textes et sources

Etude sur la plv en 2012 publiée par Popaï

Popai est un institut présent sur le marché français ayant pour but d’encourager les ventes avec des supports de marketing, de former les professionnels aux différentes actions commerciales et de les informer sur l’impact de la PLV sur le consommateur.

Présentation de Popai

Il met en relation les acteurs du marché répartis en 4 catégories : les producteurs (éditeurs et fabricants de PLV), le club Marketing (annonceurs, industriels et marques), Popai digital (affichage dynamique), les partenaires (sociétés d’études, fournisseurs de matériaux ou de technologie. L’Institut Popai France est équipé d’un dispositif pour le suivi du marché de la PLV en terme de communication, pour l’étude des échanges extérieurs, pour l’évaluation des produits proposés par secteur d’activité et la préservation du concept « développement durable ».

Méthodes utilisées pour l’étude sur la Plv

Une étude sous forme de questionnaire online est proposée à toutes les entreprises présentes sur le marché de la PLV et pour lesquelles Popai possède un fichier de contact. Le questionnaire porte sur les thèmes regroupant la conjoncture et le marché actuel, la concurrence, les exportations, la répartition du chiffre d’affaires sur l’activité de PLV, les perspectives d’avenir de l’entreprise, l’engagement pour le développement durable, l’appréciation de la PVL auprès du consommateur, le bilan de l’année.

Marché publicitaire : données de l’année 2012

Le marché publicitaire trouve ses sources par diffusion (télévision, radio, réseau internet), support papier (presse, affichage, annuaires, marketing direct, l’objet sur lieux de ventes (salons, foires, parrainage, mécénat, relations publiques). L’année 2012 est principalement marquée par une baisse significative de la publicité du côté médiatique (étude fournit par l’ IREP).
Le marché de la PLV 2012 a diminué de 6.04 %. Cette diminution est notamment due à une instabilité de l’activité, des clients moins fidèles, des réductions de budgets liés aux élections, des marges réduites et une concurrence pertinente des pays de l’Est et du Maghreb contournant les règles du marché. L’année 2012 est marquée par un ralentissement de l’exportation du chiffre d’affaires sur l’activité Marketing Point de Vente (MPV) des entreprises (-26 %). Par ailleurs, l’activité Marketing Point de Vente (MPV) représente 76 % du chiffre d’affaire et a évolué de 9% par rapport aux autres années.

Développement durable

En 2012, 89 % des entreprises ont pris part dans le développement durable contre 94 % en 2011. Cependant, 31 % ont signé un engagement soit une augmentation de 6 % par rapport à l’année 2011.

Données pour l’année 2013

Le marché publicitaire s’est fragilisé en 2012 occasionné par une activité en dent de scie, de grandes périodes creuses, des relations compliquées avec une clientèle de plus en plus exigeante, l’entrée en jeu des élections freinant les budgets et de nouvelles pratiques visant à renégocier les prix avec des délais écourtés. Pour l’heure, il reste difficile de se prononcer sur les objectifs de l’année 2013, la visibilité sur le marché n’étant qu’à court terme. L’investissement des entreprises se concentrera vers la recherche et le développement avec une augmentation de + 9%. Cependant, elles resteront réservées quant à la création de nouveaux postes. 56 % des commerces sondés envisagent un développement interne par la création d’une nouvelle activité, l’autre partie programme un développement externe par acquisition. Par ailleurs, on constate que la concurrence européenne s’intensifie chaque année rendant plus difficile les échanges.

Morning Shopping - Plv
Éole / Foter.com / CC BY-NC-SA

Internet : petit rappel

Internet est un réseau informatique mondial constitué d’un ensemble de réseaux nationaux, régionaux et privés. L’ensemble utilise un même protocole de communication : TCP/IP (Transmission Control Protocol Internet Protocol).

Internet propose trois types de services fondamentaux :

  • le courrier électronique (e-mail) ;

  • le Web (les pages avec liens et contenus multimédia de ses sites Web) ;

  • l’échange de fichiers par FTP (File Transfer Protocol).

