDEUR ET DE LA DÉCADENCE DE CÉSAR BIROTTEAU. On notera que les préoccupations de César Biroteau en matière de publicité comme dans le domaine de la lutte contre la contrefaçon sont très contemporaines. &#160;&#187; Birotteau appela ce cosmétique la Double Pâte des Sultanes. Afin de compléter l&#8217;oeuvre, il appliqua le procédé de la pâte pour les mains à une eau pour le teint qu&#8217;il nomma l&#8217;Eau Carminative. Il imita dans sa partie le système du Petit-Matelot, il déploya, le premier d&#8217;entre les parfumeurs, ce luxe d&#8217;affiches, d&#8217;annonces et de moyens de publication que l&#8217;on nomme peut-être injustement charlatanisme. La Pâte des Sultanes et l&#8217;Eau Carminative se produisirent dans l&#8217;univers galant et commercial par des affiches coloriées, en tête desquelles étaient ces mots : Approuvées par l&#8217;Institut ! [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1>César Birotteau fait campagne publicitaire</h1>
<h1>pour la&nbsp;&raquo;DOUBLE PATE DES SULTANES ET EAU</h1>
<h1>CARMINATIVE&nbsp;&raquo;</h1>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-72" title="honore-de-balzac" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/03/honore-de-balzac.jpg" alt="honore de balzac La publicité sous la Restauration en France (1814 1830)" width="225" height="289" /></p>
<p>Poursuivant notre étude des textes des grands auteurs présentant tel ou tel aspect du commerce ou de la publicité il ne nous était pas possible d&#8217;ignorer BALZAC qui décrivit dans plusieurs de ses romans tel ou tel aspect de la France commerciale et industrielle de la première moitié du XIXe siècle.</p>
<p>L&#8217;extrait qui suit provient du roman : HISTOIRE DE LA GRANDEUR ET DE LA DÉCADENCE DE CÉSAR BIROTTEAU. On notera que les préoccupations de César Biroteau en matière de publicité comme dans le domaine de la lutte contre la contrefaçon sont très contemporaines.</p>
<p>&nbsp;&raquo; Birotteau appela ce cosmétique la Double Pâte des Sultanes. Afin de compléter l&#8217;oeuvre, il appliqua le procédé de la pâte pour les mains à une eau pour le teint qu&#8217;il nomma l&#8217;Eau Carminative. Il imita dans sa partie le système du Petit-Matelot, il déploya, le premier d&#8217;entre les parfumeurs, ce luxe d&#8217;affiches, d&#8217;annonces et de moyens de publication que l&#8217;on nomme peut-être injustement charlatanisme. La Pâte des Sultanes et l&#8217;Eau Carminative se produisirent dans l&#8217;univers galant et commercial par des affiches coloriées, en tête desquelles étaient ces mots : <em>Approuvées par l&#8217;Institut</em> ! Cette formule, employée pour la première fois, eut un effet magique. Non-seulement la France, mais le continent fut pavoisé d&#8217;affiches jaunes, rouges, bleues, par le souverain de la Reine des Roses qui tenait, fournissait et fabriquait, à des prix modérés, tout ce qui concernait sa partie. A une époque où l&#8217;on ne parlait que de l&#8217;Orient, nommer un cosmétique quelconque Pâte des Sultanes, en devinant la magie exercée par ces mots dans un pays où tout homme tient autant à être sultan que la femme à devenir sultane, était une inspiration qui pouvait venir à un homme ordinaire comme à un homme d&#8217;esprit ; mais le public jugeant toujours les résultats, Birotteau passa d&#8217;autant plus pour un homme supérieur, commercialement parlant, qu&#8217;il rédigea lui-même un prospectus dont la ridicule phraséologie fut un élément de succès : en France, on ne rit que des choses et des hommes dont on s&#8217;occupe, et personne ne s&#8217;occupe de ce qui ne réussit point. Quoique Birotteau n&#8217;eût pas joué sa bêtise, on lui donna le talent de savoir faire la bête à propos. Il s&#8217;est retrouvé, non sans peine, un exemplaire de ce prospectus dans la maison Popinot et compagnie, droguistes, rue des Lombards. Cette pièce curieuse est au nombre de celles que, dans un cercle plus élevé, les historiens intitulent <em>pièces justificatives</em>. La voici donc :</p>
