Exposition universelle de Paris, 1867

EXPOSITION UNIVERSELLE

Le Palais de l’Exposition

« Le Palais de l’Exposition universelle de 1867 s’élève au milieu du Champ-de-Mars; il occupe un espace de 140.588 mètres, plus de 14 hectares de terrain! Le terrain de la dernière Exposition, à Londres, n’occupait qu’une surface de 120.000 mètres : c’est donc une augmentation de 26.000 mètres en faveur de l’Exposition de 1867, à Paris.

Exposition Universelle de 1867

Exposition Universelle de 1867

A l’extérieur, le Palais représente un immense cirque d’un kilomètre et demi de tour; ce cirqueest soutenu par des colonnades qui forment galeries tout alentour.

Sa façade principale est tournée vers les hauteurs du Trocadéro et regarde le pont d’Iéna; c’est dece côté que s’ouvre la porto d’honneur. Le visiteur s’engage en entrant dans un vestibule de 25 mètres de largeur, lequel conduit à un jardin anglais occupant le centre du Palais : ce vestibule traverse le jardin et forme une galerie couverte allant d’une extrémité du Parc à l’autre, et destinée, en cas de mauvais temps, à mettre les visiteurs à l’abri.

Ce jardin central dont nous vouons de parler est entouré d’un immense portique sous lequel tous les premiers produits de l’industrie humaine sont exposés : outils et instruments primitifs, silex travaillé, ossements sculptés, etc., etc.

L’exposition est divisée en dix groupes : chaque groupe de produits a une galerie circulaire spéciale correspondant au numéro du groupe, de telle sorte qu’on trouvera aussi facilement l’exposition d’un produit qu’on trouve le numéro d’une rue.

Afin que les exposants aient tous une place également favorable et également visitée, les galeries sont toutes disposées autour d’un centre commun et rayonnent du centre à la circonférence : de plus, leurs angles sont supprimés et forment ellipse ; de cette façon les visiteurs ne pourront, comme dans les Expositions précédentes, délaisser l’extrémité des galeries.

Au-dessus de ces galeries s’élève une seconde galerie couverte qui sert de promenade.

Là sont des établissements publics de tout genre et de tout pays : cafés de toutes les nations, brasseries, tavernes hollandaises, belges, anglaises, posadas espagnoles, cuisines, laboratoires, pâtisseries, confiseries, etc. On trouvera dans ces établissements modèles des échantillons de tous les mets et de toutes les boissons de l’univers. .

Le Parc

Le bâtiment du Palais de l’Exposition est entouré d’un Parc dessiné dans le genre anglais et qui, comme les pelouses des Champs-Elysées, est coupé par des massifs de verdure et de fleurs. Une grande allée circulaire s’ouvre au milieu de ce parc le divise en deux parties égales.

Plan de l'Exposition universelle de 1867

Plan de l'Exposition universelle de 1867

Dans la première partie, celle entourant le Palais de l’Exposition, les jeux, les théâtres et les divertissements de toutes sortes sont venus s’établir en grand nombre : Grand Théâtre international, spectacle de funambules, salles de concerts, salles de conférences, casinos, marionnettes françaises et italiennes, spectacle de Guignol, pantomimes, ombres chinoises, lanternes magiques, prestidigitations, cirques équestres avec des danseurs de corde, clowns anglais et acrobates; enfin mille exhibitions curieuses et amusantes donnent à cette partie du Parc une animation donton peut se faire une idée.

La plus grande curiosité de l’Exposition, dit un chroniqueur, ce sera peut-être la seconde moitié du

Parc du Champ-de-Mars, rendez-vous pittoresque de toutes les habitations humaines et publiques, privées, princières, agricoles, industrielles.

La Chine exposera une tour de porcelaine, un bazar, un café et un débit de boissons ;

Le Japon, une maison de bambous, des kiosques et le pavillon de chasse du prince Stazouiz ;

La Perse, des kiosques variés et une fabrique d’opium ;

L’Egypte, le pavillon du vice-roi et divers types de maisons ;

La Régence de Tunis, la tente du bey et un caravansérail ;

Le Maroc, la tente du vice-roi et celle de ses gardes ;

L’Italie, des maisons napolitaines et une maison du pays de Tarcou ;

Les Etats pontificaux, le produit des fouilles du mont Aventin ;

Là se feront vis-à-vis les spécimens les plus curieux d’habitations de tout pays et de toute espèce : huttes de terre et de branchage, cabanes norvégiennes, américaines et africaines, chaumières de Russie et de l’Estramadure, fermes allemandes, chalets suisses, étables souterraines de Roumanie.

On trouvera des modèles d’habitations ouvrières, des établissements perfectionnés de boulangerie,carrosserie, imprimerie, verrerie, taillerie de diamant, des fabriques de vêtements, agricoles, des serres, un palais de cristal, un diorama botanique, une magnanerie, des aquariums d’eau de mer et d’eau douce, des pavillons de photographie, de photosculpture, des théâtres…. Il y aura même une très-belle piste à double voie destinée à l’essai des chevaux et des voitures.