Alliance de l’informatique et de la communication, le réseau Internet est de plus en plus utilisé pour la transmission de documents électroniques : textes, fichiers, images, sons et séquences audiovisuelles, ainsi que pour les communications téléphoniques.

Le but d’Internet est de relier entre eux tous les ordinateurs du monde. Les utilisateurs d’Internet sont désignés par le terme d’internautes et « surfent » sur le net ou sur la « toile ». Toutes les informations du réseau sont accessibles à partir des sites Internet.

Historique du réseau internet

En 1962, l’US Air Force demande à un groupe de chercheurs de créer un réseau de communication militaire capable de résister à une attaque nucléaire.

Paul BARAN, en 1964, eut l’idée de créer un réseau sous forme de grande toile.

Le réseau expérimental ARPANET (Advanced Research Projects Agency ) vit le jour en 1969 afin de relier quatre instituts universitaires. Il fut le précurseur d’Internet.

En 1971, Ray TOMLINSON mit au point un nouveau mode de communication, le courrier électronique (E mail, courriel).

En 1972, Lawrence G. ROBERTS parvint à améliorer ce système et à lister, archiver, répondre ou faire suivre un courriel.

Dès lors, ce mode de communication n’aura de cesse de croître, pour devenir la principale utilisation du réseau au début du XXI° siècle.

En 1990, Tim BERNERS-LEE, chercheur au CERN de Genève, mit au point le protocole HTTP (Hyper Text Transfer Protocol) ainsi que le langage HTML (Hyper Text Markup Language) permettant de naviguer à l’aide de liens hypertextes à travers les réseaux du monde entier.

Le World Wide Web (www.), littéralement « toile d’araignée mondiale », plus communément appelé le Web est né.

Le Taux De Rebond Sur Google Analytics : Le Comprendre, L’améliorer

S’il ne fallait retenir qu’un service proposé par Google Analytics, n°1 des outils d’analyse de fréquentation de sites internet, le taux de rebond serait peut-être celui-là. C’est une donnée essentielle, qui permet d’optimiser le nombre de visiteurs d’une page internet. Le taux de rebond correspond au pourcentage de lecteurs qui quittent un site internet après en avoir lu une page… En clair, si ce pourcentage est élevé (au-delà de 60 ou 80%, selon les sources), cela pourrait signifier qu’un site a un potentiel d’évasion fort, et de fait, ne parvient pas à conquérir son auditoire.
Pour y remédier, et faire rester les visiteurs sur une page internet, plusieurs pistes demeurent. On incite à proposer, à la fin de chaque page et sur la barre latérale, des articles connexes pour aiguiller les internautes vers des liens internes. Seconde piste également proposée : réduire le nombre de liens externes présents, juste pour tester le temps d’une semaine et voir si cela impacte la fréquentation (dans le cas contraire, c’est que les internautes quittent une page en entrant une autre demande dans la barre de recherche du navigateur, ce qui signifie qu’ils ne se contentent pas du contenu de votre page). Troisième piste : observez le temps de chargement de votre page sur les différents navigateurs. Il se peut que certaines fonctionnalités du site soient longues à charger ou n’apparaissent pas de la même manière sur Mozilla Firefox, Internet Explorer et Google Chrome. Dans ce cas, il s’agit d’un problème technique.

Si au bout de quelques semaines, on ne voit pas les résultats de ces mesures, il faut se demander si le site est bien positionné, s’il correspond aux attentes des internautes ou n’est pas rédigé de façon si maladroite qu’il incite à fuir à votre simple lecture…! Malheureusement, lorsqu’un site est mal positionné, Google Analytics n’est d’aucun recours.

L’art de la harangue

La tirade de Cyrano de Bergerac

Mettre en valeur, mettre en avant, mettre en premier, tel est le rêve de tout publicitaire. La littérature l’a précédé en livrant de fameuses harangues dont l’une des plus connue fut écrite par Edmond Rostand pour sa pièce Cyrano de Bergerac.