<p align="center">DOUBLE PATE DES SULTANES ET EAU CARMINATIVE<br />
DE CESAR BIROTTEAU,<br />
DECOUVERTE MERVEILLEUSE<br />
APPROUVEE PAR L&#8217;INSTITUT DE  FRANCE.</p>
<p><em>Depuis long-temps une pâte pour les mains et une eau pour le visage, donnant un résultat supérieur à celui obtenu par l&#8217;Eau de Cologne dans l&#8217;oeuvre de la toilette, étaient généralement désirées par les deux sexes en Europe. Après avoir consacré de longues veilles à l&#8217;étude du derme et de l&#8217;épiderme chez les deux sexes, qui, l&#8217;un comme l&#8217;autre, attachent avec raison le plus grand prix à la douceur, à la souplesse, au brillant, au velouté de la peau, le sieur Birotteau, parfumeur avantageusement connu dans la capitale et à l&#8217;étranger, a découvert une Pâte et une Eau à juste titre nommées, dès leur apparition, merveilleuses par les élégants et par les élégantes de Paris. En effet, cette Pâte et cette Eau possèdent d&#8217;étonnantes propriétés pour agir sur la peau, sans la rider prématurément, effet immanquable des drogues employées inconsidérément jusqu&#8217;à ce jour et inventées par d&#8217;ignorantes cupidités. Cette découverte repose sur la division des tempéraments qui se rangent en deux grandes classes indiquées par la couleur de la Pâte et de l&#8217;Eau, lesquelles sont roses pour le derme et l&#8217;épiderme des personnes de constitution lymphatique, et blanches pour ceux des personnes qui jouissent d&#8217;un tempérament sanguin. Cette Pâte est nommée</em> Pâte des Sultanes, <em>parce que cette découverte avait déjà été faite pour le sérail par un médecin arabe. Elle a été approuvée par l&#8217;Institut sur le rapport de notre illustre chimiste</em> VAUQUELIN, <em>ainsi que l&#8217;Eau établie sur les principes qui ont dicté la composition de la Pâte. </em></p>
<p><em>Cette précieuse Pâte, qui exhale les plus doux parfums, fait donc disparaître les taches de rousseur les plus rebelles, blanchit les épidermes les plus récalcitrants, et dissipe les sueurs de la main dont se plaignent les femmes non moins que les hommes</em>.</p>
<p>L&#8217;Eau carminative <em>enlève ces légers boutons qui, dans certains moments, surviennent inopinément aux femmes, et contrarient leurs projets pour le bal, elle rafraîchit et ravive les couleurs en ouvrant ou fermant les pores selon les exigences du tempérament ; elle est si connue déjà pour arrêter les outrages du temps que beaucoup de dames l&#8217;ont, par reconnaissance, nommée</em> L&#8217;AMIE DE LA BEAUTE.  <em>L&#8217;eau de Cologne est purement et simplement un parfum banal sans efficacité spéciale, tandis que la</em> Double Pâte des Sultanes <em>et</em> l&#8217;Eau Carminative <em>sont deux compositions opérantes, d&#8217;une puissance motrice agissant sans danger sur les qualités internes et les secondant ; leurs odeurs essentiellement balsamiques et d&#8217;un esprit divertissant réjouissent le coeur et le cerveau admirablement, charment les idées et les réveillent ; elles sont aussi étonnantes par leur mérite que par leur simplicité ; enfin, c&#8217;est un attrait de plus offert aux femmes, et un moyen de séduction que les hommes peuvent acquérir. </em></p>
<p><em>L&#8217;usage journalier de l&#8217;Eau dissipe les cuissons occasionnées par le feu du rasoir ; elle préserve également les lèvres de la gerçure et les maintient rouges ; elle efface naturellement à la longue les taches de rousseur et finit par redonner du ton aux chairs. Ces effets annoncent toujours en l&#8217;homme un équilibre parfait entre les humeurs, ce qui tend à délivrer les personnes sujettes à la migraine de cette horrible maladie. Enfin</em>, l&#8217;Eau Carminative, <em>qui peut être employée par les femmes dans toutes leurs toilettes, prévient les affections cutanées en ne gênant pas la transpiration des tissus, tout en leur communiquant un velouté persistant. </em></p>
<p><em>S&#8217;adresser, franc de port, à</em> monsieur CESAR BIROTTEAU, <em>successeur de Ragon, ancien parfumeur de la reineMarie-Antoinette, à la Reine des Roses, rue Saint-Honoré à Paris, près la place Vendôme</em>. Le prix du pain de Pâte est de trois livres, et celui de la bouteille est de six livres.<br />