Plan du palais central de l'Exposition universelle de 1867

Plan du palais central de l'Exposition universelle de 1867

De cette partie du Parc, deux allées conduisent le visiteur sûr les bords de la Seine. Deux ponts jetés sur le quai et au-dessus de ces allées laissent libre la circulation. On pourra débarquer directement dans l’enceinte de l’Exposition, soit que l’on arrive par les bateaux à vapeur ou par le chemin de fer.

A l’heure où nous écrivons, d’immenses préparatifs se font dans Paris pour recevoir les milliers de  visiteurs qui viendront assister à cette grande fête universelle que donne la France à tous les peuples civilisés.

L’Exposition ouvrira le 1er avril 1867.

Elle fermera le 31 octobre de la même année.

EXTRAIT DU RÈGLEMENT GÉNÉRAL

– DÉLIBÉRÉ LE 7 JUILLET 1865, APPROUVÉ PAR DÉCRET IMPÉRIAL DU 12 JUILLET

PREMIERE SECTION

DISPOSITIONS GÉNÉRALES ET SYSTÈME DE CLASSIFICATION

Article Ier. — L’Exposition universelle, instituée à Paris pour l’année 1867, recevra les oeuvres d’art et les produits de l’agriculture et de l’industrie de toutes les nations.

Elle aura lieu au Champs-dc-Mars, dans un édifice temporaire. Autour du Palais de l’Exposition sera disposé un l’arc destiné à recevoir les animaux et les plantes à l’état vivant, ainsi que les établissements et les objets qu’il n’est pas possible d’installer dans l’édifice principal.

L’Exposition ouvrira le 1″ avril 1867 et fermera le 31 octobre de la même année.

Article 2. — L’Exposition universelle de 1867 est placée sous la direction de la Commission impériale instituée par le décret du 1er février 1865.

Le commissaire général, nommé par le même décret, est chargé de procéder à l’exécution des mesures adoptées par la Commission impériale.

Article 11 — Dans chaque section consacrée aux exposants d’une même nation, les objets seront répartis en 10 groupes et en 95 classes, savoir :

Ier GROUPE. — Oeuvres d’art.

2eme GROUPE, — Matériel et application des arts littéraires.

3eme GROUPE. — Meubles et autres objets destinés à l’habitation.

4eme GROUPE. — Vêtements {tissus compris) et autres objets portés par la personne.

5eme GROUPE. — Produits {bruts et ouvrés) des industries extradées.

6eme GROUPE. —Instruments et procédés des arts usuels.

7eme GROUPE. — Aliments (frais ou conservés) à divers degrés de préparation.

8eme GROUPE. — Produits vivants et spécimens d’établissements de l’agriculture.

9eme GROUPE. — Produits vivants et spécimens d’établissements d’horticulture.

10eme GROUPE. — Objets spécialement exposés en vue d’améliorer la condition physique et morale des populations,

Article 12. — Aucune oeuvre d’art, aucun produit exposé dans le Palais ou dans le Parc ne peut être dessiné, copié ni reproduit sous une forme quelconque sans une autorisation de l’exposant qui en est l’auteur. La Commission impériale se réserve le droit d’autoriser les vues d’ensemble.

Article 13. — Aucune oeuvre d’art, aucun produit exposé ne peut être retiré avant la clôture de l’Exposition sans une autorisation spéciale de la Compagnie impériale.

Article 14. — Les exposants français ou étrangers n’ont à payer aucun loyer pour la place qu’ils occupent à l’Exposition, mais tous les frais d’installation et de décoration dans le Palais ou dans le Parc sont à leur charge.

Article 16 — La Commission impériale correspond avec les préfets et autres autorités de l’Empire français, par l’intermédiaire du président et du commissaire général.

ART. 17. — Toute communication relative à l’Exposition doit être adressée à M. le conseiller d’État, commissaire général de l’Exposition universelle de 1867, à Paris

TROISIEME SECTION

DISPOSITIONS SPÉCIALES AUX PRODUITS DE L’AGRICULTURE ET DE L’INDUSTRIE

TITRE PREMIER

Admission et classement des produits

Article 23. — Sont admissibles à l’Exposition tous les produits de l’agriculture et de l’industrie, sauf les exceptions et les réserves mentionnées à l’article suivant :

Article 24. — Sont exclues les matières détonantes, fulminantes et toute autre matière jugée dangereuse.

Ne sont reçus que dans des vases solides appropriés et de dimension restreinte, les esprits bu alcools, les huiles et les essences, les matières corrosives et généralement les corps qui peuvent altérer les autres produits exposés, ou incommoder le public.

Les capsules, les pièces d’artifice, les allumettes chimiques et autres objets analogues ne peuvent être reçus qu’à l’état d’imitation; et sans aucune addition de matière inflammable.

Article 28. — Les exposants de produits incommodes ou insalubres doivent se conformer en tout temps aux mesures de sûreté qui leur sont prescrites.

La Commission impériale se réserve le droit de faire retirer les produits de toute provenance, qui, par leur nature ou leur masse, lui paraîtraient nuisibles ou incompatibles avec le but et les convenances de l’Exposition. »

Exposition universellede 1867, palais central

Exposition universellede 1867, palais central

Source :

Titre : Paris en 1867, guide à l’Exposition universelle…

Auteur : Guy, Pol de

Éditeur : E. Rome (Paris)

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : In-16, 332 p. et 20 pl.

Source : Bibliothèque nationale de France