« En variant le ton, -par exemple, tenez
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champs que je me l’amputasse ! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule ! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Ca, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la Mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ? »
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on ? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain ! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître ! »
-Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve. »

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Source

Edmond Rostand
Cyrano de Bergerac

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Creative Commons License photo credit: chadmiller

Les métiers de Paris sous l’ancien Régime

Les métiers de Paris sous l’ancien Régime : les Orfèvres

« L’orfèvre a été à toute époque le premier ouvrier de Paris. Au XIIIe siècle, le Livre des Métiers, qui n’admet pas de hiérarchie parmi les communautés, laisse entrevoir, dans le style de leurs règlements, l’excellence unique de ce travail réservé aux princes et à l’Église. Au XVIIIe siècle, parmi les négociants des Six Corps, c’est le seul corps composé de fabricants. Type spécial, participant de l’artiste, de l’ouvrier et du grand négociant, l’orfèvre a; toujours maintenu sa haute supériorité non pas autant par sa richesse que par la noblesse de son métier.

On a lu les statuts des orfèvres dans le Livre des Métiers. Rédigés en douze articles très brefs,
ils semblent destinés à complaire au prévôt de Paris plutôt qu’à fixer les règles de la communauté. Ils prescrivent la qualité d’or qui doit être à la touche de Paris, la première du monde entier, et le titre de l’argent qui est celui du sterling. Les privilèges les plus étendus leur sont accordés. La confrérie de Saint-Eloi, déjà prospère, consacre une partie de ses fonds à donner des repas aux pauvres et aux malades.

Le roi Jean, en 1355, et Charles V, en 1379, leur donnèrent un nouveau texte de règlements. Jusque-là on ne les cite que pour des mesures d’ordre public, interdiction de faire le change dans leurs comptoirs du Grand Pont, défense de fabriquer de la vaisselle d’or et d’argent pendant un an, prescriptions souvent illusoires que motivait la rareté des métaux précieux dans les circonstances critiques. Les statuts de 1355 et de 1879 sont un même texte. On y retrouve les formules d’Etienne Boileau avec plusieurs règlements nouveaux et plus précis concernant l’emploi de l’or et le sertissage des pierres, mais dans les citations de ces objets, quelques expressions restent encore obscures et incertaines.

L’administration de la communauté passa de trois à six jurés, nombre qui ne fut plus dépassé, même dans les temps modernes (1). La maîtrise était encore libre, à la condition d’avoir fait huit ans d’apprentissage, de subir une épreuve devant les maîtres et d’avoir un poinçon à contreseing, difficultés équivalant à peu près à l’exclusion pour tout autre que les fils de maître. La confrérie de Saint-Eloi, mieux définie pour l’époque, percevait la moitié du prix de maîtrise des étrangers et le cinquième des amendes pour le banquet annuel qu ‘elle donnait à l’Hôtel-Dieu.

L’or doit être à la touche de Paris. Le type de l’argent est appelé «argent le Roy « , à onze deniers douze grains le marc. Les rubis, grenats, émeraudes, améthystes, sont sertis sans feuille dans le fond; les perles d’Orient ne sauraient être mélangées avec les perles d’Ecosse, plus communes. Pour les pierres comme pour le titre de l’or, on admet une tolérance ou, comme on disait alors,  » un remède », au sujet des joyaux d’église qui atteignent souvent de grandes dimensions.

Ces côtés techniques du métier, que nous indiquons seulement, sont décrits avec assez de détails dans les statuts; ils ont d’ailleurs peu varié, le travail de l’orfèvre ayant atteint son perfectionnement dès l’origine et ne permettant pas par lui-même plusieurs manières de procéder.