Monsieur César Birotteau, pour éviter toutes les contrefaçons, prévient le public que la Pâte est enveloppée d&#8217;un papier portant sa signature, et que les bouteilles ont un cachet incrusté dans le verre.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong><span class="b">HISTOIRE DE LA GRANDEUR ET DE LA DECADENCE DE CESAR BIROTTEAU</span></strong><br />
(Volume 10) Études de moeurs.  Scènes de la vie parisienne. Balzac. La Condition humaine. Edition critique en ligne.<br />
<strong>Source :</strong> <span class="rge">La publication en mode texte de la <a href="http://www.v1.paris.fr/musees/balzac/furne/presentation.htm" target="_blank">première édition                   de <span class="i">La Comédie humaine</span></a> (dite édition                   Furne, 1842-1855), paginée et encodée,                   est le fruit d’un                   partenariat entre le Groupe International de Recherches Balzaciennes,                   la                   Maison                   de Balzac (musée de la Ville de Paris) et le                   groupe ARTFL de l’Université de                   Chicago.</span></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Paris quotidien à la fin du XVIIeme siècle : &#171;&#160;les embarras de Paris&#160;&#187; de Nicolas Boileau</title>
		<link>http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/02/22/paris-quotidien-a-la-fin-du-xviieme-siecle-les-embarras-de-paris-de-nicolas-boileau</link>
		<comments>http://www.promos-pub.com/textes-et-sources/2009/02/22/paris-quotidien-a-la-fin-du-xviieme-siecle-les-embarras-de-paris-de-nicolas-boileau#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2009 00:44:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[paris]]></category>
		<category><![CDATA[vie quotidienne]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris et sa vie quotidienne commerçante, citoyenne ou chalande sous Louis XIV. Nicolas Boileau (Année de naissance : 1636 &#8211; Lieu de naissance : Paris &#8211; Année du décès : 1711 -Lieu du décès : Paris) écrivain français trace un portrait saisissant de vie d&#8217;un quartier de Paris à la fin du XVIIe siècle où l&#8217;on retrouve les bruits, les couleurs et les odeurs de la capitale sous le règne du roi Louis XIV. &#171;&#160;Qui frappe l&#8217;air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu&#8217;on se couche à Paris ? Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières, Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ? J&#8217;ai beau sauter du lit, plein de trouble et d&#8217;effroi, Je pense qu&#8217;avec eux tout l&#8217;enfer est chez moi : L&#8217;un miaule en grondant comme un tigre en furie ; L&#8217;autre roule sa voix comme un enfant qui crie. Ce n&#8217;est pas tout encor : les souris et les rats Semblent, pour m&#8217;éveiller, s&#8217;entendre avec les chats, Plus importuns pour moi, durant la nuit obscure, Que jamais, en plein jour, ne fut l&#8217;abbé de Pure. Tout conspire à la fois à troubler mon repos, Et je me plains ici du moindre de mes maux : Car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h1>Paris et sa vie quotidienne commerçante, citoyenne ou chalande sous Louis XIV.</h1>
<div id="attachment_53" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-53" title="boileau" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/02/boileau.jpg" alt="boileau Paris quotidien à la fin du XVIIeme siècle : les embarras de Paris de Nicolas Boileau" width="450" height="841" /><p class="wp-caption-text">Frontispice de l&#39;Edition des Satires</p></div>
<p>Nicolas Boileau (<strong>Année de naissance : </strong>1636 &#8211; <strong>Lieu de naissance : </strong>Paris &#8211; <strong>Année du décès : </strong>1711 -<strong>Lieu du décès : </strong>Paris) écrivain français trace un portrait saisissant de vie d&#8217;un quartier de Paris à la fin du XVIIe siècle où l&#8217;on retrouve les bruits, les couleurs et les odeurs de la capitale sous le règne du roi Louis XIV.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Qui frappe l&#8217;air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ?<br />