L’usage fréquent des objets d’or pour la toilette et la coiffure, principale spécialité des merciers, avait obligé les orfèvres à les reconnaître comme marchands d’orfèvrerie. Les merciers étaient définitivement établis en communauté depuis les statuts de 1324. On leur permet la vente des objets en or plein, mais non des objets dorés, l’application de la dorure étant plus susceptible de fraude. Une discussion éclata entre eux et aboutit, en 1429, à un procès qui fixa les parties. Il s’agissait de ceintures d’or et d’argent saisies chez les merciers pour faute d’aloi. Le Parlement, dans l’arrêt qu’il rendit, leur imposa des règlements plus précis et surtout plus rigoureux. Les merciers, déjà très influents, se maintinrent désormais dans le commerce des matières d’or que les orfèvres ne réussirent pas à leur enlever.

La valeur de l’or exigeant d’infinies précautions, les statuts particuliers ne suffisaient plus, et l’intervention directe de l’autorité fut reconnue nécessaire pour l’observation des lois. Déjà en 1421, nous voyons les orfèvres soumis à l’inspection des maîtres généraux des monnaies; puis l’arrêt de 1429 maintient la même décision en l’accompagnant de règlements. Toutes les pièces devront être marquées du poinçon particulier de chaque orfèvre, une fleur de lis couronnée avec ses initiales, puis contremarquées du poinçon de la communauté M. Les maîtres généraux des monnaies seront chargés de présider à la réception à la maîtrise, de prendre de chaque nouveau maître une caution de dix marcs d’argent, de faire la visite des ouvrages d’orfèvrerie. On y voit encore la division des orfèvres en « grossier et mennuyer », selon leurs spécialités et la première mention précise d’un chef-d’oeuvre.

L’administration royale n’imposa les statuts aux métiers, comme règle générale, que dans la seconde moitié du XVIe siècle, après les grands édits. Il y a lieu d’observer que les orfèvres ont précédé les autres de plus d’un siècle, en,raison de la valeur exceptionnelle et de l’emploi surveillé des matières d’or ; dès 1421, la juridiction de la Cour des monnaies leur fut prescrite. Ils gardèrent seulement l’élection de leurs jurés à faire au Châtelet ; les élus allaient ensuite prêter serment à la Monnaie. De nombreux arrêts, jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, tous rendus dans le même sens, leur permirent de conserver ce privilège, dernier vestige de leur ancienne indépendance ouvrière.

Après quelques sentences relatives à la fabrication, vint une ordonnance de Louis XII, en 1504, prescrivant l’inscription sur un registre des objets vendus, avec mention à part du prix du métal et du prix de la façon. Cette sage mesure, énoncée pour la première fois, fut appliquée pendant longtemps.

François Ier confirme, en 1534 , les.statuts donnés par le roi Jean et, quelques années après, en 1543, sur les remontrances faites aux maîtres, généraux des monnaies, il promulgue un nouveau texte de règlements pour l’orfèvrerie, à Paris et dans le royaume. Cette ordonnance, en forme de statuts, vise tous les points du travail et de l’organisation intérieure de la communauté, mais au lieu de revêtir le caractère d’une délibération particulière des maîtres orfèvres, simplement sanctionnée par le pouvoir, elle prend la forme impérative des édits, terminant chaque article par les termes consacrés « statuons et ordonnons ». C’est le signe encore plus marqué de l’ingérence directe de l’administration dans les affaires privées des communautés. Les statuts requis par les ouvriers ne sont plus simplement revêtus de l’homologation, ils sont réglés et commandés sans apparence de discussion.

L’or, à 22 carats, sera vendu de 149 à 163 livres le marc, en comptant la façon en sus. Tout or inférieur à 21 carats sera cassé. L’argent sera à 11 deniers 12 grains le marc, titre de Paris. L’essai de l’aloi aura lieu à la pierre de touche et au besoin à l’eau-forte. Si l’acheteur fournit son or, il ne donnera jamais à fondre des pièces de monnaie. Tous les marchands d’objets d’or, merciers ou autres, devront les faire fabriquer par les orfèvres. Les maîtres orfèvres continueront à émailler leurs ouvrages de toutes sortes d’émaux, à leur entière convenance, comme ils pouvaient déjà tailler les pierres précieuses, absorbant à leur gré ces deux métiers : celui d’émailleur, non établi, et celui de lapidaire, aussi ancien qu’eux. L’apprentissage reste fixé à huit ans, et pour les maîtres étrangers on exige en outre un travail de trois années avant de pouvoir obtenir la maîtrise de Paris. Enfin, pour la délicate question des visites, le Roi ordonne qu’elles seront encore faites par les gardes naturels de la communauté, mais à la condition d’être contrôlées par les maîtres généraux des monnaies.

L’ordonnance de Henri II, de 1550, sur la monnaie, renouvela les prescriptions qui précèdent; elle insista surtout sur l’inscription des noms de l’acheteur, titre de l’or, .prix et qualité, pour permettre de suivre la trace des objets. Les orfèvres, inquiets des conséquences de cet acte qui étendait encore les attributions de la Cour des monnaies en lui soumettant tous les métiers de l’or, obtinrent en 1552 un arrêt qui maintenait le serment de leurs jurés au Châtelet.
Cette ordonnance, générale pour la France, reçut une application directe aux orfèvres de Paris, par lettres de, Henri II, du 22 mai 1555. Ce sont de véritables statuts, se rapportant à ceux de 1543, en adoucissant toutefois la rigueur de certains points. On n’exigera plus l’inscription des noms des acheteurs, mais seulement la mention des objets vendus..Les aspirants devront savoir lire et écrire, sauf exception motivée. Les orfèvres pourront plaider personnellement leurs, causes devant la Cour des monnaies, sans avocat ni procureur. Le nombre des maîtres restera fixé comme actuellement (ce devait être trois cents), et il sera procédé au remplacement par extinction, sauf création de six maîtres par an choisis de préférence parmi les fils de maître; toutes lettres de don cesseront d’être valables.

Les lettres de 1555 sont une sorte de satisfaction donnée aux orfèvres(1); l’administration de Henri II cherchait à concilier l’indépendance privée d’une communauté aussi honorable avec les exigences de la Sûreté publique qui réclamait une répression sévère contre la fraude sur les métaux précieux.

Après divers arrêts d’un intérêt secondaire, les orfèvres voient leur communauté atteinte par les grands édits sur les maîtrises, qui débutèrent par celui de décembre 1581. Principalement destinés à procurer des ressources au Trésor sous forme dé prix de maîtrise, ces édits bouleversèrent l’ordre établi pour les réceptions; les jurés furent impuissants,contre l’abus des lettres données en dehors d’eux par le pouvoir. Cependant les orfèvres parèrent à l’avilissement de leur métier avec les lettres patentes de 1584 et 1697, qui chacune arrêtaient l’effet des édits, en déclarant nulles et non avenues toutes maîtrises de lettres non agréées par l’assemblée de la communauté.

Les luttes extérieures ne faisaient pas oublier les règlements d’ordre privé. En 1699, des lettres de Henri IV approuvent une modification dans les statuts: l’apprentissage ne commencera ni avant dix ans ni après seize ans; il durera huit années entières, sans compensation aucune, contrairement aux anciens statuts qui accordaient un bénéfice à l’apprenti capable de faire gagner cent sols par an à son maître, tous frais payés (2). C’était toujours dans un but d’élimination des étrangers. On renouvelle la défense de prêter le poinçon et de vendre des pierres fausses, prescriptions dirigées contre leurs puissants rivaux les marchands merciers. »

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Source :

Titre : Les métiers et corporations de la ville de Paris : XIVe-XVIIIe siècles. Ordonnances générales, métiers de l’alimentation / par René de Lespinasse,…

Auteur : Lespinasse, René de (1843-1922)

Éditeur : Imprimerie nationale (Paris)

Date d’édition : 1886-1897

Contributeur : Bonnardot, François. Directeur de publication

Sujet : Métiers — France — Paris (France)

Sujet : Corporations — France — Paris (France)

Type : monographie imprimée

Langue : Français

Format : 3 vol. : fig. et planche ; in-fol.