Est-ce donc pour veiller qu&#8217;on se couche à Paris ?<br />
Et quel fâcheux démon, durant les nuits entières,<br />
Rassemble ici les chats de toutes les gouttières ?<br />
J&#8217;ai beau sauter du lit, plein de trouble et d&#8217;effroi,<br />
Je pense qu&#8217;avec eux tout l&#8217;enfer est chez moi :<br />
L&#8217;un miaule en grondant comme un tigre en furie ;<br />
L&#8217;autre roule sa voix comme un enfant qui crie.<br />
Ce n&#8217;est pas tout encor : les souris et les rats<br />
Semblent, pour m&#8217;éveiller, s&#8217;entendre avec les chats,<br />
Plus importuns pour moi, durant la nuit obscure,<br />
Que jamais, en plein jour, ne fut l&#8217;abbé de Pure.</p>
<p>Tout conspire à la fois à troubler mon repos,<br />
Et je me plains ici du moindre de mes maux :<br />
Car à peine les coqs, commençant leur ramage,<br />
Auront des cris aigus frappé le voisinage<br />
Qu&#8217;un affreux serrurier, laborieux Vulcain,<br />
Qu&#8217;éveillera bientôt l&#8217;ardente soif du gain,<br />
Avec un fer maudit, qu&#8217;à grand bruit il apprête,<br />
De cent coups de marteau me va fendre la tête.<br />
J&#8217;entends déjà partout les charrettes courir,<br />
Les maçons travailler, les boutiques s&#8217;ouvrir :<br />
Tandis que dans les airs mille cloches émues<br />
D&#8217;un funèbre concert font retentir les nues ;<br />
Et, se mêlant au bruit de la grêle et des vents,<br />
Pour honorer les morts font mourir les vivants.<br />
Encor je bénirais la bonté souveraine,<br />
Si le ciel à ces maux avait borné ma peine ;<br />
Mais si, seul en mon lit, je peste avec raison,<br />
C&#8217;est encor pis vingt fois en quittant la maison ;<br />
En quelque endroit que j&#8217;aille, il faut fendre la presse<br />
D&#8217;un peuple d&#8217;importuns qui fourmillent sans cesse.<br />
L&#8217;un me heurte d&#8217;un ais dont je suis tout froissé ;<br />
Je vois d&#8217;un autre coup mon chapeau renversé.<br />
Là, d&#8217;un enterrement la funèbre ordonnance<br />
D&#8217;un pas lugubre et lent vers l&#8217;église s&#8217;avance ;<br />
Et plus loin des laquais l&#8217;un l&#8217;autre s&#8217;agaçants,<br />
Font aboyer les chiens et jurer les passants.<br />
Des paveurs en ce lieu me bouchent le passage ;<br />
Là, je trouve une croix de funeste présage,<br />
Et des couvreurs grimpés au toit d&#8217;une maison<br />
En font pleuvoir l&#8217;ardoise et la tuile à foison.<br />
Là, sur une charrette une poutre branlante<br />
Vient menaçant de loin la foule qu&#8217;elle augmente ;<br />
Six chevaux attelés à ce fardeau pesant<br />
Ont peine à l&#8217;émouvoir sur le pavé glissant.<br />
D&#8217;un carrosse en tournant il accroche une roue,<br />
Et du choc le renverse en un grand tas de boue :<br />
Quand un autre à l&#8217;instant s&#8217;efforçant de passer,<br />
Dans le même embarras se vient embarrasser.<br />
Vingt carrosses bientôt arrivant à la file<br />
Y sont en moins de rien suivis de plus de mille ;<br />
Et, pour surcroît de maux, un sort malencontreux<br />
Conduit en cet endroit un grand troupeau de boeufs ;<br />
Chacun prétend passer ; l&#8217;un mugit, l&#8217;autre jure.  Des mulets en sonnant augmentent le murmure.<br />
Aussitôt cent chevaux dans la foule appelés<br />
De l&#8217;embarras qui croit ferment les défilés,<br />
Et partout les passants, enchaînant les brigades,<br />
Au milieu de la paix font voir les barricades.<br />
On n&#8217;entend que des cris poussés confusément :<br />
Dieu, pour s&#8217;y faire ouïr, tonnerait vainement.<br />
Moi donc, qui dois souvent en certain lieu me rendre,<br />
Le jour déjà baissant, et qui suis las d&#8217;attendre,<br />
Ne sachant plus tantôt à quel saint me vouer,<br />
Je me mets au hasard de me faire rouer.<br />
Je saute vingt ruisseaux, j&#8217;esquive, je me pousse ;<br />
Guénaud sur son cheval en passant m&#8217;éclabousse,<br />
Et, n&#8217;osant plus paraître en l&#8217;état où je suis,<br />
Sans songer où je vais, je me sauve où je puis.</p>
<p>Tandis que dans un coin en grondant je m&#8217;essuie,<br />
Souvent, pour m&#8217;achever, il survient une pluie :<br />
On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau,<br />
Veuille inonder ces lieux d&#8217;un déluge nouveau.<br />
Pour traverser la rue, au milieu de l&#8217;orage,<br />
Un ais sur deux pavés forme un étroit passage ;<br />
Le plus hardi laquais n&#8217;y marche qu&#8217;en tremblant :<br />
Il faut pourtant passer sur ce pont chancelant ;<br />
Et les nombreux torrents qui tombent des gouttières,<br />
Grossissant les ruisseaux, en ont fait des rivières.<br />
J&#8217;y passe en trébuchant ; mais malgré l&#8217;embarras,<br />
La frayeur de la nuit précipite mes pas.<br />
Car, sitôt que du soir les ombres pacifiques<br />
D&#8217;un double cadenas font fermer les boutiques ;<br />
Que, retiré chez lui, le paisible marchand<br />
Va revoir ses billets et compter son argent ;<br />
Que dans le Marché-Neuf tout est calme et tranquille,<br />
Les voleurs à l&#8217;instant s&#8217;emparent de la ville.<br />
Le bois le plus funeste et le moins fréquenté<br />
Est, au prix de Paris, un lieu de sûreté.<br />
Malheur donc à celui qu&#8217;une affaire imprévue<br />
Engage un peu trop tard au détour d&#8217;une rue !<br />
Bientôt quatre bandits lui serrent les côtés :<br />
La bourse ! &#8230; Il faut se rendre ; ou bien non, résistez,<br />
Afin que votre mort, de tragique mémoire,<br />
Des massacres fameux aille grossir l&#8217;histoire.<br />
Pour moi, fermant ma porte et cédant au sommeil,<br />
Tous les jours je me couche avecque le soleil ;<br />
Mais en ma chambre à peine ai-je éteint la lumière,<br />
Qu&#8217;il ne m&#8217;est plus permis de fermer la paupière.<br />
Des filous effrontés, d&#8217;un coup de pistolet,<br />
Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet ;<br />
J&#8217;entends crier partout: Au meurtre ! On m&#8217;assassine !<br />
Ou : Le feu vient de prendre à la maison voisine !<br />
Tremblant et demi-mort, je me lève à ce bruit,<br />
Et souvent sans pourpoint je cours toute la nuit.<br />
Car le feu, dont la flamme en ondes se déploie,<br />
Fait de notre quartier une seconde Troie,<br />
Où maint Grec affamé, maint avide Argien,<br />
Au travers des charbons va piller le Troyen.<br />
Enfin sous mille crocs la maison abîmée<br />
Entraîne aussi le feu qui se perd en fumée.</p>
<p>Je me retire donc, encor pâle d&#8217;effroi ;<br />
Mais le jour est venu quand je rentre chez moi.<br />
Je fais pour reposer un effort inutile :<br />
Ce n&#8217;est qu&#8217;à prix d&#8217;argent qu&#8217;on dort en cette ville.<br />
Il faudrait, dans l&#8217;enclos d&#8217;un vaste logement,<br />
Avoir loin de la rue un autre appartement.</p>
<p>Paris est pour un riche un pays de Cocagne :<br />
Sans sortir de la ville, il trouve la campagne ;<br />
Il peut dans son jardin, tout peuplé d&#8217;arbres verts,<br />
Recéler le printemps au milieu des hivers ;<br />
Et, foulant le parfum de ses plantes fleuries,<br />
Aller entretenir ses douces rêveries.</p>
<p>Mais moi, grâce au destin, qui n&#8217;ai ni feu ni lieu,<br />
Je me loge où je puis et comme il plaît à Dieu.&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Satire VI</p>
<p>(Recueil : Satires)</p>
<p>Texte : Inlibroveritas</p>
<div id="attachment_56" class="wp-caption aligncenter" style="width: 473px"><img class="size-full wp-image-56" title="Marché-Paris" src="http://www.promos-pub.com/wp-content/uploads/2009/02/marche_paris_xvii2.jpg" alt="marche paris xvii2 Paris quotidien à la fin du XVIIeme siècle : les embarras de Paris de Nicolas Boileau" width="463" height="287" /><p class="wp-caption-text">Scène de marché à Paris à la fin du XVIIe siècle</p></div>
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